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lundi 24 août 2026 · Newsletter · À propos · Contact
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« Samedi d’en rire » : Bernard Montiel sort les griffes après l’éviction de Jean-Luc Lemoine

La guerre est déclarée autour de « Samedi d’en rire ». Pris pour cible après l’éviction de Jean-Luc Lemoine, l'ancien animateur de TF1 contre-attaque, assume son arrivée sur France 3 et règle ses comptes avec ses détracteurs les plus virulents.

« Samedi d’en rire » : Bernard Montiel sort les griffes après l’éviction de Jean-Luc Lemoine

La rentrée devait simplement marquer un changement d’animateur. Elle tourne au règlement de comptes. Au lendemain des révélations de Jean-Luc Lemoine sur les conditions pour le moins brutales de son départ de « Samedi d’en rire », Bernard Montiel a décidé de sortir du silence. L’ancien animateur de TF1 confirme qu’il prendra bien les commandes du divertissement de France 3 à partir du samedi 3 octobre, à 13h30. Mais après les attaques dont il a fait l’objet depuis vingt-quatre heures, il ne s’est pas contenté d’une sobre annonce de rentrée.

Comme Zaptv.fr le racontait, Jean-Luc Lemoine a créé la surprise mercredi en révélant qu’il avait appris son éviction de « Samedi d’en rire »… sur Internet. Après sept saisons passées à incarner le programme, l’humoriste assure qu’aucun responsable de France Télévisions ou de la production n’avait pris soin de le prévenir avant que l’information ne fuite. La méthode l’a d’autant plus étonné que, quelques jours auparavant, la directrice de production l’avait encore contacté afin de fixer les dates des premiers tournages de la huitième saison. « Un petit coup de fil aurait été apprécié », avait-il lâché, avant de reconnaître qu’en plusieurs décennies de télévision, il n’avait « jamais vu ça ».

L’affaire aurait pu en rester à cette sortie, plutôt mesurée compte tenu des circonstances. Mais l’annonce a provoqué une réaction en chaîne au sein de l’équipe. Yoann Riou puis Marc Toesca ont décidé de quitter à leur tour l’émission, refusant de poursuivre l’aventure sans celui avec lequel ils partageaient le plateau depuis plusieurs saisons. Et c’est Marc Toesca qui a véritablement mis le feu aux poudres.

Marc Toesca attaque, Bernard Montiel contre-attaque

L’ancien présentateur du « Top 50 » n’a pas pris de gants pour commenter le choix de France Télévisions. Après avoir dénoncé la manière dont Jean-Luc Lemoine avait été écarté, il s’en est directement pris à son remplaçant, qualifiant Bernard Montiel de « courtisan inodore, incolore, sans saveur ». Il est allé encore plus loin avec une formule particulièrement cinglante : « Je ne ferai jamais de télé en face d’une quiche. »

Marc Toesca a également accusé les dirigeants du service public de ne « toujours rien comprendre ni à la télé ni à son public », avant de glisser une allusion beaucoup plus personnelle aux liens d’amitié connus entre Bernard Montiel et Brigitte Macron. Selon lui, il aurait fallu « faire de la place à un ami de Brigitte Macron ». Une insinuation lourde, qui n’est étayée par aucun élément permettant d’affirmer que l’Élysée ou la Première dame ait joué le moindre rôle dans le choix de France Télévisions.

Face à cette avalanche, Bernard Montiel a d’abord laissé passer quelques heures avant de répondre sur Instagram. Et celui qui cultive généralement une image plutôt souriante n’a visiblement pas apprécié d’être présenté comme le bénéficiaire d’une opération montée en coulisses. « Quant à certaines fake news circulant en ce moment par des pleureuses ou des personnes qui ne comprennent pas le monde de la télé, je répondrai peut-être, plus tard… », a-t-il écrit. Avant d’ajouter qu’au bout de 41 ans de télévision, il pensait avoir « déjà tout entendu… ou presque ».

Une réponse suffisamment transparente pour que chacun comprenne à qui elle s’adresse, même si Bernard Montiel ne cite directement ni Jean-Luc Lemoine ni Marc Toesca. Il reprend également une formule chère à son ami Cyril Hanouna : « La télé, ce n’est que de la télé ! ». Façon de relativiser la bataille tout en distribuant, au passage, quelques coups.

