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vendredi 11 septembre 2026· Newsletter· À propos· Contact
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BFMTV : Sonia Mabrouk répond aux syndicats et refuse de « se laisser salir »

Moins de trois semaines après son arrivée, la journaliste se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une fronde interne. Le SNJ et la CGT RMC BFM dénoncent la place accordée à l’extrême droite dans « 100% Mabrouk ». Elle réplique au nom du pluralisme.

BFMTV : Sonia Mabrouk répond aux syndicats et refuse de « se laisser salir »

À BFMTV, la rentrée de Sonia Mabrouk tourne au bras de fer permanent. Moins de trois semaines après le lancement de « 100% Mabrouk », le SNJ et la CGT RMC BFM ont dégainé jeudi 10 septembre un communiqué particulièrement sévère contre la journaliste et, plus largement, contre la direction de la chaîne. En cause cette fois : la place accordée, selon les deux syndicats, aux représentants et intervenants qu’ils classent à l’extrême droite, ainsi que le manque de contradiction lors de certaines séquences.

La réponse n’a pas tardé. Vendredi matin, Sonia Mabrouk a répliqué sur X : « Le journalisme, c’est le pluralisme. Il faudra s’y habituer. Votre hémiplégie politique et démocratique est déshonorante a fortiori en pleine campagne présidentielle. Je ne me laisserai pas salir. » Pas vraiment le communiqué de réconciliation.

Le nouvel épisode se cristallise autour de l’émission du 7 septembre. Ce soir-là, Sonia Mabrouk reçoit notamment Sarah Knafo dans son rendez-vous de 18h45 à 21 heures. La députée européenne vient présenter son livre « Le Casse du siècle » et développe notamment son opposition entre Français « de souche » et Français « de branche ». Pour le SNJ et la CGT RMC BFM, l’expression aurait nécessité davantage de contradiction et de contextualisation de la part de l’intervieweuse.

Les deux organisations citent également une précédente interview de Bruno Retailleau, au cours de laquelle l’ancien ministre de l’Intérieur avait établi un lien entre des députés de La France insoumise et l’islamisme. Là encore, les syndicats estiment que Sonia Mabrouk n’avait pas suffisamment contesté les propos de son invité. Ce sont les griefs formulés par le SNJ et la CGT ; Sonia Mabrouk les rejette en défendant une conception du journalisme fondée sur la confrontation de sensibilités différentes.

Les syndicats sortent leur calculette

Pour étayer leur accusation, les deux syndicats ont comptabilisé les intervenants politiques reçus sur plusieurs émissions de BFMTV entre le 24 août et le 8 septembre. Selon leur propre classement, ceux qu’ils rattachent à l’extrême droite représentent 25,5 % des intervenants de la tranche de Sonia Mabrouk, contre 11,8 % chez Alain Marschall et Olivier Truchot et 4,6 % dans les émissions d’Apolline de Malherbe. Ces chiffres sont ceux du SNJ et de la CGT RMC BFM et ne constituent pas un décompte officiel de l’Arcom.

Le communiqué remet également sur la table le cas Robert Ménard. Le maire de Béziers dispose d’un rendez-vous hebdomadaire le dimanche dans « 100% Mabrouk ». Les syndicats affirment qu’un chroniqueur de gauche devait venir contrebalancer sa présence et constatent que celui-ci n’est toujours pas installé. Ils reprochent à la direction de BFMTV de ne pas avoir répondu aux alertes lancées depuis le début de la saison.

Cette colère n’a rien d’une première. Dès le 26 août, soit seulement deux jours après le lancement de « 100% Mabrouk », Zaptv racontait déjà la fronde provoquée par les premiers plateaux de Sonia Mabrouk. La Société des journalistes s’était notamment émue de la présence de Sophie de Menthon puis de Céline Pina, ancienne chroniqueuse de CNews. Elle disait alors redouter de voir BFMTV devenir « une pâle copie d’une chaîne d’opinion ».

Le lendemain, Sonia Mabrouk avait répondu dans un entretien relayé par Zaptv. Elle contestait notamment l’idée selon laquelle la direction aurait reconnu des « erreurs » dans le choix des premiers invités et lançait cette formule : « Il ne s’agit pas de “CNewsiser” BFMTV. » Elle assurait que toutes les opinions avaient vocation à être représentées dans son émission et refusait de modifier sa manière de travailler après son transfert.

Deux semaines plus tard, le débat est donc exactement au même endroit, mais le ton a nettement monté.

Une arrivée qui devait permettre à BFMTV de reprendre du terrain

Car derrière la bataille éditoriale se joue aussi une grosse partie d’audience. Recruter Sonia Mabrouk constituait l’un des principaux coups du mercato des chaînes d’information. Après son départ de CNews et Europe 1, BFMTV lui a confié une tranche stratégique, du dimanche au jeudi entre 18h45 et 21 heures, précisément au moment où Christine Kelly puis Pascal Praud font le plein sur CNews.

Le démarrage avait été solide. Le 24 août, la première de « 100% Mabrouk » avait réuni 372.000 téléspectateurs et 2,6 % de part d’audience. Le lendemain, ils étaient encore 363.000, soit 2,7 %, permettant alors à BFMTV de prendre la tête des chaînes d’information sur la tranche. Sur ses quatre premiers numéros, le programme avait rassemblé 352.000 personnes en moyenne, avec une progression de 0,8 point pour la case par rapport à l’année précédente. Zaptv avait détaillé ces premiers résultats au moment de la grande bataille de rentrée des chaînes info.

Depuis le retour des titulaires de CNews, le combat s’est durci. Lundi 7 septembre, Sonia Mabrouk réunissait 323.000 téléspectateurs et 2,2 % du public. Mercredi 9 septembre, « 100% Mabrouk » affichait 288.000 fidèles et 2 % de part d’audience. Dans le même temps, Pascal Praud et Christine Kelly ont retrouvé des niveaux très élevés sur la chaîne concurrente.

L’affaire intervient enfin dans une semaine déjà agitée pour BFMTV. La France insoumise a annoncé son boycott temporaire de la chaîne pour protester contre plusieurs déprogrammations et contre le traitement réservé à ses représentants. Zaptv racontait jeudi ce nouveau bras de fer entre BFMTV et LFI, la chaîne répondant qu’elle entend continuer à recevoir toutes les sensibilités politiques et défendant son indépendance éditoriale.

La direction de BFMTV se retrouve ainsi prise entre plusieurs fronts au moment même où commence la longue campagne présidentielle de 2027 : défendre son pluralisme face aux accusations de LFI, répondre à ses propres syndicats sur la place accordée à l’extrême droite et protéger sa recrue vedette, choisie précisément pour muscler une tranche où CNews s’est imposée. Sonia Mabrouk, elle, vient de fixer sa ligne : elle ne compte ni modifier sa conception du pluralisme ni laisser les accusations des syndicats sans réponse.

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