Léa Salamé : son salaire après son retrait du 20 heures de France 2 fait polémique
Toujours salariée de France Télévisions malgré son départ temporaire du journal de 20 heures, la journaliste conserve une rémunération qui a été revue à la baisse. Entre nouvelles missions, primes supprimées et critiques sur les réseaux sociaux, le groupe audiovisuel public a dû préciser les contours de sa situation.
25 000 euros par mois : le chiffre circule depuis l’arrivée de Léa Salamé à la présentation du « 20 heures » de France 2, en septembre 2025. Mais cette rémunération, annoncée à l’époque par plusieurs médias, ne correspond plus à ce qu’elle perçoit depuis son retrait de l’antenne. Le 24 août 2026, la journaliste a annoncé qu’elle renonçait provisoirement à présenter le journal télévisé, après l’entrée en campagne de son compagnon, Raphaël Glucksmann, en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Une décision destinée à préserver l’impartialité de la rédaction dans un contexte politique particulièrement sensible. Depuis, une autre question a pris le dessus dans le débat public : la journaliste continue-t-elle à toucher son salaire alors qu’elle ne présente plus le rendez-vous d’information le plus regardé de France 2 ?
La réponse est oui, mais avec une nuance importante. France Télévisions a confirmé que sa rémunération avait été réduite. Le directeur de l’information, Philippe Corbé, l’a expliqué à Franceinfo : « La partie de sa rémunération liée à sa présentation du 20 Heures a été supprimée. » Le montant exact de cette baisse n’a toutefois pas été communiqué. Affirmer que Léa Salamé perçoit toujours 25 000 euros mensuels sans changement serait donc inexact.
La journaliste reste en effet salariée en CDI et conserve ses fonctions de rédactrice en chef. Son retrait du journal ne signifie pas qu’elle a quitté l’entreprise ni qu’elle a cessé toute activité pour le service public. Une distinction que la direction a jugé nécessaire de rappeler, alors que les commentaires se multipliaient sur les réseaux sociaux.
Des missions maintenues loin du journal de 20 heures
Léa Salamé n’a pas disparu des radars de France Télévisions. Depuis son retrait, elle a notamment participé à des éditions spéciales consacrées à la visite du pape Léon XIV en France. Elle travaille également sur plusieurs documentaires consacrés à l’actualité internationale, dont un projet sur le Moyen-Orient. Ces missions s’inscrivent désormais dans le périmètre de la direction des magazines d’information.
Philippe Corbé a ainsi tenu à répondre aux accusations selon lesquelles la journaliste serait rémunérée sans contrepartie professionnelle. « Il est donc faux de dire qu’elle est payée à ne rien faire », a-t-il insisté, selon les propos rapportés par plusieurs médias. Le groupe défend un aménagement de ses fonctions rendu nécessaire par le contexte électoral, et non une mise à l’écart disciplinaire.
Le médiateur de France Télévisions, Pascal Doucet-Bon, a lui aussi pris la parole pour expliquer ce choix. « Le journaliste n’est pas un sous-citoyen qui n’aurait pas le droit de se présenter à une élection ; son ou sa conjoint(e) n’a rien fait de mal non plus. Il n’y a donc aucune raison, en droit comme morale, de le ou la punir », a-t-il rappelé. L’objectif, selon lui, est de préserver l’impartialité de l’information sans transformer la situation personnelle d’une journaliste en sanction professionnelle.
Cette position n’a pas convaincu tout le monde. L’ancien député européen du Rassemblement national Gilbert Collard a notamment critiqué sur les réseaux sociaux le maintien de la rémunération de Léa Salamé. Le débat dépasse désormais le seul montant de son salaire : il porte aussi sur les règles appliquées aux journalistes dont le conjoint est engagé dans une campagne électorale, et sur la manière dont le service public doit garantir son indépendance éditoriale.
« Quelle époque ! », un autre cadre de rémunération
Autre élément souvent mélangé dans les discussions : l’émission « Quelle époque ! », que Léa Salamé continue de présenter chaque samedi soir sur France 2. Pour ce programme, la journaliste intervient également comme productrice, par l’intermédiaire de sa société de production. Selon les précisions apportées par France Télévisions, elle ne touche pas de salaire du groupe pour cette émission.
Il faut donc distinguer cette activité de son contrat de journaliste salariée, qui couvre ses fonctions au sein de la rédaction et ses nouvelles missions. Les revenus liés à la production de « Quelle époque ! » relèvent d’un cadre différent. Les additionner sans tenir compte de la nature des contrats conduirait à présenter une image trompeuse de sa rémunération.
La polémique intervient alors que la candidature de Raphaël Glucksmann à la présidentielle de 2027 rend improbable un retour rapide de sa compagne au journal de 20 heures. Léa Salamé avait choisi de se retirer pour éviter que sa situation personnelle ne fragilise la rédaction. Le groupe affirme désormais que son salaire a été diminué et que ses fonctions ont été réorganisées, sans dévoiler le montant exact qu’elle perçoit aujourd’hui.




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