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jeudi 27 août 2026 · Newsletter · À propos · Contact
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« Il ne s’agit pas de “CNewsiser” BFMTV » : Sonia Mabrouk répond à la fronde interne

Mise en cause par la SDJ après ses premiers invités, la nouvelle recrue de BFMTV défend ses choix et conteste la version selon laquelle la direction aurait reconnu des « erreurs ». Dans le même temps, ses audiences continuent de progresser.

« Il ne s’agit pas de “CNewsiser” BFMTV » : Sonia Mabrouk répond à la fronde interne

Trois jours d’antenne auront suffi pour transformer l’arrivée de Sonia Mabrouk sur BFMTV en affaire interne. Recrutée après son départ spectaculaire de CNews, la journaliste a lancé lundi 24 août « 100% Mabrouk », diffusé du dimanche au jeudi entre 18h45 et 21 heures. Les audiences sont au rendez-vous, mais la composition de ses premiers plateaux a provoqué une réaction particulièrement ferme de la Société des journalistes de la chaîne.

Invitée ce jeudi 27 août de Benjamin Duhamel sur France Inter, Sonia Mabrouk a choisi de répondre point par point. Sans nier les inquiétudes exprimées dans la rédaction, elle refuse surtout l’idée selon laquelle son arrivée marquerait un rapprochement éditorial de BFMTV avec son ancien employeur. « Il ne s’agit pas de “CNewsiser” BFMTV », affirme-t-elle, tout en assurant qu’elle n’accepterait pas davantage d’être elle-même « BFMisée ». Pour la journaliste, son changement de chaîne ne doit modifier ni sa manière de travailler ni sa liberté dans le choix des invités.

« Je préfère l’attention à l’indifférence »

Sonia Mabrouk savait que son transfert serait scruté. Son arrivée avait déjà suscité des réserves en interne plusieurs mois avant son premier direct. Dès l’annonce de son recrutement, la SDJ avait rappelé l’attachement de BFMTV à l’indépendance, au pluralisme, à la rigueur et à un traitement non partisan de l’information. Les deux premiers numéros de « 100% Mabrouk » ont rapidement ravivé ces craintes.

Mercredi, la SDJ s’est notamment émue de la présence de Sophie de Menthon lors de la première émission, puis de Céline Pina le lendemain. Elle reproche aux deux invitées des déclarations controversées tenues par le passé et redoute que la nouvelle émission ne rapproche BFMTV d’un modèle davantage fondé sur l’opinion. Dans son message interne, elle écrivait qu’il n’était pas question que la chaîne devienne « une pâle copie d’une chaîne d’opinion », particulièrement à l’approche de la présidentielle.

Sonia Mabrouk n’a pas cherché à minimiser l’existence de la contestation. Sur France Inter, elle a préféré ironiser sur l’intérêt que lui portent les représentants de la rédaction : « Je préfère toujours l’attention à l’indifférence, je préfère les conversations franches à la couardise. » Elle a également rappelé à Benjamin Duhamel que sa propre arrivée sur France Inter, un an plus tôt, avait elle aussi provoqué des remous syndicaux.

La journaliste prend cependant soin de relativiser la portée des critiques. À ses yeux, trois émissions ne permettent pas encore de juger la ligne éditoriale de « 100% Mabrouk ». Elle affirme par ailleurs recevoir le soutien d’une partie des journalistes de BFMTV et assure vouloir représenter des sensibilités différentes au fil des émissions.

La direction a-t-elle vraiment reconnu des « erreurs » ?

C’est désormais le point le plus sensible de l’affaire. Dans son message de mercredi, la SDJ affirmait que la direction de BFMTV avait reconnu « des erreurs » dans la validation de certains invités et assuré que ces personnalités ne reviendraient pas à l’antenne. Sonia Mabrouk donne une version totalement différente.

