France Inter : Charles Sapin maintenu, une nouvelle grève annoncée le 21 septembre
Après deux jours d’antennes fortement perturbées, la direction ne retire pas l’éditorial politique confié au directeur adjoint de « Valeurs actuelles ». Les salariés de Radio France ont voté une nouvelle mobilisation.
Le bras de fer continue à la Maison de la radio. À peine sortie de deux jours de grève, Radio France se prépare à une nouvelle journée noire. Réunis en assemblée générale mardi 15 septembre, les salariés ont voté le dépôt d’un nouveau préavis pour lundi 21 septembre, toujours pour protester contre le recrutement de Charles Sapin comme éditorialiste politique du dimanche matin sur France Inter. La direction, elle, maintient son choix.
Charles Sapin n’est donc pas, contrairement à ce qui a parfois été écrit, nommé à la tête de France Inter. La station est dirigée par Céline Pigalle. L’ancien journaliste du Point, devenu cet été directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles », intervient depuis le 30 août dans la matinale dominicale avec un éditorial politique d’environ deux minutes trente. C’est ce rendez-vous que l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD et UNSA réclame de voir disparaître.
Deux jours de radio presque muette
La première mobilisation, dimanche 13 et lundi 14 septembre, n’était pas passée inaperçue. Sur France Inter et France Culture, une grande partie des émissions habituelles avait laissé place à de la musique et à un message informant les auditeurs du mouvement social. Franceinfo avait également été touchée, dans une moindre mesure. La chronique dominicale de Charles Sapin n’avait elle-même pas pu être diffusée sur France Inter le 13 septembre.
Mardi matin, Céline Pigalle a reçu les représentants des salariés et plusieurs responsables de la rédaction. La directrice a proposé l’organisation d’un séminaire consacré aux modalités d’application du pluralisme sur l’antenne. Une proposition qui n’a pas suffi à éteindre l’incendie : réunis quelques heures plus tard, les personnels ont voté le principe d’une nouvelle grève et continuent de demander le retrait de la chronique.
C’est précisément au nom du pluralisme que la direction de France Inter défend depuis le début son recrutement. Interrogée par la médiatrice de Radio France le 10 septembre, Céline Pigalle expliquait avoir voulu faire entendre des éditorialistes représentant des sensibilités différentes à l’approche de l’élection présidentielle, tout en affirmant vouloir maintenir ces prises de parole dans le cadre des valeurs démocratiques et républicaines du service public.
Des propos sur la « priorité nationale » relancent la polémique
Entre-temps, une autre intervention de Charles Sapin a encore tendu le climat. Dimanche 13 septembre, lors d’un débat sur la chaîne franceinfo consacré à une proposition de Marine Le Pen visant à instaurer une « priorité nationale » pour l’accès au logement social, l’éditorialiste a déclaré ne pas voir pourquoi la nationalité ne pourrait pas devenir un critère d’attribution. Il a également estimé que ce principe existait déjà dans certains domaines, citant notamment l’accès à certains emplois publics et le droit de vote.
Ces propos ont également provoqué des réactions au sein de France Télévisions, dont certains syndicats contestent ses interventions sur franceinfo. Le conflit dépasse donc désormais la seule matinale dominicale de France Inter.
La contestation était déjà installée avant le premier coup de grève. Dès le 2 septembre, une assemblée générale avait adopté une motion demandant à la direction de renoncer au recrutement de Charles Sapin. La médiatrice de Radio France a depuis indiqué avoir reçu de très nombreux messages d’auditeurs contestant cette décision, tout en publiant la réponse de la direction qui assume son choix au nom du pluralisme.
Sauf retournement d’ici là, les micros de Radio France pourraient donc de nouveau tourner au ralenti lundi 21 septembre.



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