Montiel officialise son arrivée le 3 octobre

Au milieu de ce règlement de comptes, une information devient désormais officielle : Bernard Montiel prendra bien les commandes de « Samedi d’en rire » à partir du 3 octobre à 13h30 sur France 3. Il l’a lui-même inscrit dans la présentation de son compte Instagram, mettant fin aux dernières incertitudes sur le nom du successeur de Jean-Luc Lemoine.

Le choix n’est pas totalement surprenant. À 69 ans, Bernard Montiel possède une longue expérience du divertissement populaire. Passé notamment par TF1, où il a présenté « Vidéo Gag » et « Une famille en or », il a multiplié depuis les collaborations à la télévision et à la radio. Ces dernières années, il s’est également rapproché de l’univers de Cyril Hanouna et a présenté « Les Grands du rire » lors de leur retour sur C8, une émission dont l’ADN, construit autour des archives, de l’humour et de la variété, n’était pas très éloigné de celui de « Samedi d’en rire ».

Sa rentrée sera d’ailleurs particulièrement chargée puisqu’il rejoindra également Faustine Bollaert dans la nouvelle formule des « Enfants de la télé » sur France 2, tout en conservant son rendez-vous dominical sur RFM. Son arrivée sur France 3 constitue néanmoins un défi plus délicat qu’il n’y paraît : il ne récupère pas seulement une case horaire, mais une émission fortement identifiée à celui qui la présentait depuis sa création.

Car Jean-Luc Lemoine avait installé « Samedi d’en rire » en septembre 2019, en remplacement des « Grands du rire » d’Yves Lecoq. Le démarrage avait été relativement discret, avec 634.000 téléspectateurs et 6,4 % de part d’audience, avant que le rendez-vous ne progresse progressivement. Certains numéros avaient ensuite dépassé 1,5 million de téléspectateurs et 12 % de PDA, permettant au programme de s’installer durablement dans les samedis après-midi de France 3.

Au fil des saisons, la chaîne avait même considérablement renforcé sa présence dans la grille. D’un rendez-vous unique, « Samedi d’en rire » est passé à plusieurs numéros diffusés à la suite, jusqu’à occuper une large partie de l’après-midi. C’est précisément ce succès qui rend l’éviction de Jean-Luc Lemoine difficile à comprendre pour une partie de l’équipe : l’animateur ne quitte pas une émission en perte de vitesse ou supprimée, mais un programme qui continue sans lui.

Une équipe historique qui vole en éclats

France 3 ne change donc pas seulement de présentateur. Avec les départs annoncés de Marc Toesca et Yoann Riou, c’est une bonne partie de la bande constituée autour de Jean-Luc Lemoine qui disparaît en même temps que lui. Reste à savoir quelle nouvelle équipe accompagnera Bernard Montiel et dans quelle mesure France Télévisions entend modifier la formule.

Pour la chaîne, le pari est loin d’être anodin. Le public de « Samedi d’en rire » s’est habitué pendant sept ans à une ambiance, à des visages et à une complicité très particulière entre les chroniqueurs. Bernard Montiel devra reprendre cette mécanique sans donner l’impression d’effacer ce qui a fait son succès. Il lui faudra aussi faire oublier les conditions de son arrivée, désormais au cœur de la polémique avant même qu’il n’ait enregistré sa première émission.

Jean-Luc Lemoine, lui, ne restera pas longtemps sans plateau. Dès le 31 août, il retrouvera Cyril Hanouna sur W9 dans « Tout beau, tout n9uf », le nouveau talk-show quotidien de l’animateur. Un retour dans une bande et un exercice qu’il connaît parfaitement pour avoir longtemps été l’une des figures de « Touche pas à mon poste ».

Le plus étonnant reste finalement le contraste entre la nature de « Samedi d’en rire » et la violence de la bataille qui accompagne sa rentrée. Une émission conçue autour de la nostalgie, des chansons et de la bonne humeur se retrouve au centre d’une guerre d’animateurs, avec éviction découverte dans la presse, départs en solidarité, accusations de favoritisme, « quiche », « courtisan » et désormais « pleureuses ». Bernard Montiel arrivera bien le 3 octobre sur France 3. Mais avant même son premier « bonjour », l’ambiance promet d’être beaucoup moins tranquille que prévu.

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