« La direction de BFMTV n’a absolument pas employé ce mot, ce n’était pas une erreur », assure-t-elle sur France Inter. Elle défend le principe même d’une invitation ponctuelle et souligne que ni Sophie de Menthon ni Céline Pina n’ont tenu de propos problématiques lorsqu’elles étaient sur son plateau. Elle refuse surtout l’idée d’établir une sorte de liste noire en fonction de déclarations passées : « Moi, je ne suis pas pour faire des listes d’invités et je place au-dessus de tout la liberté de choix des invités. »

Concernant Céline Pina, que certains avaient présentée comme une nouvelle chroniqueuse régulière de l’émission après son départ de CNews, Sonia Mabrouk apporte également une précision : il s’agissait selon elle d’une invitée ponctuelle. Elle n’exclut pas qu’elle puisse revenir, mais affirme qu’elle ne fait pas partie de l’équipe fixe du programme.

La réponse est importante, car elle contredit directement le récit rapporté la veille par la SDJ. Celle-ci assurait que l’état-major de BFMTV avait promis davantage de vigilance sur le parcours des invités et notamment sur la présence d’anciens chroniqueurs de CNews. Sonia Mabrouk affirme au contraire que ses choix n’ont pas été désavoués. À ce stade, les deux versions ne concordent donc pas.

« Toutes les opinions sont représentées »

La journaliste insiste surtout sur la ligne qu’elle entend tenir. Elle affirme que « 100% Mabrouk » n’est ni une transplantation de CNews sur BFMTV ni une émission destinée à imposer une seule sensibilité politique. Elle dit vouloir conserver sa personnalité tout en intégrant une rédaction dont l’histoire et la culture éditoriale sont différentes.

Le débat dépasse d’ailleurs les seules invitations de Sophie de Menthon et Céline Pina. En interne, la mise en place d’un rendez-vous régulier avec Robert Ménard, maire de Béziers, a également suscité des interrogations sur le pluralisme. La direction de BFMTV répond que les échanges seront ensuite analysés par des éditorialistes de sensibilités différentes. La SDJ a déjà indiqué qu’elle resterait vigilante sur ce dispositif.

Cette tension était prévisible compte tenu du profil de Sonia Mabrouk et de la stratégie poursuivie par BFMTV. La chaîne, désormais propriété de CMA Média, a recruté l’une des figures emblématiques de CNews pour reprendre du terrain dans l’access, précisément face à Christine Kelly et Pascal Praud. Le transfert constituait l’un des principaux coups du mercato des chaînes info à quelques mois de la présidentielle.

Les audiences donnent pour l’instant raison à BFMTV

Sur le plan des chiffres, l’opération démarre plutôt bien. Lundi, pour sa première, « 100% Mabrouk » avait réuni 372 000 téléspectateurs, soit 2,6 % de part d’audience. Mardi, l’émission avait attiré 363 000 personnes et 2,7 % du public, permettant à BFMTV de prendre la tête des chaînes d’information sur la tranche.

Mercredi 26 août, Sonia Mabrouk a encore progressé. 405 000 téléspectateurs ont suivi son émission entre 18h45 et 21h05, représentant 3,1 % de part d’audience. C’est son meilleur résultat depuis son arrivée sur BFMTV et une nouvelle première place face aux autres chaînes d’information.

Ces résultats doivent cependant être replacés dans le calendrier de rentrée. Jusqu’ici, plusieurs figures majeures de CNews n’avaient pas encore repris leurs émissions habituelles. La confrontation devient beaucoup plus directe à partir de ce jeudi avec le retour de Christine Kelly et surtout de Pascal Praud, qui retrouvera « L’Heure des Pros 2 » à 20 heures face à l’ancienne journaliste de sa propre chaîne.

Sonia Mabrouk arrive donc au moment où BFMTV cherche à reconquérir durablement la première place des chaînes info. Les premières audiences montrent que le pari attire les téléspectateurs. La réaction de la SDJ rappelle toutefois que cette reconquête se joue aussi sur un autre terrain : celui de l’identité éditoriale de la chaîne. Après seulement trois émissions, le succès d’audience et le débat interne avancent désormais en parallèle.

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