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vendredi 4 septembre 2026· Newsletter· À propos· Contact
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Rentrée 2026 : ARTE accélère sur les séries, l’info et le numérique

De « Camarades » à « Eldorado », la chaîne franco-allemande muscle sa fiction européenne tout en développant de nouveaux formats pour Arte.tv, YouTube et les réseaux sociaux.

Rentrée 2026 : ARTE accélère sur les séries, l’info et le numérique

Chez ARTE, la rentrée ne se mesure ni au nombre de transferts d’animateurs ni à la taille du nouveau plateau de l’access. La chaîne franco-allemande poursuit une autre bataille : élargir son terrain de jeu sans perdre son identité. Et pour cette saison 2026-2027, le message est clair. Plus de séries européennes, une information qui déborde largement de l’antenne et une plateforme Arte.tv qui prend chaque année un peu plus de poids.

ARTE revendique désormais 91 millions de personnes touchées chaque mois en Europe, une offre numérique proposée en sept langues et un réseau de quatorze chaînes partenaires. Surtout, Arte.tv propose près de 10.000 programmes disponibles chaque jour. La chaîne linéaire reste essentielle, mais elle n’est plus le centre unique du dispositif.

L’Europe devient le nouveau terrain des séries

« L’Europe est aujourd’hui le nouveau territoire des séries », résume Boris Razon, directeur éditorial d’ARTE. La formule donne le ton d’une saison où la fiction circule beaucoup plus librement entre la France, l’Espagne, la Norvège, l’Allemagne ou encore la Grèce.

Premier gros morceau : « Camarades ». Les huit épisodes seront disponibles dès le 16 septembre sur Arte.tv, avant une diffusion à l’antenne à partir du 24 septembre. Imaginée par Benjamin Charbit et Dominique Baumard, la série replonge dans l’effervescence qui suit Mai 68 et la création de l’université expérimentale de Vincennes. Manon Kneusé incarne Claudine, prostituée du bois de Vincennes chargée par les Renseignements généraux d’infiltrer un groupe maoïste. Autour d’elle : Grégory Gadebois, Micha Lescot, Vincent Elbaz ou encore Pierre-François Garel. Politique, utopies révolutionnaires, surveillance policière et comédie : ARTE attaque sa rentrée avec une fiction qui ne ressemble guère à celles des grandes chaînes généralistes.

En novembre, changement de décor avec « Eldorado », six épisodes inspirés de l’invraisemblable affaire des « avions renifleurs ». Au lendemain du choc pétrolier de 1973, Elf Aquitaine se laisse convaincre qu’une technologie révolutionnaire permettrait de repérer des gisements de pétrole depuis les airs. L’entreprise engloutira des sommes considérables avant que l’escroquerie n’éclate. Jérémie Renier et Karim Leklou mènent cette plongée dans un mélange explosif de pouvoir, d’argent, de technologie et d’aveuglement industriel.

Autre temps fort, « Anatomía de un instante » arrivera en octobre. Cette mini-série espagnole en quatre épisodes, produite par Movistar Plus+ en association avec ARTE France et adaptée du livre de Javier Cercas, dissèque la tentative de coup d’État du 23 février 1981 en Espagne. Álvaro Morte, le fameux « Professeur » de « La Casa de Papel », devient Adolfo Suárez, tandis qu’Eduard Fernández interprète Santiago Carrillo et Manolo Solo le général Gutiérrez Mellado.

ARTE proposera également en novembre « Beforeigners », savoureuse série norvégienne construite autour d’une idée aussi simple que délirante : des hommes et des femmes venus du passé apparaissent brusquement dans la Norvège contemporaine. Parmi ces nouveaux arrivants, des Vikings contraints de découvrir les joies du XXIe siècle. Une manière très ARTE de transformer la science-fiction en laboratoire politique et social.

Et la chaîne prépare déjà 2027 avec « Paradoxes ». Six épisodes de 17 minutes dans lesquels Roman, journaliste dépressif incarné par Xavier Lacaille, découvre au fond d’une forêt une étrange zone où ses angoisses et son inconscient prennent forme. Zita Hanrot, Oussama Kheddam et Nora Hamzawi complètent le casting. La série mêle comédie, science-fiction et santé mentale, avec une particularité : sa fabrication visuelle utilise l’IA générative pour matérialiser cet univers mental.

Le documentaire reste l’autre poids lourd

Pas question pour autant d’abandonner le terrain sur lequel ARTE a bâti une bonne partie de sa réputation. Le documentaire et l’investigation restent au cœur de la grille.

Parmi les projets annoncés figure « United States of Mafia », série documentaire en trois épisodes de 45 minutes réalisée par Antoine Vitkine. Le programme remonte les relations entre crime organisé, économie et pouvoir politique américain, de Roosevelt jusqu’à Donald Trump, en s’appuyant notamment sur des historiens, journalistes, anciens agents du FBI et anciens mafieux. « L’Iran raconté par ses femmes » doit, de son côté, raconter le pays à travers celles qui y vivent et en subissent directement les transformations.

Dès septembre, ARTE mettra également en ligne « L’Empire LVMH », une enquête en deux parties de Jennifer Deschamps sur l’ascension de Bernard Arnault et la transformation du luxe en industrie mondiale. Derrière le portrait d’un homme, c’est surtout un système économique, financier et politique que la chaîne entend raconter.

L’info part à la conquête des nouveaux écrans

Le mouvement le plus intéressant se joue peut-être ailleurs. ARTE ne veut plus attendre que les jeunes téléspectateurs viennent jusqu’à elle : elle va les chercher sur leurs écrans.

« Le dessous des cartes » va ainsi engendrer deux nouvelles déclinaisons numériques. « Le dessous des sciences », attendu à la fin de l’année 2026 sur Arte.tv et YouTube, sera incarné par Natacha Triou et s’intéressera aux enjeux scientifiques qui traversent la société. En 2027 suivra « Le dessous des réseaux », coécrit et présenté par la chercheuse Ophélie Coelho, spécialiste de la géopolitique du numérique. Objectif : démonter les stratégies d’influence, d’ingérence et de désinformation qui circulent sur Internet et les plateformes sociales.

Pour les 15-19 ans, ARTE mise également sur « Pourquoi ? », rendez-vous d’information court diffusé du lundi au vendredi sur Arte.tv et YouTube. Le principe : une actualité européenne ou internationale, quelques minutes et un décryptage débarrassé du jargon. La chaîne assume ici les codes des plateformes plutôt que de tenter d’y recycler des formats conçus pour la télévision.

Jean Massiet poursuit de son côté « Euroguessr », qui mélange politique européenne, débat et jeu sur Twitch, YouTube et Arte.tv. Et David Castello-Lopes rejoint la maison avec « Les endroits », série documentaire dans laquelle il parcourra l’Europe à la recherche de lieux, d’histoires et de questions suffisamment insolites pour passer sous le radar des guides touristiques traditionnels.

C’est finalement là que se joue la rentrée d’ARTE. La chaîne culturelle franco-allemande existe toujours, mais ses frontières ont sauté. Une série espagnole peut devenir un programme français, un magazine historique se transformer en format YouTube et une émission politique trouver sa place sur Twitch. Avec 91 millions d’Européens touchés chaque mois, ARTE ne cherche plus seulement à défendre sa différence dans le paysage télévisuel français. Elle tente désormais de construire autour d’Arte.tv un véritable média européen.

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