Ce soir à la télé : Philippe Bouvard, « L’amour est dans le pré », « Gomorra »… que regarder ce lundi 24 août ?
France 3 bouleverse sa soirée pour saluer Philippe Bouvard, M6 poursuit les rencontres de ses agriculteurs et Canal+ remonte aux origines de « Gomorra ». Entre séries, cinéma et documentaire, voici nos choix de ce lundi soir.
La soirée a changé de visage en quelques heures. Après l’annonce de la mort de Philippe Bouvard à 96 ans, France 3 a décidé de déprogrammer « Et pour quelques dollars de plus », le western de Sergio Leone initialement prévu à 21h10. À sa place, la chaîne rediffuse « Les Années Bouvard : le rire et l’impertinence », le remarquable portrait que Mireille Dumas lui avait consacré en 2019. C’est clairement notre choix de la soirée. Non pas seulement parce que l’actualité l’impose, mais parce que le documentaire permet de mesurer ce que Bouvard a représenté pendant plus d’un demi-siècle. Les « Grosses Têtes », bien sûr, le « Théâtre de Bouvard », mais aussi le journaliste et l’intervieweur qui osait poser aux vedettes des questions dont elles se seraient volontiers passées. Archives à l’appui, Mireille Dumas avait réussi à faire raconter Bouvard par Bouvard, lequel s’était lui-même étonné devant certaines images : « Quel culot j’avais ! »
Pour ceux qui préfèrent retrouver des visages beaucoup plus familiers de la télévision du lundi, Karine Le Marchand poursuit sur M6 la 21e saison de « L’amour est dans le pré ». Quatorze agriculteurs, âgés de 24 à 64 ans, se sont lancés cette année dans l’aventure et l’émission entre désormais dans le vif du sujet avec les premières rencontres. La production a légèrement modifié la mécanique des speed-datings afin de laisser davantage d’espace et d’intimité aux échanges, sans renoncer à ce qui fait le sel du programme depuis vingt ans : les maladresses, les coups de cœur immédiats et ces silences qui en disent parfois beaucoup plus qu’un long discours. À 21h10 sur M6.
Sur Canal+, c’est un tout autre monde qui s’ouvre avec « Gomorra : Les Origines », dont les deux premiers épisodes sont diffusés à partir de 21h06. La série remonte à Naples en 1977 et raconte la jeunesse de Pietro Savastano, bien avant qu’il ne devienne le puissant parrain découvert dans « Gomorra ». À 16 ans, Pietro traîne dans les rues de Secondigliano, fasciné par Angelo « la Sirène », petit caïd qu’il rêve d’impressionner. Marco D’Amore, l’inoubliable Ciro de la série originale, passe cette fois derrière la caméra pour raconter la naissance d’un gangster. Pour ceux qui avaient suivi les cinq saisons de « Gomorra », le retour vaut vraiment le détour ; les autres peuvent parfaitement entrer dans l’histoire par cette porte puisque tout commence ici.
TF1 mise de son côté sur une valeur sûre avec un inédit de « Camping Paradis ». Dans « Pâtisserie au Paradis », Tom accueille Rémi Belin, un pâtissier confronté à des difficultés financières qui envisage de vendre sa boutique sans prévenir sa fille. Celle-ci rêve justement d’embrasser le même métier que lui. Ajoutez une ancienne petite amie de Xavier qui s’intéresse finalement beaucoup plus à Tom, quelques tensions sentimentales et monsieur Parizot au milieu de tout cela : la recette ne révolutionnera pas la télévision française, mais elle devrait remplir sans difficulté sa mission de comédie familiale du lundi soir.
France 2 poursuit pour sa part la saison 2 d’« Enquêtes au paradis » avec « Noces empoisonnées ». Le mariage de Glenn et Daisy tourne court lorsqu’une femme inconnue des invités s’effondre en pleine cérémonie après avoir prononcé le prénom de Mack. La victime est une ancienne enquêtrice de police qui n’avait manifestement pas complètement raccroché. La série australienne reste dans la veine confortable des polars exotiques : des paysages lumineux, un meurtre suffisamment retors pour tenir cinquante minutes et une enquête qui ne cherche jamais à traumatiser le téléspectateur.
Pour les amateurs de vrai cinéma, Arte propose à 20h55 « Symphonie pour un massacre », superbe film noir de Jacques Deray sorti en 1963. Jean Rochefort y côtoie Charles Vanel, Michel Auclair et Claude Dauphin dans une histoire de truands, de faux billets et de trahisons qui tourne méthodiquement au règlement de comptes. Photographié par Claude Renoir et porté par une musique de Michel Magne, le film n’a pratiquement rien perdu de son élégance. C’est l’autre très bon choix de cette soirée.
Enfin, France 5 prend de l’altitude avec « Les Avions du bout du monde ». Direction les Orcades, au nord de l’Écosse, où le pilote Colin McAllister assure chaque jour les liaisons entre des îles balayées par le vent et régulièrement prisonnières du brouillard. Médecins, enseignants et agriculteurs dépendent de son petit bimoteur pour circuler dans l’archipel. Simple, spectaculaire sans en rajouter et dépaysant : une excellente solution pour ceux qui veulent justement échapper aux grosses machines du prime time.




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