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jeudi 27 août 2026 · Newsletter · À propos · Contact
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Philippe Bouvard : son dernier voyage aura lieu à Cannes

La cérémonie se tiendra lundi 31 août à 15 heures en l’église Notre-Dame-de-Bon-Voyage, avant l’inhumation de l’animateur dans la ville qu’il aimait depuis l’enfance et qu’il considérait comme sa « patrie ».

Philippe Bouvard : son dernier voyage aura lieu à Cannes

Philippe Bouvard avait choisi Cannes bien avant d’y passer les dernières années de sa vie. Il y fera aussi son ultime voyage. Mort lundi 24 août à 96 ans, le journaliste et animateur sera accompagné une dernière fois lundi 31 août à 15 heures en l’église Notre-Dame-de-Bon-Voyage, à deux pas de la Croisette. L’information a été confirmée par la mairie de Cannes. Selon Nice-Matin, l’inhumation suivra à 17 heures au cimetière de la ville.

Le choix du lieu raconte presque autant Philippe Bouvard que ses soixante années de radio. Né à Coulommiers en 1929, parisien par nécessité professionnelle, il avait toujours gardé une place à part pour la Côte d’Azur. « À 8 ans, je voulais vivre à Cannes, et ne pas mourir ailleurs », racontait-il encore en décembre 2024 lors de la projection du documentaire Les Mille et Une Vies de Philippe Bouvard. Enfant, il avait découvert avec ses parents les palmiers, la Méditerranée, la Croisette et les casinos. Le décor était resté dans sa tête. Il deviendra, des décennies plus tard, celui de sa vie quotidienne.

Cannes plutôt que Paris

Philippe Bouvard n’avait jamais caché son attachement à la ville. Là où Paris représentait les journaux, RTL, les studios et cette carrière menée à une cadence que peu d’animateurs auront connue, Cannes était devenue son port d’attache. Il y vivait sur les hauteurs avec Colette, son épouse depuis plus de soixante-dix ans, et c’est elle qui a annoncé lundi matin à RTL que son mari venait de s’éteindre, « en douceur », aux alentours de 8 heures.

Cette fidélité donne à ses obsèques une dimension particulière. Il ne s’agit pas seulement d’enterrer une personnalité célèbre dans la commune où elle résidait. Bouvard avait fait de Cannes un choix assumé, presque une déclaration d’appartenance. Il avait même eu cette formule définitive : « Ma patrie, c’est Cannes, ce n’est pas Paris ! » Son dernier voyage ne pouvait donc guère se terminer ailleurs.

La cérémonie devrait naturellement réunir des représentants de ce monde des médias et du spectacle dont il fut l’un des personnages les plus singuliers pendant plus d’un demi-siècle. Depuis l’annonce de sa mort, les hommages se succèdent, notamment autour de RTL et des « Grosses Têtes », cette émission créée par Bouvard en 1977 et qu’il a animée pendant trente-sept ans avant de céder le fauteuil à Laurent Ruquier en 2014.

Une vie entre journalisme, radio et télévision

À force d’avoir fait rire des générations d’auditeurs, on finirait presque par oublier que Philippe Bouvard était d’abord un homme de presse. Entré au Figaro en 1952 comme garçon de courses, il y avait gravi les échelons avant de rejoindre France-Soir en 1973. La radio allait cependant donner à sa voix une dimension nationale. Avec « Les Grosses Têtes », mélange de culture générale, de cabotinage et d’humour parfois féroce, il avait inventé un rendez-vous immédiatement identifiable et formé autour de lui une galerie de sociétaires dont certains l’ont accompagné pendant des décennies.

La télévision lui doit également « Le Petit Théâtre de Bouvard », lancé sur Antenne 2 en 1982. L’émission aura servi de formidable pépinière à une génération d’humoristes : Les Inconnus, Mimie Mathy, Michèle Bernier, Muriel Robin, Smaïn ou encore Chevallier et Laspalès y ont fait leurs armes. Bouvard aimait les bons mots, mais il avait aussi un flair certain pour repérer ceux qui savaient les trouver.

Il avait fini par raccrocher définitivement le micro au début de l’année 2025, à 95 ans, après une carrière d’une longévité presque irréelle. Sa disparition referme aujourd’hui un chapitre de l’histoire de la radio française, mais ses obsèques auront quelque chose de beaucoup plus intime. Lundi, Cannes ne dira pas seulement adieu au créateur des « Grosses Têtes ». Elle accompagnera l’un de ses habitants les plus fidèles jusqu’au bout du choix qu’il avait formulé enfant : vivre près de la Méditerranée et ne pas mourir ailleurs.

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