Jean-Luc Lemoine dézingue Bernard Montiel : « Si on n’a pas d’infos, il vaut mieux se taire »
Écarté de « Samedi d’en rire » après sept saisons, l’humoriste démonte la version de la production et règle ses comptes avec l’animateur qui le remplace. Il assure n’avoir encore rien signé ailleurs et prévient que son avocat pourrait désormais prendre le relais.
Jean-Luc Lemoine n’en avait visiblement pas terminé avec « Samedi d’en rire ». Quatre jours après avoir raconté sur Instagram avoir appris dans la presse qu’il ne présenterait plus l’émission de France 3, l’animateur est revenu longuement sur les explications fournies depuis par R&G Productions. Et sa version diffère sérieusement de celle de la société qui produit le programme depuis ses débuts.
R&G Productions avait justifié son remplacement par Bernard Montiel par la volonté de France 3 d’insuffler une « nouvelle dynamique » à l’émission. La société assurait également avoir demandé à plusieurs reprises à Jean-Luc Lemoine s’il souhaitait poursuivre l’aventure, sans obtenir de réponse définitive. Une explication qui permettait aussi de laisser entendre que l’animateur avait peut-être déjà la tête ailleurs. L’intéressé assure aujourd’hui que les choses ne se sont pas passées ainsi.
« J’avais raison de me poser la question »
Jean-Luc Lemoine confirme avoir appris dès le mois de mai que France Télévisions avait commandé deux saisons supplémentaires de « Samedi d’en rire ». Mais cette bonne nouvelle pour l’émission ne constituait pas pour autant une garantie personnelle : son contrat s’arrêtait fin juin et personne ne lui avait alors confirmé qu’il serait reconduit à la présentation. Une situation qu’il connaissait bien puisque, selon lui, le même scénario se reproduisait pratiquement chaque année, avec une décision qui tombait seulement en juin ou au début du mois de juillet.
C’est précisément pour cette raison qu’il dit avoir commencé à regarder ce qui pouvait se présenter ailleurs. Lemoine reconnaît avoir reçu plusieurs propositions et ne cache pas que certaines l’intéressent sérieusement. Il conteste en revanche l’idée selon laquelle il aurait laissé la production sans réponse malgré des sollicitations répétées. Et surtout celle selon laquelle son avenir aurait déjà été réglé loin de France 3. Au 23 août, assure-t-il, il n’avait encore « signé avec personne ».
Cette précision prend une importance particulière après les déclarations de Bernard Montiel. Celui qui va lui succéder à la tête de « Samedi d’en rire » avait relayé le communiqué de la production en évoquant les projets de Lemoine, selon lui préparés « depuis plusieurs mois » et susceptibles de se concrétiser dès septembre, « a priori sur W9 ». Le nom de Cyril Hanouna circule effectivement autour de l’avenir de Jean-Luc Lemoine, qui a longtemps travaillé à ses côtés, mais l’intéressé refuse que des discussions ou des propositions soient transformées en contrat déjà signé.
Bernard Montiel avait parlé de « pleureuses »
Les relations entre les deux hommes se sont encore tendues après une précédente publication de Bernard Montiel. Face aux réactions provoquées par l’éviction de Lemoine, le futur présentateur avait dénoncé des « fake news » et utilisé le terme de « pleureuses », supprimé ensuite de son message. Une sortie qui intervenait alors que Marc Toesca et Yoann Riou avaient annoncé qu’ils ne participeraient pas à la nouvelle formule de l’émission. Toesca avait notamment pris la défense de Jean-Luc Lemoine et attaqué très directement son remplaçant.
Lemoine n’a guère apprécié de voir Bernard Montiel intervenir à son tour sur les conditions de son départ et, plus encore, sur ses supposés projets professionnels. Sa réponse ne laisse cette fois aucune place à l’ambiguïté : « Dans un salon mondain, c’est rigolo de raconter n’importe quoi, mais sur un compte officiel, si on n’a pas d’infos il vaut mieux se taire. » Il accompagne la remarque d’une référence très ironique au « journaliste d’investigation Bernard Montiel », histoire de bien faire comprendre à son successeur ce qu’il pense de ses informations.
L’ancien animateur de« Samedi d’en rire » ne nie donc ni les contacts ni les propositions reçues depuis plusieurs mois. Il refuse simplement qu’ils servent aujourd’hui à expliquer a posteriori son remplacement sur France 3. Dans son récit, le problème n’est d’ailleurs pas tant la décision de la chaîne de changer de présentateur que la manière dont elle lui a été annoncée. Après sept saisons, c’est par la presse qu’il dit avoir découvert que Bernard Montiel allait prendre sa place.
L’avocat pourrait désormais entrer dans la danse
La polémique prend également une tournure plus sérieuse lorsque Jean-Luc Lemoine évoque les propos tenus ces derniers jours à son sujet. À ceux qui lui expliquent les règles parfois brutales de la télévision, l’animateur rappelle qu’il pratique ce métier depuis suffisamment longtemps pour savoir qu’aucune émission et aucun fauteuil ne sont éternels. Ce qu’il conteste, ce sont certains éléments avancés publiquement pour justifier son départ et les commentaires qui ont suivi.
Il ne compte d’ailleurs plus prolonger indéfiniment l’échange sur Instagram. « Pour la suite, je laisserai mon avocat parler avec eux », prévient-il. Jean-Luc Lemoine ne précise pas s’il a décidé d’engager une procédure et, en l’état, rien ne permet d’affirmer qu’une action judiciaire a été lancée. Mais le message adressé à R&G Productions et à ceux qui se sont exprimés sur son départ est suffisamment clair.
France 3 poursuit de son côté la préparation de la nouvelle saison de « Samedi d’en rire » avec Bernard Montiel. Celui-ci récupère une émission qui a déjà perdu plusieurs de ses visages historiques dans le sillage de l’éviction de Jean-Luc Lemoine. Quant à ce dernier, il confirme étudier plusieurs propositions pour la rentrée sans officialiser pour l’instant sa prochaine destination. L’hypothèse W9 existe bien, tout comme celle de retrouvailles avec Cyril Hanouna, mais elle reste à confirmer tant que l’animateur n’aura pas lui-même annoncé avoir signé.




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