Léa Salamé : France 2 prépare déjà son retour au « 20 Heures »
Le directeur de l’information de France Télévisions, Philippe Corbé, a indiqué que la journaliste pourrait revenir à la tête du JT dès le lundi 12 octobre, sous réserve des résultats de la primaire de gauche.
Le scénario était déjà dans les tuyaux. Il prend désormais une tournure beaucoup plus concrète. Selon Philippe Corbé, directeur de l’information de France Télévisions, Léa Salamé pourrait retrouver très rapidement les commandes du « 20 Heures » de France 2 si Raphaël Glucksmann ne sort pas vainqueur de la primaire de la gauche.
La date avancée n’a rien d’anodin : lundi 12 octobre. Elle correspondrait à une reprise de l’antenne quelques jours seulement après le premier tour de la primaire, organisé les 9 et 10 octobre. Si le candidat de Place publique était éliminé dès cette première étape, la situation pourrait donc être clarifiée dans la foulée et permettre à la journaliste de reprendre son fauteuil dès le début de la semaine suivante.
Ce retour ne serait pas une surprise totale. Depuis son retrait du JT, Léa Salamé a elle-même expliqué que son départ était lié à la candidature présidentielle de son compagnon. Elle avait fixé la règle avant même de prendre les commandes du journal : si Raphaël Glucksmann entrait dans la course à l’Élysée, elle se retirerait de l’antenne politique. Lorsqu’il a officialisé sa candidature le 23 août, elle a immédiatement appliqué cet engagement.
Jean-Baptiste Marteau avait alors récupéré le fauteuil. Celui qui devait initialement jouer les jokers pendant les absences de Léa Salamé s’est retrouvé titulaire pour une durée indéterminée. France 2 avait d’ailleurs rapidement installé ce nouveau dispositif, comme le racontait Jean-Baptiste Marteau propulsé aux commandes du « 20 Heures ».
Mais le calendrier politique pourrait maintenant bouleverser cette organisation.
Une primaire qui peut décider du sort du JT
La primaire de la gauche sociale-démocrate se déroule en deux temps. Le premier tour aura lieu les 9 et 10 octobre, avant un éventuel second tour les 16 et 17 octobre. Cinq candidats sont en lice : Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel.
Glucksmann part avec une position favorable, mais le scrutin est loin d’être joué. Le dernier débat télévisé, organisé le 4 octobre sur BFMTV, a d’ailleurs montré une gauche sociale-démocrate profondément divisée, notamment sur la stratégie à adopter vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise. Les échanges entre Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal et Jérôme Guedj ont été particulièrement tendus.
C’est précisément ce contexte qui donne un poids particulier à la date du 12 octobre. Une élimination de Glucksmann dès le premier tour permettrait à Léa Salamé de retrouver son poste sans attendre la fin de la primaire. En revanche, s’il se qualifie pour le second tour, le calendrier changerait mécaniquement. Et s’il remporte finalement la primaire, son engagement vers la présidentielle rendrait évidemment impossible le retour de sa compagne au « 20 Heures ».
Dans cette hypothèse, Jean-Baptiste Marteau conserverait donc le fauteuil. France 2 dispose ainsi d’un dispositif déjà opérationnel, avec une solution de remplacement connue du public et des équipes.
La situation est d’autant plus particulière que Léa Salamé n’a jamais vraiment disparu des écrans. Après son départ du JT, elle a retrouvé plusieurs rendez-vous de France 2, notamment « Quelle époque ! », tout en participant à des émissions spéciales. Son retour médiatique avait été soigneusement organisé quelques semaines après son retrait du « 20 Heures », preuve que France Télévisions n’avait jamais véritablement fermé la porte à la journaliste.
Son absence du journal est donc liée à une seule question : celle de la campagne de Raphaël Glucksmann.
Le problème est aussi éditorial. Un candidat à la présidentielle peut-il continuer sa campagne pendant que sa compagne présente le principal journal du service public ? Léa Salamé avait répondu elle-même à cette question en choisissant de se retirer. Si Glucksmann sort de la compétition, le conflit potentiel disparaît en grande partie. La journaliste pourrait alors reprendre son activité sans être directement confrontée au risque de traiter quotidiennement la campagne de celui avec qui elle partage sa vie.
Cette mécanique avait déjà été utilisée en 2019. Lorsque Raphaël Glucksmann conduisait la liste Place publique aux élections européennes, Léa Salamé s’était mise en retrait de certains rendez-vous politiques avant de retrouver ses fonctions. Elle avait également expliqué en septembre que son principe était simple : lorsqu’il est candidat, elle s’efface ; lorsqu’il ne l’est plus, elle peut reprendre son activité.
Le retour de Salamé, une bonne nouvelle pour France 2 ?
Pour France 2, le retour de Léa Salamé aurait un autre avantage : récupérer une présentatrice qui connaît désormais parfaitement le journal, ses équipes et les exigences de l’exercice. Son départ est intervenu après une seule saison complète dans le fauteuil qu’elle avait récupéré à la rentrée 2025 après le départ d’Anne-Sophie Lapix.
Son bilan d’audience n’avait pas provoqué de révolution, mais il n’avait pas non plus constitué un accident industriel. Le « 20 Heures » avait conservé un socle solide, autour de 3,7 millions de téléspectateurs en moyenne sur la saison 2025-2026, avec une part d’audience légèrement supérieure à celle de la saison précédente. Le vrai bouleversement est venu de la politique, pas des audiences.
C’est ce qui rend aujourd’hui le scénario particulièrement curieux : Léa Salamé pourrait revenir au même fauteuil qu’elle a quitté non pas à la suite d’une décision de France Télévisions, mais parce que la carrière politique de son compagnon aura pris une autre direction.
Et la journaliste n’a jamais caché son envie de retrouver le terrain du JT. Quelques semaines après son départ, elle évoquait déjà un « goût d’inachevé » et reconnaissait avoir dû apprendre un nouvel exercice après des années passées à la radio et dans « Quelle époque ! ». Son retour ne serait donc pas celui d’une présentatrice parachutée, mais celui d’une journaliste qui aurait enfin l’occasion de poursuivre une expérience brutalement interrompue.
Reste maintenant à connaître le verdict des urnes. Le premier tour des 9 et 10 octobre pourrait donc avoir une conséquence inattendue sur France 2 : quelques bulletins déposés dans une primaire politique pourraient décider du visage installé derrière le « 20 Heures » dès le lundi suivant. Et si Raphaël Glucksmann franchit cette première étape, la partie se prolongera jusqu’aux 16 et 17 octobre, avec Jean-Baptiste Marteau toujours aux commandes entre-temps.




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