Présidentielle 2027 : Zidane refuse de parler politique, Eliot Deval applaudit sur CNews
Interrogé lors de sa première liste à la tête des Bleus, Zinédine Zidane a expliqué qu’il ne comptait pas entrer dans la campagne. Une réponse aussitôt saluée dans « L’Heure des pros », alors que Kylian Mbappé et Teddy Riner viennent, eux, de prendre position dans le débat public.
Zinédine Zidane avait réuni la presse vendredi 18 septembre au siège de la FFF pour dévoiler sa première liste comme sélectionneur de l’équipe de France. Cinq nouveaux, Kylian Mbappé maintenu capitaine, les premiers choix tactiques de l’ère Zidane… et, au milieu des questions de football, une interrogation beaucoup plus politique. Un journaliste de franceinfo lui a demandé s’il envisageait de peser dans la campagne présidentielle de 2027. La réponse a été nette : « Sur ce plan-là, non, pas du tout. Je vais me consacrer à ma tâche qui est celle de l’équipe de France A et ça ne va pas changer. J’ai des convictions. Les partager, chacun fait comme il veut. Moi, je vais me consacrer à ma tâche. »
La séquence n’a pas tardé à rebondir sur CNews. Dans « L’Heure des pros », Eliot Deval y a vu la réponse qu’il attendait d’une personnalité aussi exposée. « Il n’est pas tombé dans le panneau », a commenté le journaliste, avant de résumer son sentiment : « Il y a tout dans cette séquence. » Pour lui, le nouveau patron des Bleus a choisi de ne pas transformer son statut d’icône nationale en tribune électorale. Cette appréciation est celle du journaliste de CNews ; Zidane, lui, s’est contenté d’expliquer qu’il ne souhaitait pas rendre publiques ses convictions dans ce cadre.
Zidane arrive en pleine séquence politique autour des sportifs
Le timing donne forcément une autre portée à cette réponse. Depuis plusieurs jours, les prises de parole de champions français sont devenues un sujet politique à part entière. Kylian Mbappé a été au centre d’une polémique en Espagne après avoir partiellement masqué un tee-shirt de soutien aux habitants de Ceuta. Il a ensuite expliqué qu’il voulait également avoir une pensée pour les migrants morts ou vivant dans des conditions difficiles. Teddy Riner, de son côté, a déclaré dans « Stade 2 » être inquiet de « la montée de l’extrême droite » en France à l’approche de 2027. Ces deux prises de position ont entraîné de nombreuses réactions politiques.
Dans ce climat, Zidane choisit donc une autre ligne : conserver ses convictions pour lui et séparer, au moins pour l’instant, son nouveau rôle de sélectionneur de la bataille présidentielle. Une position qui tranche avec la place grandissante occupée par les personnalités sportives dans le débat public, au moment où la présidentielle de 2027 est déjà devenue un terrain de bataille pour TF1, France 2 et les chaînes d’information.
Une réserve qui n’a pourtant rien d’absolu
Présenter Zidane comme un homme qui n’aurait jamais parlé politique serait toutefois inexact. En 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen s’était qualifié pour le second tour de la présidentielle, le champion du monde avait appelé à voter contre le Front national, qu’il jugeait incompatible avec les valeurs de la France. Quinze ans plus tard, en pleine présidentielle de 2017, alors qu’il entraînait le Real Madrid, il avait repris quasiment la même ligne face à Marine Le Pen : « Je suis loin de toutes ces idées-là, de ce Front national. Donc il faut éviter au maximum ça. Les extrêmes, ce n’est jamais bon. »
Sa réponse de vendredi ne constitue donc pas une profession de neutralité définitive, mais le choix de ne pas entrer aujourd’hui dans la campagne présidentielle au nom de son nouveau poste. Nommé sélectionneur le 28 juillet après quatorze années de Didier Deschamps, Zidane doit désormais préparer ses premiers matches de Ligue des nations, en Turquie le 25 septembre puis en Belgique trois jours plus tard, avant de recevoir l’Italie et la Belgique début octobre. C’est sur ce terrain-là qu’il entend, pour l’instant, concentrer toute son exposition.




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