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lundi 24 août 2026 · Newsletter · À propos · Contact
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Que sont-ils devenus ? Bernard Montiel, viré de TF1 mais jamais sorti de la télé

À 69 ans, l’ancien visage de TF1 revient au premier plan en reprenant « Samedi d’en rire ». Une arrivée mouvementée après l’éviction de Jean-Luc Lemoine et les attaques au vitriol de Marc Toesca.

Que sont-ils devenus ? Bernard Montiel, viré de TF1 mais jamais sorti de la télé

Il faut croire que Bernard Montiel a la peau dure. Plus de vingt ans après avoir été brutalement écarté de TF1, la chaîne qui en avait fait l’un des visages les plus populaires des années 90, l’animateur n’a jamais vraiment quitté le paysage. Il a connu les traversées du désert, les retours par la petite porte, les chroniques au milieu d’une bande, la radio, les émissions plus confidentielles. Et le voilà, à 69 ans, de nouveau aux commandes d’un rendez-vous régulier sur France 3. À partir du 3 octobre, Bernard Montiel prendra la tête de « Samedi d’en rire », à la place de Jean-Luc Lemoine. Un retour au premier plan qui aurait pu ressembler à une jolie revanche. Sauf que son arrivée a déclenché, avant même son premier tournage, l’un des feuilletons les plus mouvementés de cette rentrée télé.

Tout est parti de Jean-Luc Lemoine. Après sept saisons aux commandes de « Samedi d’en rire », l’humoriste a raconté avoir découvert son éviction dans la presse, alors que la production venait encore de lui parler des premiers tournages de la saison suivante. La méthode lui est restée en travers de la gorge. Et elle a surtout provoqué une réaction immédiate de ses camarades. Yoann Riou puis Marc Toesca ont annoncé leur départ, refusant de poursuivre l’aventure sans lui. Toesca, surtout, n’a pas retenu ses coups contre le choix de France Télévisions. L’ancien animateur du « Top 50 » a qualifié Bernard Montiel de « courtisan inodore, incolore, sans saveur » avant d’ajouter qu’il ne ferait « jamais de télé en face d’une quiche ». Dans le genre message de bienvenue, on a connu plus chaleureux.

Montiel n’a pas laissé passer. Sur les réseaux sociaux, il a répondu aux « fake news » véhiculées selon lui par des « pleureuses » ou des gens qui « ne comprennent pas le monde de la télévision », tout en confirmant son arrivée sur France 3. Un échange assez loin de l’ambiance bon enfant de « Samedi d’en rire », mais qui rappelle une chose : Bernard Montiel n’a jamais complètement perdu le goût des coups de griffe. Et lorsqu’on regarde son parcours, ce n’est pas vraiment une nouveauté.

TF1, « Vidéo Gag » et les années de gloire

Pour toute une génération, Bernard Montiel reste indissociable de TF1. Dans les années 90, il appartient à cette poignée d’animateurs que les téléspectateurs retrouvent semaine après semaine, presque comme des membres de la famille. « La Une est à vous », « Surprise sur prise ! », « Une famille en or », puis surtout « Vidéo Gag », qu’il présente pendant treize ans : son sourire, son bronzage permanent et son ton de copain deviennent l’une des signatures de la chaîne.

Le parcours avait pourtant commencé loin des grands studios parisiens. Né à Casablanca en 1957, élevé ensuite dans le Sud-Ouest, Bernard Montiel passe par la radio et FR3 Aquitaine avant d’être repéré par TF1. La chaîne lui ouvre alors grand les portes et, pendant seize ans, il devient l’un des animateurs maison. Il reçoit les vedettes, multiplie les émissions et se construit une image de garçon sympathique, consensuel, rassurant. Une image qui finira aussi par lui peser.

Le 10 février 2003, tout explose. Invité sur RMC, Bernard Montiel décide de vider son sac. Arthur, Thierry Ardisson, Julien Courbet, Jean-Pierre Foucault, TF1 elle-même : il balance sur tout le monde ou presque et dit également tout le mal qu’il pense de « Vidéo Gag ». Quelques jours plus tard, la sanction tombe. TF1 le met dehors. Après seize années passées dans la maison, l’un de ses animateurs historiques disparaît du jour au lendemain de l’antenne.

Avec le recul, Montiel a souvent expliqué qu’il était arrivé au bout d’un système. Il ne supportait plus les promesses de nouveaux projets qui ne se concrétisaient jamais et avait le sentiment d’être enfermé dans le personnage du gentil animateur de « Vidéo Gag ». Reste que la chute est sévère. Celui qui était encore quelques semaines plus tôt l’un des visages les plus connus de TF1 se retrouve brutalement sans émission. Il a raconté depuis avoir été « rejeté de partout » et compris à quel point la télévision pouvait oublier rapidement ceux qu’elle avait adulés.

