Myriam Seurat : à 53 ans, la météo est devenue son combat pour le climat
Depuis plus de vingt ans, son visage accompagne les bulletins de France Télévisions. Mais derrière les cartes et les températures, la journaliste mène un engagement beaucoup plus personnel, né pendant la canicule de 2003.
Elle aurait pu passer sa vie professionnelle très loin des cartes météo. Myriam Seurat, qui vient de fêter ses 53 ans, ne se destinait d’ailleurs pas à devenir l’un des visages les plus familiers de France Télévisions. À l’occasion de son anniversaire, la journaliste revient dans Gala sur ce parcours largement fait de rencontres et d’opportunités, mais surtout sur la place prise progressivement par le climat dans son métier et dans sa vie. Une évolution qui raconte aussi celle du bulletin météo lui-même : en vingt ans, annoncer le soleil et la pluie ne suffit plus lorsqu’une canicule, une sécheresse ou un épisode méditerranéen oblige désormais à expliquer ce qui est en train de changer.
Née le 19 août 1973, Myriam Seurat envisageait au départ de travailler dans l’événementiel. Après des études d’anglais, elle fait finalement ses premiers pas à la télévision par la musique, notamment sur MCM à la fin des années 1990, avant de rejoindre France 3. « Dans ce métier, on est toujours venu me chercher », explique-t-elle aujourd’hui. La météo finit elle aussi par arriver presque par hasard. Elle ne la quittera plus et devient au fil des années l’une des présentatrices les plus anciennes du service météo de France Télévisions.
Mais son métier a profondément changé. Depuis mars 2023, France Télévisions a remplacé le bulletin traditionnel par le « Journal Météo Climat », conçu pour mettre les prévisions en perspective avec le réchauffement climatique. Températures, bien sûr, mais également explications scientifiques, reportages et réponses aux questions des téléspectateurs. Le rendez-vous est aujourd’hui diffusé notamment à 20h50 sur France 2, 18h50 sur France 3 et 22h50 sur franceinfo, avec Myriam Seurat parmi ses présentateurs. France Télévisions a depuis complété le dispositif avec une « Météo de l'eau », réalisée en collaboration avec le BRGM pour suivre notamment l'état des nappes phréatiques.
La canicule de 2003, le déclic
Chez Myriam Seurat, cette prise de conscience ne date pourtant pas de la transformation du bulletin. Elle remonte à l'été 2003 et à la canicule meurtrière qui frappe alors la France. La présentatrice vient d'avoir son deuxième fils et raconte dans Gala avoir été directement confrontée aux effets de la pollution sur son enfant. L'événement transforme son regard sur son métier. La météo n'est plus seulement une succession de prévisions mais aussi un moyen d'alerter et de donner des clés pour comprendre les phénomènes extrêmes.
Plus de vingt ans après, cette conviction n'a rien perdu de sa force. Myriam Seurat dit conserver beaucoup de colère devant le temps perdu dans la lutte contre le changement climatique et estime que des phénomènes autrefois envisagés à l'horizon 2050 sont déjà observables. Cette préoccupation se retrouve désormais directement dans ses bulletins. Le 28 mai dernier, en pleine vague de chaleur, elle alertait par exemple les téléspectateurs de France 3 sur des températures pouvant atteindre 12 degrés au-dessus des normales saisonnières, mais aussi sur la pollution à l'ozone qui accompagnait cet épisode.
Son engagement dépasse également l'antenne. En mai dernier, elle participait à Rennes au Forum international de la météo et du climat, aux côtés d'autres présentateurs et de scientifiques. Elle y animait notamment une séquence consacrée à la transmission de la météorologie et aux moyens de mieux sensibiliser le public. Sur ses propres réseaux professionnels, elle défend régulièrement la nécessité de « comprendre, expliquer et sensibiliser » face à la multiplication des fortes chaleurs et des phénomènes extrêmes.
Ce rôle d'intermédiaire entre scientifiques et grand public est devenu une partie importante de son activité. Myriam Seurat a notamment animé des rencontres consacrées aux conséquences du changement climatique et participé à des échanges sur la manière dont la météo devra être présentée dans les prochaines décennies. France Télévisions assume d'ailleurs officiellement cette évolution : le Journal Météo Climat ne doit plus simplement annoncer le temps qu'il fera, mais décrypter les conséquences du changement climatique avec des données, des reportages et l'intervention de référents scientifiques.
Des convictions qui viennent de loin
Dans Gala, Myriam Seurat raconte aussi que sa sensibilité environnementale n'est pas née devant une carte météo. Elle remonte à son enfance. Sa mère, végétarienne, privilégiait déjà les produits locaux et surveillait attentivement la consommation d'eau et d'électricité. Des habitudes dont certaines sont restées : la présentatrice explique encore récupérer dans des bouteilles l'eau qui coule avant qu'elle ne devienne chaude dans la salle de bains plutôt que de la laisser partir inutilement.
Elle assure également avoir revu sa façon de voyager depuis une dizaine d'années. Des vacances plus proches, notamment dans les Landes, mais aussi des déplacements au Maroc effectués en voiture font partie des arbitrages qu'elle évoque. Son engagement passe parallèlement par des aventures sportives et solidaires. Elle a notamment participé au Raid des Alizés, au Rallye Aïcha des Gazelles à plusieurs reprises et plus récemment à un trek en Laponie destiné à soutenir la lutte contre la maladie de Charcot.
Ce goût du terrain permet aussi de mieux comprendre le virage pris par la présentatrice. Myriam Seurat ne revendique pas un statut de scientifique qu'elle n'a pas. Son rôle est celui d'une journaliste météo-climat, appellation utilisée aujourd'hui par les organismes et événements auxquels elle participe. Elle travaille avec les prévisionnistes et les spécialistes pour rendre leurs données compréhensibles par le plus grand nombre. C'est précisément ainsi qu'elle était présentée lors du Forum international de la météo et du climat 2026.
La distinction est importante. L'ancienne « Miss Météo », expression qui a longtemps résumé le rôle des présentatrices à la télévision, n'est pas devenue climatologue. C'est le métier qu'elle exerce qui s'est considérablement élargi. Les cartes restent là, les prévisions aussi, mais elles servent désormais de point de départ pour parler de pollution, de ressources en eau, de sécheresse, de chaleur urbaine ou de phénomènes extrêmes.
À 53 ans, Myriam Seurat se retrouve ainsi à un endroit qu'elle n'avait probablement pas imaginé lorsqu'elle rêvait d'événementiel : entre la météo quotidienne et la vulgarisation climatique. Elle continue d'annoncer le temps du lendemain, mais avec une conviction devenue centrale au fil de ces vingt dernières années : lorsque les records tombent et que les phénomènes extrêmes se multiplient, la carte météo raconte désormais beaucoup plus que la température qu'il fera demain.




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