France Inter : Maïtena Biraben prend la place de Nagui dès le 24 août
À 59 ans, l’ancienne figure de Canal+ revient au premier plan avec « Franche Culture », de 11h à 12h30. Daniel Morin reste dans la maison, mais elle promet de ne surtout pas refaire « La Bande originale ».
Lundi 24 août à 11 heures, Maïtena Biraben va s’asseoir dans un fauteuil qui pèse lourd. Pendant douze ans, Nagui et « La Bande originale » ont occupé la fin de matinée de France Inter, installant un rendez-vous suffisamment solide pour devenir l’un des piliers de la station. L’animateur est parti de lui-même en juin, expliquant qu’il redoutait la saison de trop et voulait lever le pied après douze années de quotidienne. France Inter n’a donc pas cherché un clone. Elle a choisi une personnalité qui connaît les bandes, les interviews, la culture et les directs, mais qui arrive avec une histoire médiatique très différente.
Comme Zaptv.fr l’annonçait dès le début de l’été, France Inter a confié cette case stratégique à Maïtena Biraben. Le choix est moins inattendu qu’il n’y paraît. L’animatrice a présenté « Les Maternelles », « La Matinale », « Le Supplément » puis « Le Grand Journal », avec cette même habitude de mélanger actualité, culture, interviews et humour. Elle connaît aussi parfaitement la radio : elle a commencé sa carrière à la Radio suisse romande avant de passer notamment par RTL et RMC. Mais cela fait plusieurs années qu’elle n’avait plus occupé quotidiennement un poste aussi exposé dans un grand média national.
Pas question de refaire Nagui
Le nouveau rendez-vous apparaît dans la grille sous le titre « Franche Culture ». France Inter annonce une émission quotidienne consacrée à celles et ceux qui « incarnent, fabriquent et promeuvent la culture », avec de l’humour, de l’humeur et une bande volontairement disparate. Daniel Morin, qui accompagnait déjà Nagui et connaît cette tranche mieux que personne, devient le principal partenaire de jeu de Maïtena Biraben. Le critique cinéma Xavier Leherpeur fait également partie des visages annoncés.
La mécanique doit s’éloigner de « La Bande originale ». Les trente premières minutes seront consacrées à la bande et à ses chroniques, un invité occupera la demi-heure suivante avant un débat pour terminer l’émission. France Inter veut conserver l’esprit de cette case, faite de culture et de divertissement, tout en évitant de simplement changer le nom inscrit sur la porte. Biraben l’a elle-même répété : Nagui a construit une relation avec les auditeurs pendant douze ans, il serait absurde d’essayer de reproduire son émission à l’identique.
Le défi est d’autant plus délicat que son prédécesseur ne laisse pas derrière lui un programme épuisé. Sur la période janvier-mars 2026, « La Bande originale » rassemblait encore 993.000 auditeurs sur sa tranche. France Inter qualifiait l’émission de leader incontesté et continuait également à enregistrer de très beaux résultats en écoute à la demande. Nagui ne part donc pas parce que la maison brûle, mais alors que tout fonctionne encore. C’est toujours plus confortable pour celui qui s’en va que pour celle qui arrive.
Un retour au premier plan dix ans après Canal+
Pour Maïtena Biraben, cette rentrée possède aussi une dimension très personnelle. Dix ans après son départ mouvementé de Canal+ et du « Grand Journal », la voilà de nouveau installée quotidiennement dans l’un des médias les plus puissants du pays. Son licenciement de Canal+ avait donné lieu à un long contentieux judiciaire, définitivement tranché en 2023 par la Cour de cassation en sa faveur, avec plus de 3,4 millions d’euros d’indemnités. Depuis, elle avait continué à travailler, mais davantage en productrice et entrepreneuse qu’en grande figure quotidienne de l’antenne.
Elle a notamment créé avec Alexandra Crucq Mesdames, média numérique destiné en priorité aux femmes de plus de 45 ans. Interviews, témoignages, santé, sexualité, âge ou travail : Biraben y a retrouvé une liberté de ton qui lui ressemble davantage que les grands shows calibrés. Plusieurs vidéos dépassent largement les 100.000 vues et le média lui a permis de reconstruire une présence très forte sur les réseaux sociaux avant son retour sur France Inter.
Ce parcours explique aussi pourquoi la station ne recrute pas seulement une ancienne vedette de Canal+. À 59 ans, Maïtena Biraben arrive avec près de quatre décennies de métier et une image moins dépendante de la télévision qu’à l’époque du « Grand Journal ». France Inter la présente comme une « cheffe de bande » capable d’être populaire sans renoncer au fond, avec suffisamment de métier pour tenir une heure et demie quotidienne sans transformer la culture en cours magistral.
France Inter lui confie une case toujours très puissante
La pression ne viendra pas seulement de la comparaison avec Nagui. France Inter reste la première radio de France, malgré un léger recul lors de la dernière vague Médiamétrie. Comme Zaptv.fr le relevait le 10 juillet, la station affichait encore 6,91 millions d’auditeurs quotidiens, très loin devant RTL, même si elle perdait 92.000 auditeurs sur un an. Dans ce contexte, chaque modification d’une case importante est observée de près.
Le 11h-12h30 possède en outre une histoire particulière sur Inter. Laurent Ruquier, Stéphane Bern, Frédéric Lopez, Isabelle Giordano puis Nagui y ont successivement installé des rendez-vous où la culture pouvait côtoyer l’humour et l’actualité sans devenir une émission spécialisée. Nagui détient désormais le record de longévité de cette tranche avec douze saisons, ce qui explique pourquoi son remplacement constitue l’un des mouvements les plus scrutés du mercato radio.
Biraben ne cache pas l’enjeu. Après l’enregistrement d’un pilote cet été, elle s’est montrée particulièrement sûre de son coup, expliquant vouloir « gagner le match » et installer l’émission dans la durée. Cette confiance lui ressemble davantage que les faux airs d’humilité souvent servis avant une rentrée. Elle sait surtout qu’une première émission réussie ne suffira pas : le véritable verdict arrivera avec les audiences, lorsque Médiamétrie dira combien des fidèles de Nagui ont accepté de rester après midi moins une.
Le premier rendez-vous est fixé lundi à 11 heures. « Franche Culture » devra réussir un exercice assez simple à résumer et beaucoup plus difficile à accomplir : conserver les auditeurs d’une émission qui marchait tout en leur proposant quelque chose de suffisamment différent pour justifier le changement. Après douze ans de Nagui, France Inter ne demande donc pas à Maïtena Biraben de prendre sa place. Elle lui demande de faire oublier qu’il en avait fait la sienne.
« Franche Culture », avec Maïtena Biraben, à partir du lundi 24 août, de 11h à 12h30 sur France Inter et l’application Radio France.




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