Présidentielle 2027 : France 2 et France Inter diffuseront le débat de la primaire socialiste le 1er octobre
À un peu plus d’une semaine du premier tour, organisé les 9 et 10 octobre, Caroline Roux et Benjamin Duhamel confronteront les candidats en direct à 20h40 sur France 2, France Inter et france.tv.
La campagne présidentielle n’a pas encore vraiment commencé que France 2 sort déjà le grand plateau. Jeudi 1er octobre à 20h40, la chaîne publique, France Inter et france.tv diffuseront en direct « Primaire : le débat », consacré à la primaire de la gauche socialiste et démocratique. Une date tout sauf anodine : les électeurs voteront pour le premier tour les vendredi 9 et samedi 10 octobre, avant un éventuel second tour les 16 et 17 octobre. Autrement dit, pour les candidats, ce prime arrivera au moment où chaque mot commencera à coûter cher.
France Télévisions promet une confrontation autour des projets. Pas seulement une succession d’interviews bien peignées où chacun récite son programme dans son couloir. À ce stade, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Philippe Brun, Jérôme Guedj, Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Fabien Verdier ont annoncé leur intention de participer à la primaire. France Télévisions n’a en revanche pas encore communiqué la liste définitive des candidats qui seront effectivement assis autour de la table le 1er octobre.
Et cette table risque d’être animée. Derrière la compétition pour 2027 se joue aussi un sacré règlement de comptes à gauche : qui peut rassembler, qui peut survivre au premier tour de la présidentielle et, surtout, qui peut convaincre au-delà de son propre camp ? Raphaël Glucksmann et Olivier Faure occupent déjà une bonne partie du terrain médiatique, Ségolène Royal connaît par cœur les gros plateaux et les autres candidats auront justement tout intérêt à profiter du direct pour renverser la table.
Caroline Roux et Benjamin Duhamel, le tandem politique du service public
Pour tenir les rênes, France Télévisions n’a pas choisi deux débutants. Caroline Roux est depuis longtemps l’une des valeurs sûres de la maison. Aux commandes de « C dans l’air » sur France 5 du lundi au jeudi, elle navigue quotidiennement entre crises internationales, politique intérieure et économie. Et le public suit : le 4 février, l’émission a réuni 1,26 million de téléspectateurs, soit 13,2 % de part d’audience, égalant alors son record de saison.
Quand il faut passer au calibre supérieur, France 2 fait aussi appel à elle. Le 18 juin dernier, Caroline Roux avait interrogé Emmanuel Macron dans « L’Événement » après le journal de 20 heures. L’entretien avait attiré 2,18 millions de téléspectateurs, soit 13,1 % du public. Pas un raz-de-marée, mais la confirmation que la journaliste est devenue l’un des visages que France Télévisions sort de sa manche pour les grosses soirées politiques.
À ses côtés, Benjamin Duhamel continue de grimper les étages à vitesse grand V. Après plusieurs saisons sur BFMTV, il a rejoint France Inter à la rentrée 2025 pour prendre les commandes de l’interview politique de 7h50, avant de participer également au grand entretien de la matinale. Radio France l’avait recruté pour son profil d’intervieweur politique incisif, et le pari a rapidement payé côté audiences.
Sur la saison écoulée, l’interview de Benjamin Duhamel a rassemblé en moyenne 2,1 millions d’auditeurs. France Inter, elle, a terminé la vague avril-juin avec 6,914 millions d’auditeurs quotidiens et 13,9 % de part d’audience. Un énorme paquebot radiophonique sur lequel Duhamel s’est installé sans passer par la case strapontin.
Depuis cette rentrée, France 2 lui a ouvert encore une autre porte. Le 30 août, le journaliste a lancé « Franc-jeu », son nouveau rendez-vous politique du dimanche à 13h20, diffusé simultanément sur France 2, France Inter et france.tv. Pour sa première avec Raphaël Glucksmann, 1,41 million de téléspectateurs étaient au rendez-vous, soit 14,3 % du public. Une semaine plus tard, avec Jean-Philippe Tanguy, l’émission est redescendue à 1,02 million et 11,1 %. Une baisse de 390.000 téléspectateurs qui montre aussi que, même en pleine pré-campagne, la politique n’est jamais un produit d’audience garanti.
Le débat du 1er octobre marque donc une nouvelle étape. Benjamin Duhamel passe du rendez-vous dominical au prime time, Caroline Roux retrouve le terrain des grandes confrontations et France Télévisions associe encore une fois sa puissance télé à celle de France Inter. Le service public avait déjà utilisé ce tandem télé-radio pour l’interview d’Emmanuel Macron en juin ; il transforme désormais la formule en arme de campagne.
Pour les candidats, impossible cette fois de jouer uniquement la partition du meeting devant des militants déjà convaincus. Ils devront s’affronter en direct sur leurs programmes, mais aussi sur cette question qui empoisonne la gauche depuis des mois : comment fabriquer une candidature capable de dépasser les frontières du PS et de la social-démocratie ? Entre Glucksmann et Faure, la bataille pour le leadership est déjà lancée. Derrière eux, Brun, Guedj, Royal, Maurel et Verdier ont tout intérêt à transformer les deux heures de télévision en accélérateur de campagne.
Et France 2 ne pouvait rêver meilleur carburant. Un débat, des ego, une présidentielle qui approche et plusieurs candidats condamnés à se distinguer en quelques minutes : le 1er octobre, la primaire quittera les réunions de partis pour entrer de plein fouet dans l’arène télévisée.




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