LFI revient sur BFMTV, mais Sonia Mabrouk reste boycottée
Après une semaine de rupture, les Insoumis acceptent de nouveau les invitations de la chaîne d’info. Pas partout : « 100% Mabrouk » reste sur liste noire, sur fond de conflit autour de la ligne éditoriale de l’émission.
La porte se rouvre, mais pas complètement. Une semaine après avoir décidé de ne plus envoyer aucun de ses représentants sur BFMTV, La France insoumise annonce son retour sur les plateaux de la chaîne d’information. Dans un communiqué publié mercredi 16 septembre, le mouvement explique avoir obtenu plusieurs engagements de la direction. Une exception de taille demeure : les élus et responsables de LFI continueront de boycotter « 100% Mabrouk », l’émission quotidienne de Sonia Mabrouk.
Le 9 septembre, LFI avait claqué la porte en dénonçant des invitations annulées au dernier moment, des thèmes modifiés avant le passage à l’antenne ou encore des interviews transformées, selon le parti, en « débats surprises ». Une semaine de discussions plus tard, le mouvement affirme que BFMTV lui a promis davantage de transparence sur les invités et les sujets, la fin des déprogrammations tardives et des correctifs visibles lorsque des informations erronées concernant LFI sont diffusées. Ces engagements sont rapportés par La France insoumise dans son communiqué ; je n’ai pas trouvé de document public de BFMTV reprenant séparément les quatre points dans les mêmes termes.
Sonia Mabrouk toujours dans le viseur
Le retour ne vaut donc pas pour toutes les cases de la grille. LFI maintient son refus de participer à « 100% Mabrouk » et dit vouloir ainsi protester contre ce que le mouvement décrit comme une « dérive de plus en plus manifeste de la ligne éditoriale de BFMTV vers l’extrême droite ». Cette qualification est celle de LFI, pas celle de la chaîne. Le parti annonce également qu’il ne participera pas aux formats construits autour de dialogues avec Raphaël Enthoven ou Robert Ménard. Dans son communiqué, LFI qualifie le premier de « propagandiste anti-LFI » et présente le second comme appartenant à l’extrême droite ; Robert Ménard est actuellement maire divers droite de Béziers.
Le conflit autour de Sonia Mabrouk ne date pas de cette décision. Quelques jours auparavant, les sections SNJ et CGT de RMC BFM avaient vivement critiqué une interview de Sarah Knafo diffusée le 7 septembre. Elles reprochaient à la journaliste de ne pas avoir suffisamment contredit certaines formulations de l’eurodéputée Reconquête et affirmaient, sur la base de leur propre décompte, que 25,5 % des intervenants de « 100% Mabrouk » provenaient de l’extrême droite. Ce chiffre est celui des syndicats et n’a pas été présenté comme un décompte indépendant par la direction de la chaîne.
Sonia Mabrouk avait répondu sans arrondir les angles. « Le journalisme, c’est le pluralisme », avait-elle écrit sur X, accusant ses détracteurs d’« hémiplégie politique et démocratique » et affirmant : « Je ne me laisserai pas salir. » BFMTV avait de son côté indiqué ne vouloir céder « ni aux pressions ni aux instrumentalisations » et conserver « toute confiance » dans le travail de sa présentatrice.
Une case stratégique pour BFMTV
Arrivée cette saison en provenance de CNews, Sonia Mabrouk occupe avec « 100% Mabrouk » une case particulièrement exposée, du dimanche au jeudi en début de soirée. L’émission mêle interview politique, débat et éditorialistes de sensibilités différentes, avec l’ambition revendiquée par la journaliste de favoriser la confrontation des points de vue.
Le bras de fer dépasse désormais sa seule émission. LFI annonce qu’il surveillera dans les prochaines semaines le respect des engagements qu’il dit avoir obtenus de BFMTV et se réserve la possibilité de revoir sa participation aux programmes de la chaîne. Après sept jours de boycott général, le mouvement revient donc à l’antenne, mais la bataille autour de « 100% Mabrouk », elle, reste entière.




Commentaires
0Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.