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vendredi 4 septembre 2026· Newsletter· À propos· Contact
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France Inter : Philippe Tabarot vole au secours de Charles Sapin et charge les salariés de Radio France

Après la menace de grève et le refus de la direction de retirer le journaliste de Valeurs actuelles de l’antenne, le ministre des Transports s’invite dans une bataille devenue hautement politique.

France Inter : Philippe Tabarot vole au secours de Charles Sapin et charge les salariés de Radio France

Le conflit n’est plus seulement une affaire interne à la Maison ronde. Après la fronde des salariés de Radio France contre l’arrivée de Charles Sapin sur France Inter, puis la décision de la direction de maintenir son éditorial du dimanche, le gouvernement entre à son tour dans la mêlée. Invité ce vendredi 4 septembre de « La Grande interview Europe 1-CNews », Philippe Tabarot a pris publiquement la défense du directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles et vivement critiqué la mobilisation contre sa présence sur l’antenne publique.

Pour le ministre des Transports, le mouvement engagé à Radio France n’est « pas acceptable ». Il estime même que les salariés se placent en contradiction avec les principes qu’ils défendent habituellement. « C’est aller au contraire des grands principes qu’ils érigent en règle », a-t-il lancé, avant de présenter Charles Sapin comme « un journaliste de qualité qui a montré là où il est passé qu’il avait toutes les compétences ».

Philippe Tabarot dénonce un « retour en arrière »

Le ministre reconnaît que l’audiovisuel public a évolué ces dernières années sur la question du pluralisme, selon lui « de manière plutôt positive ». Mais l’opposition à Charles Sapin représenterait à ses yeux un sérieux retour en arrière. « En reprenant de vieilles positions comme celles qui ont été prises à l’encontre de ce journaliste, je trouve que c’est totalement décalé », a-t-il poursuivi sur Europe 1 et CNews.

Cette sortie intervient deux jours après le début d’une crise qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Comme Zaptv.fr le révélait mercredi, les salariés réunis en assemblée générale le 2 septembre ont adopté à l’unanimité une motion demandant le retrait de la chronique dominicale confiée à Charles Sapin. Le texte mandate également l’intersyndicale pour déposer un préavis de grève « dans les meilleurs délais » si la direction maintient son choix.

La nuance est importante : aucune date de grève n’a encore été arrêtée. Le vote porte à ce stade sur le principe d’un mouvement et sur la possibilité de déposer un préavis.

Au centre du conflit, les salariés ne mettent pas en cause un propos précis tenu par Charles Sapin lors de sa première chronique, diffusée dimanche 30 août. Leur contestation vise d’abord sa fonction de directeur adjoint de Valeurs actuelleset la ligne éditoriale de l’hebdomadaire. Dans leur motion, ils affirment que « le pluralisme ne peut servir de prétexte à la légitimation de toutes les paroles ».

La direction de France Inter ne veut pas céder

La direction a pourtant choisi de tenir bon. Jeudi, Zaptv.fr détaillait la réponse très ferme de Radio France. Dans un message adressé aux équipes, Vincent Meslet, directeur éditorial du groupe public, défend un principe simple : Charles Sapin doit être jugé sur ce qu’il dit à l’antenne, et non sur les intentions qu’on lui prête en raison du journal dans lequel il travaille.

Le dirigeant rappelle également que Radio France a défendu par le passé ses propres journalistes lorsque des responsables politiques ou des organisations réclamaient leur éviction. Pour lui, la même règle doit aujourd’hui s’appliquer au nouvel éditorialiste. « Voici pourquoi nous ne pouvons pas céder, même à vous », écrit-il aux salariés, avant d’ajouter : « Une indépendance qui ne s’exerce que vers l’extérieur n’est pas une indépendance : c’est un confort. »

L’arrivée de Charles Sapin s’inscrit dans une nouvelle organisation des éditoriaux politiques du week-end. Anne Rosencher, de L’Express, intervient le vendredi, Camille Vigogne Le Coat, du Nouvel Obs, le samedi, et Charles Sapin le dimanche. La direction de France Inter présente cet attelage comme l’une des expressions du pluralisme de la station.

La polémique déborde désormais largement de France Inter

Le dossier est devenu en quelques heures un sujet politique à part entière. Jeudi déjà, David Lisnard avait dénoncé sur Europe 1-CNews la mobilisation des syndicats, estimant que Radio France devait pouvoir accueillir des éditorialistes de sensibilités différentes. Pascal Praud s’est également emparé de l’affaire sur Europe 1 en dénonçant ce qu’il considère comme une « radicalisation » de France Inter.

Avec l’intervention de Philippe Tabarot, le bras de fer change encore de dimension. D’un côté, des salariés qui considèrent que toutes les opinions ne peuvent pas automatiquement justifier une chronique régulière au nom du pluralisme. De l’autre, une direction qui refuse d’établir une incompatibilité de principe entre l’appartenance à Valeurs actuelles et une présence sur France Inter.

Charles Sapin, lui, reste pour l’heure programmé dimanche matin. Et la prochaine étape ne se jouera plus seulement devant un micro : elle dépend désormais de la décision de l’intersyndicale de transformer ou non la menace en véritable préavis de grève.

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