« Giclez Courbet et on met ça » : Julien Courbet raconte son éviction de France Télévisions
Treize ans après son départ du groupe public, l’animateur de M6 revient sur une expérience qu’il qualifie de « plantade totale » et dénonce les méthodes employées, selon lui, pour l’écarter.
Julien Courbet n’a manifestement rien oublié de ses années France Télévisions. Invité du podcast « Jamais dit »d’Isabelle Farrugia, l’animateur est revenu sans détour sur son passage dans le service public, entre 2008 et 2013, et surtout sur les conditions dans lesquelles son aventure s’est terminée. Aujourd’hui solidement installé dans le groupe M6, où il présente notamment « Capital » depuis 2018 et « Ça peut vous arriver », il reconnaît que ce transfert depuis TF1 fut l’un des mauvais choix de sa carrière.
À l’époque, Julien Courbet quitte TF1 après quinze années passées sur la Une et débarque sur France 2 avec « Service maximum », installé en access prime time. L’émission ne trouve pas son public et disparaît rapidement, mais l’animateur reste plusieurs années dans le groupe en présentant notamment « Le 4e duel », « En toutes lettres » puis « Seriez-vous un bon expert ? ». Une période qu’il juge aujourd’hui beaucoup plus sévèrement : « La plantade totale, un mauvais choix », avait-il déjà résumé dans « Tout beau, tout n9uf » sur W9.
« Tu connais un ministre ? »
Au micro d’Isabelle Farrugia, Julien Courbet pointe surtout un fonctionnement qu’il affirme avoir découvert à son arrivée dans le groupe public. « J’allais à des rendez-vous, on me proposait des projets où l’on me demandait : “Tu connais un ministre ?” », raconte-t-il. Une façon de travailler qui, selon lui, tranchait radicalement avec ses années TF1. « Avec Étienne Mougeotte, ça durait deux minutes et on ne me demandait pas si j’étais copain avec X ou Y. »
L’animateur estime ainsi avoir payé son absence de réseaux auprès des responsables politiques et des dirigeants. Il insiste cependant davantage encore sur les circonstances de son éviction. Selon son récit, un haut responsable de France Télévisions aurait cherché à installer à l’antenne le feuilleton d’un proche et aurait lancé lors d’une réunion : « Giclez Courbet et on met ça. » Julien Courbet affirme avoir été informé de cette conversation par une personne présente et disposer d’un message permettant d’étayer sa version.
Une sortie qu’il n’a toujours pas digérée
C’est moins l’arrêt de son émission que la méthode qu’il dit avoir subie qui continue de l’agacer. Courbet affirme que sa direction aurait alors choisi de faire fuiter son départ dans Le Parisien très tard dans la soirée afin de l’empêcher de réagir immédiatement. Il parle aujourd’hui d’une « méthode de voyous » et assure qu’il aurait préféré une explication directe plutôt que cette sortie par la petite porte.
Quelques jours plus tôt, sur le plateau de « Tout beau, tout n9uf », l’ancien chroniqueur de Cyril Hanouna avait déjà dressé un bilan sans nuance de cette période. « Je ne pense pas être un homme de service public, je pense être un homme de privé parce que c’est une autre façon de réfléchir là-bas, et je n’étais pas très à l’aise », expliquait-il, ajoutant que, si c’était à refaire, il ne retournerait pas à France Télévisions.
Treize ans plus tard, Julien Courbet a largement rebondi. Il est devenu l’un des visages les plus présents de M6, entre « Ça peut vous arriver », « Capital », « Arnaques ! » et « À quel prix ? », tout en poursuivant son émission quotidienne sur RTL. Cet été encore, il était au cœur du concert « Solidarité Incendies » organisé par M6. Mais lorsqu’on lui demande quel fut le pire souvenir de sa carrière télévisée, sa réponse reste la même : France Télévisions.




Commentaires
0Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.