La traversée du désert sans jamais décrocher

Bernard Montiel aurait pu disparaître à ce moment-là, comme beaucoup d’animateurs emportés par un changement d’époque. Il choisit au contraire de rester dans le métier, quitte à accepter de ne plus être systématiquement au centre de l’écran. Il passe par TMC, joue dans quelques fictions, revient à la radio, anime des programmes plus modestes et multiplie les interviews. RFM lui offre notamment une vraie stabilité avec « 1 heure avec… », rendez-vous dans lequel il reçoit depuis plusieurs années chanteurs, comédiens et personnalités du spectacle.

Puis Cyril Hanouna le remet progressivement sous les projecteurs. Sur C8, Bernard Montiel devient l’un des chroniqueurs réguliers de « Touche pas à mon poste ». Le rôle est très différent de celui qu’il avait connu sur TF1 : il n’est plus le patron du plateau mais l’un des membres d’une bande, chargé de commenter l’actualité télé et people. Il s’y fait une place grâce à son carnet d’adresses, ses anecdotes sur les stars et sa proximité avec certaines personnalités du cinéma, de la chanson ou de la politique.

Il restera fidèle à l’univers Hanouna jusqu’à la disparition de C8 de la TNT, mais sans jamais cacher qu’il aimerait retrouver une émission à lui. France 3 lui offre cette possibilité en 2025 avec « Animalement vôtre », magazine consacré aux animaux et à ceux qui les aiment. Le sujet lui va parfaitement : Montiel n’a jamais caché son attachement à la cause animale. L’aventure ne dure pourtant qu’une saison et France Télévisions décide de ne pas reconduire le programme. Une nouvelle porte se ferme, mais beaucoup moins longtemps que les précédentes.

Car cette rentrée 2026 marque un retour assez inattendu. Bernard Montiel rejoint d’abord « Les Enfants de la télé » sur France 2, dans la nouvelle formule portée par Faustine Bollaert. Là encore, le choix paraît presque évident. Avec plus de quarante ans de télévision derrière lui, l’ancien de TF1 possède assez de souvenirs de plateaux et d’histoires de coulisses pour alimenter un programme consacré précisément à la mémoire du petit écran.

« Samedi d’en rire », le retour qui fait du bruit

Mais c’est son arrivée sur France 3 qui change vraiment la donne. En reprenant « Samedi d’en rire », Bernard Montiel retrouve un vrai fauteuil d’animateur, sur une émission installée depuis plusieurs saisons et qui a su fidéliser son public. Il ne s’agit donc plus d’une chronique ou d’une participation au sein d’une bande : il redevient celui qui porte le programme.

Le contexte rend évidemment ce retour beaucoup plus délicat. Jean-Luc Lemoine n’a pas été évincé parce que l’émission s’arrêtait ou parce que les audiences s’effondraient. Au contraire, « Samedi d’en rire » s’est progressivement installé dans la grille de France 3 jusqu’à occuper plusieurs heures le samedi après-midi. Lemoine quitte donc un programme qui continue sans lui, et c’est précisément ce qui nourrit l’incompréhension d’une partie de son ancienne équipe.

Marc Toesca a choisi de transformer cette incompréhension en attaque frontale. Derrière les noms d’oiseaux, il a même insinué que la proximité de Bernard Montiel avec Brigitte Macron aurait pu favoriser son arrivée. Rien ne permet d’étayer une telle affirmation, mais elle a suffi à faire monter d’un cran une polémique déjà bien lancée. Montiel, lui, a répondu sur le même registre sans entrer dans le détail. Après quarante et un ans de télévision, il assure en avoir entendu beaucoup d’autres.

La situation est presque ironique. En 2003, Bernard Montiel avait perdu sa place sur TF1 pour avoir trop parlé. Vingt-trois ans plus tard, il retrouve les commandes d’une émission au beau milieu d’une guerre de mots entre animateurs. Cette fois, il ne semble pas disposé à jouer les victimes silencieuses.

À 69 ans, son parcours raconte surtout une forme de résistance assez rare dans ce métier. Bernard Montiel n’a jamais retrouvé le statut de star qu’il possédait au temps de « Vidéo Gag », mais il a réussi quelque chose que beaucoup d’animateurs de sa génération n’ont pas su faire : rester là. Accepter les seconds rôles quand il n’y avait plus de premier rôle, passer par la radio lorsque la télévision se faisait plus distante, rejoindre une bande lorsqu’on ne lui proposait plus de porter un programme, puis saisir la moindre occasion de reprendre la main.

Cette rentrée, il sera donc sur France 2, sur France 3 et toujours sur RFM. Et malgré les attaques de Marc Toesca, l’amertume de Jean-Luc Lemoine et les commentaires qui accompagnent son arrivée, Bernard Montiel retrouve bel et bien une place qu’on aurait difficilement imaginé lui voir occuper au lendemain de son éviction de TF1 en 2003.

« Que sont-ils devenus ? » Dans son cas, la réponse tient finalement en peu de mots : Bernard Montiel a changé de chaîne, de rôle et parfois de statut, mais il n’est jamais vraiment sorti de la télévision.

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