« Il a été plus harcelé que harceleur » : Mimie Mathy vole au secours de Patrick Bruel
Au lendemain de l’annulation des 35 concerts de sa tournée anniversaire, la comédienne défend son ami de longue date et estime que seul le public devrait décider de continuer ou non à aller le voir sur scène.
Mimie Mathy ne choisit pas la prudence. Alors que Patrick Bruel traverse la période la plus délicate de sa carrière, la comédienne a décidé de prendre publiquement sa défense. Interrogée ce mercredi 2 septembre par Marc-Olivier Fogiel sur RTL, elle s’est dite « très triste » de voir son ami contraint d’annuler sa tournée et a lâché une phrase qui ne devrait pas passer inaperçue : « Il a été plus harcelé que harceleur, à mon avis. »
Le timing rend cette prise de position particulièrement sensible. Vingt-quatre heures plus tôt, Patrick Bruel avait annoncé l’annulation des 35 concerts prévus entre le 2 octobre et le 21 novembre pour célébrer les 35 ans de l’album « Alors regarde ». Le chanteur, mis en examen dans quatre dossiers de violences sexuelles, notamment pour viol et tentative de viol, et placé sous le statut de témoin assisté dans quatre autres, conteste les faits qui lui sont reprochés et affirme son innocence. La présomption d’innocence continue donc de s’appliquer.
Dans un long message publié sur Instagram, il expliquait que « les conditions ne sont tout simplement plus réunies » pour que la tournée reste un moment de musique et de partage. Il assurait prendre cette décision au nom de « l’apaisement », tout en prévenant qu’elle ne signifiait « en aucun cas » qu’il renonçait à se défendre devant la justice.
« C’est à la justice de trancher »
Mimie Mathy connaît Patrick Bruel depuis des décennies. Les deux artistes ont notamment partagé très régulièrement la scène des Enfoirés, avant que le chanteur ne se retire de l’édition 2027. Zaptv avait raconté en mai le départ de Patrick Bruel des Enfoirés après 34 ans de présence, au moment où les accusations commençaient à bouleverser jusque dans ses engagements les plus historiques.
Sur RTL, l’interprète de « Joséphine, ange gardien » a choisi de replacer la procédure judiciaire au centre du débat. « Je suis très triste qu’il se sente obligé d’annuler parce que la justice, pour l’instant, n’a pas tranché. C’est à la justice de trancher », explique-t-elle avant de poursuivre : « Patrick, c’est un séducteur. Il a été séducteur. Il a été plus harcelé que harceleur, à mon avis. Mais ça, c’est la justice qui en décidera. »
Mimie Mathy ne nie donc pas l’existence des procédures mais refuse que les conséquences professionnelles précèdent, selon elle, les décisions de justice. Elle estime notamment que Patrick Bruel aurait dû pouvoir maintenir sa tournée et laisser les spectateurs décider eux-mêmes s’ils souhaitaient acheter un billet.
Son raisonnement s’étend aux équipes qui travaillent autour du chanteur. Patrick Bruel avait lui-même insisté mardi sur les conséquences économiques de son annulation, évoquant près d’une centaine de personnes mobilisées depuis plusieurs mois et plus de 150.000 spectateurs attendus. Mimie Mathy avance, elle, le chiffre d’environ 200 techniciens et collaborateurs autour d’une tournée de cette ampleur.
Une comparaison qui risque de faire réagir
La comédienne est allée beaucoup plus loin en comparant la situation du chanteur avec celle de délinquants condamnés et remis en liberté. Elle estime que le public ne devrait pas être privé d’un artiste dont la culpabilité n’a, à ce stade, pas été établie par un tribunal. « Je trouve dommage de priver le public de Patrick. Et c’est encore une fois au public de choisir », conclut-elle.
Cette défense intervient alors que la pression s’était considérablement renforcée autour de la tournée. Plusieurs maires avaient publiquement demandé que Patrick Bruel ne se produise pas dans leur ville. Chartres, qui devait accueillir la première date le 2 octobre, faisait notamment partie des communes où des élus avaient pris position contre sa venue. Des associations féministes réclamaient également l’annulation des concerts.
La polémique touche depuis plusieurs mois la présence du chanteur à la télévision et dans les grands rendez-vous de divertissement. Son retrait des Enfoirés avait marqué une première rupture importante avec un événement auquel il participait depuis 1993 et dont il était devenu l’un des visages les plus familiers. La question de sa présence dans les émissions et les archives musicales s’est depuis posée à plusieurs reprises.
Pour Mimie Mathy, cette tempête arrive également au moment où elle-même se montre particulièrement présente dans les médias. Dimanche, Zaptv avait notamment retenu son entretien très personnel dans « Sept à huit » parmi les rendez-vous à suivre à la télévision, au cours duquel elle évoquait sans détour ses graves difficultés de mobilité et son quotidien désormais en fauteuil roulant.
Helena Noguerra entendue par les enquêteurs
La prise de position de Mimie Mathy est d’autant plus remarquée que RTL a révélé ce mercredi matin un nouvel élément dans l’affaire. Helena Noguerra a été entendue cet été par les enquêteurs chargés des investigations visant Patrick Bruel. La chanteuse et comédienne belge a témoigné à propos de faits qu’elle dit avoir personnellement subis au début des années 2000.
Selon RTL, Helena Noguerra n’a pas porté plainte. Les faits qu’elle évoque sont aujourd’hui prescrits et leur nature précise n’a pas été rendue publique. Elle aurait accepté de témoigner après avoir été convoquée par la police judiciaire. Cet élément ne constitue donc ni une nouvelle mise en examen ni une condamnation, mais il vient alimenter une enquête déjà particulièrement lourde.
Les accusations contre Patrick Bruel se sont multipliées depuis une enquête publiée au printemps. Le chanteur reste présumé innocent et conteste les faits. Dans son message annonçant l’annulation de sa tournée, il a d’ailleurs réaffirmé qu’il continuerait à répondre aux accusations et à défendre son innocence.
Mimie Mathy assume donc une position devenue rare dans l’entourage public du chanteur : celle d’un soutien sans détour, tout en renvoyant le verdict à la justice. « Il a été plus harcelé que harceleur » restera probablement la phrase la plus commentée de son intervention. Dans un dossier désormais judiciaire, médiatique et professionnel, elle prend surtout le risque de relancer un débat que l’annulation de la tournée était précisément censée apaiser.




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