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lundi 24 août 2026 · Newsletter · À propos · Contact
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On a vu « Novak Djokovic : Le Loup en hiver » : pourquoi refuse-t-il de s’arrêter ?

À 39 ans, Novak Djokovic a gagné tout ce qu’un joueur de tennis pouvait espérer. Jason Hehir, réalisateur de « The Last Dance », cherche à comprendre ce qui pousse encore le Serbe à souffrir pour rester au sommet.

On a vu « Novak Djokovic : Le Loup en hiver » : pourquoi refuse-t-il de s’arrêter ?

Vingt-quatre titres du Grand Chelem, une médaille d’or olympique, plus de cent trophées et 428 semaines passées à la place de numéro un mondial : Novak Djokovic pourrait arrêter demain sans que cela change quoi que ce soit à sa place dans l’histoire du tennis. À 39 ans, le Serbe continue pourtant de s’entraîner avec la même obsession, d’organiser sa vie autour des tournois et d’affronter des joueurs parfois deux fois plus jeunes que lui. C’est cette incapacité à envisager sérieusement la fin que Jason Hehir choisit d’explorer dans « Novak Djokovic : Le Loup en hiver », disponible sur Prime Video.

Le réalisateur connaît les champions habités par la compétition. Dans « The Last Dance », il avait consacré dix épisodes à Michael Jordan et à ce besoin presque maladif de gagner qui avait façonné sa carrière. Le format est ici beaucoup plus court, 1h32 seulement, mais le sujet se prête au même exercice. Djokovic n’a plus de record majeur à aller chercher, ses deux grands rivaux Roger Federer et Rafael Nadal ont quitté le circuit, mais il continue de parler du prochain tournoi comme si sa carrière venait de commencer.

Le documentaire le suit notamment autour de l’Open d’Australie 2025. Les séances d’entraînement, les soins, la récupération et l’attention portée au moindre détail donnent une idée de ce qu’exige physiquement le maintien au plus haut niveau après 35 ans. Ces images sont plus révélatrices que beaucoup de statistiques : elles montrent tout ce que Djokovic accepte encore d’imposer à son corps pour continuer à rivaliser avec une génération qui a grandi en le regardant gagner.

L’éternel troisième homme devenu numéro un

Jason Hehir revient longuement sur la place particulière qu’occupe Djokovic dans l’imaginaire du tennis. Lorsqu’il s’installe au sommet, le public a déjà choisi ses deux héros. Federer représente l’élégance et Nadal le combattant absolu. Leur rivalité fascine et semble pouvoir se suffire à elle-même. Djokovic arrive au milieu, bat l’un puis l’autre et finit par accumuler davantage de titres majeurs qu’eux. Il gagne la bataille sportive sans jamais obtenir partout la même affection.

Le film ne gomme pas ce qui a parfois rendu le Serbe difficile à aimer. Ses colères, ses rapports tendus avec certaines tribunes, sa sensibilité aux sifflets et son goût du bras de fer apparaissent régulièrement. L’épisode australien de 2022, lorsqu’il avait été expulsé du pays dans le contexte de son refus de vaccination contre le Covid-19, est également abordé. Le documentaire lui laisse expliquer sa position sans chercher à transformer cette controverse en simple malentendu.

Cette personnalité s’éclaire davantage lorsque le récit remonte à son enfance en Serbie, aux bombardements de la fin des années 1990 et aux sacrifices consentis par sa famille pour financer sa formation. Cette partie est connue, mais elle permet de comprendre pourquoi Djokovic a toujours vécu sa carrière comme une conquête. Là où Federer semblait parfois jouer avec une facilité naturelle, le Serbe a bâti une bonne partie de sa légende sur l’idée que chaque victoire devait être arrachée.

Andre Agassi, Rafael Nadal, Pete Sampras, Maria Sharapova ou Andy Murray apportent leur regard sur cette trajectoire. Agassi insiste notamment sur la dimension mentale d’un joueur qui a trouvé pendant des années de nouvelles raisons de se battre alors même que les objectifs disparaissaient les uns après les autres.

La parole la plus intéressante reste cependant celle de Jelena Djokovic. Son épouse connaît mieux que personne le prix payé par la famille pour prolonger cette carrière. Après la médaille d’or remportée aux Jeux olympiques de Paris en 2024, dernière grande ligne qui manquait encore à son palmarès, beaucoup auraient pu considérer que le moment idéal était venu de partir. Jelena reconnaît que la question de la retraite existe et qu’elle concerne désormais toute la famille, mais elle sait aussi que son mari éprouve encore trop de plaisir à jouer et à se mesurer aux meilleurs pour prendre cette décision.

C’est dans ces séquences que « Le Loup en hiver » trouve son véritable sujet. Le documentaire ne parle plus seulement d’un champion vieillissant mais d’un homme qui a organisé toute son existence autour de la compétition et qui devra, un jour, apprendre à vivre sans elle. Djokovic peut avoir gagné tous les trophées, il n’a jamais expérimenté ce vide-là.

Le principal défaut du film tient à sa durée. En 92 minutes, Jason Hehir veut raconter l’enfance, Federer et Nadal, les records, l’Australie 2022, les blessures, la famille et la retraite. Plusieurs sujets sont ouverts puis rapidement refermés alors qu’ils mériteraient davantage de temps. Le contraste avec « The Last Dance » est évident : là où Michael Jordan avait droit à dix heures pour laisser apparaître toutes ses contradictions, Djokovic doit parfois être résumé en quelques archives et deux témoignages.

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