Présidentielle 2027 : Léa Salamé lâche le « 20 Heures » après l’annonce de Glucksmann
La journaliste a confirmé lundi matin son retrait du JT, une décision qu’elle qualifie d’« évidente et difficile ». Jean-Baptiste Marteau, son joker durant l’été, conserve le fauteuil qu’il devait lui rendre ce lundi.
Il n’aura fallu que trois lettres. « Oui ». Dimanche soir, face à Audrey Crespo-Mara sur TF1, Raphaël Glucksmann a mis fin à des mois de faux suspense en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Moins de douze heures plus tard, Léa Salamé a tiré les conséquences de cette décision. La journaliste a confirmé ce lundi matin qu’elle se retirait du « 20 Heures » de France 2, qu’elle devait pourtant retrouver dès ce soir après sa pause estivale.
« J’en avais pris l’engagement dès le premier jour et je m’y tiens », a-t-elle expliqué sur Instagram, évoquant une décision à la fois « évidente et difficile ». Jean-Baptiste Marteau, qui assurait son remplacement pendant l’été, restera donc aux commandes du journal dès ce lundi 24 août. Ce qui devait être un simple intérim de vacances se prolonge désormais pour une durée indéterminée.
Le scénario n’a rien d’un coup de théâtre. Comme Zaptv.fr l’avait raconté ces derniers jours, France Télévisions préparait depuis plusieurs semaines cette éventualité à mesure que la candidature de Raphaël Glucksmann devenait probable. Léa Salamé elle-même n’avait jamais laissé planer le moindre doute sur son attitude si son compagnon entrait dans la course à l’Élysée.
« S’il est candidat, je sors de l’antenne »
Le 2 février dernier, auditionnée à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public, la journaliste avait posé une règle extrêmement simple : « S’il est candidat, je sors de l’antenne. » Elle avait même expliqué avoir évoqué ce cas de figure avec Delphine Ernotte au moment d’accepter, quelques mois plus tôt, la succession d’Anne-Sophie Lapix.
Dimanche soir, Raphaël Glucksmann a donc lui-même déclenché le mécanisme. Invité du « 20 Heures » de TF1, le coprésident de Place publique a officialisé sa candidature et confirmé qu’il participerait à la primaire sociale-démocrate organisée à l’automne avec le Parti socialiste. Il s’est également engagé à soutenir le vainqueur s’il devait être battu.
Pour Léa Salamé, le problème déontologique ne dépend toutefois pas du résultat de cette primaire. À partir du moment où son compagnon devient officiellement candidat à la présidentielle, présenter chaque soir le principal journal du service public tout en couvrant la campagne, ses adversaires, ses propositions et forcément Raphaël Glucksmann devenait une position impossible à tenir durablement.
La journaliste insiste d’ailleurs sur ce point dans son message de ce lundi. Sa décision « découle de la déontologie stricte » qu’elle dit s’être toujours imposée et vise avant tout à protéger la rédaction de France Télévisions. Une précaution qu’elle avait déjà prise par le passé. En 2019, lors de la première campagne européenne de Raphaël Glucksmann, elle s’était mise en retrait de certaines de ses activités sur France Inter et France 2. En 2024, elle avait conservé la matinale de France Inter mais abandonné les grandes interviews politiques de 8h20 et cessé de recevoir des responsables politiques dans « Quelle époque ! ».
Jean-Baptiste Marteau passe du joker au titulaire
France 2 n’a donc pas été prise de court. Jean-Baptiste Marteau était depuis la rentrée 2025 le joker officiel de Léa Salamé et connaissait déjà parfaitement le « 20 Heures », ses équipes et sa mécanique. Il devait normalement rendre l’antenne à la titulaire ce lundi. Il la conservera finalement, France Télévisions n’ayant pour l’instant communiqué aucune date de retour de Léa Salamé.
La durée de cet intérim reste la grande inconnue. Une élimination de Raphaël Glucksmann lors de la primaire pourrait théoriquement changer la situation, mais pas nécessairement provoquer le retour immédiat de sa compagne au JT s’il demeurait très engagé dans la campagne présidentielle. À huit mois du premier tour, France 2 doit donc s’organiser avec l’hypothèse d’une absence qui pourrait durer.
Le bouleversement est d’autant plus spectaculaire que Léa Salamé n’aura finalement passé qu’une seule saison complète dans le fauteuil d’Anne-Sophie Lapix. Son arrivée, en septembre 2025, avait constitué l’un des gros transferts du mercato télé. Pour accepter le « 20 Heures », elle avait quitté la matinale de France Inter, où elle travaillait depuis plusieurs années avec Nicolas Demorand, pour endosser le rôle très exposé de présentatrice du grand JT de France 2.
Côté audiences, elle n’a pas renversé la hiérarchie, mais France 2 a globalement conservé son socle. Entre septembre 2025 et juin 2026, le journal a réuni environ 3,7 millions de téléspectateurs en moyenne, avec une part d’audience légèrement supérieure à celle de la saison précédente. Sur ses quatre premiers mois, Léa Salamé tournait autour de 3,78 millions de fidèles et 19,7 % de PDA. TF1 et Gilles Bouleau ont néanmoins conservé une nette avance, dépassant régulièrement le JT de France 2 de plus d’un million de téléspectateurs.
« Quelle époque ! » reste au programme
Le retrait du « 20 Heures » ne signifie pas pour autant que Léa Salamé disparaît de France 2. La journaliste doit conserver « Quelle époque ! », dont la cinquième saison est annoncée à partir du 19 septembre. La ligne de l’émission devra néanmoins tenir compte de la nouvelle situation : moins de politique et davantage de culture, de divertissement, de sport et de sujets de société.
La distinction est importante. La programmation d’un talk-show hebdomadaire peut être aménagée afin d’éviter les acteurs directement engagés dans la campagne présidentielle. Impossible d’en faire autant avec un journal de 20 heures, qui doit évidemment traiter quotidiennement la vie politique française sans choisir ses sujets en fonction de la situation personnelle de sa présentatrice.
Léa Salamé quitte donc le JT sans quitter France 2 et applique exactement la règle qu’elle s’était fixée avant même de s’asseoir dans le fauteuil. Sa deuxième saison devait commencer ce lundi 24 août. Elle ne commencera pas. Jean-Baptiste Marteau prolongera son été au « 20 Heures », tandis que Léa Salamé regardera désormais la campagne présidentielle depuis une autre place que celle de présentatrice du principal journal du service public.
Moins d’un an après avoir succédé à Anne-Sophie Lapix, elle abandonne ainsi l’un des fauteuils les plus convoités de la télévision française. Cette fois, ni les audiences ni France Télévisions ne lui ont demandé de partir. C’est un engagement pris au nom de la déontologie qui la conduit à rendre l’antenne au moment précis où Raphaël Glucksmann entre en campagne.




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