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jeudi 22 octobre 2026· Newsletter· À propos· Contact
Médias

France Inter : Charles Alloncle accuse la direction d’avoir « capitulé » après le départ de Charles Sapin

Le député UDR de l’Hérault, rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, réagit vivement au retrait de l’éditorialiste de Valeurs actuelles. Il réclame désormais la démission de la direction de France Inter et entend remettre le pluralisme au cœur du débat.

France Inter : Charles Alloncle accuse la direction d’avoir « capitulé » après le départ de Charles Sapin

La crise autour de Charles Sapin n’en finit plus de faire des vagues. Alors que le journaliste de Valeurs actuelles a quitté France Inter après seulement deux chroniques dominicales, Charles Alloncle monte à nouveau au créneau. Interrogé par « Le Parisien », le député UDR de l’Hérault estime que la direction de la station a « capitulé dans cette affaire » et demande sa démission.

Ses déclarations interviennent quelques jours après la décision de Charles Sapin de mettre fin à son éditorial politique du dimanche matin. Le journaliste avait refusé la proposition de transformer ce rendez-vous en débat avec d’autres intervenants. Ce dimanche 27 septembre, son remplaçant, Hadrien Brachet, journaliste au Point, a donc signé sa première chronique à 7h40 sur France Inter.

« Une timide tentative de respecter le pluralisme »

Pour Charles Alloncle, le départ de Charles Sapin représente bien davantage qu’un changement de chroniqueur. Le parlementaire, qui a été rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, considère que l’arrivée du journaliste de Valeurs actuelles correspondait à l’une de ses préconisations en matière de pluralisme.

« J’ai donc apprécié cette timide tentative de respecter le pluralisme. Elle n’aura finalement tenu que deux semaines… », déclare-t-il au Parisien. Il estime désormais que la direction de France Inter a renoncé à cette orientation en mettant fin à la présence de Charles Sapin.

Le député va plus loin et réclame la démission de la direction de la station. Il juge notamment problématique qu’une chronique politique différente de la ligne éditoriale habituelle de France Inter puisse difficilement trouver sa place à l’antenne, même lorsqu’elle ne dure que quelques minutes et est programmée le dimanche matin.

Cette affaire est devenue, en quelques semaines, un nouveau front dans la bataille autour du pluralisme dans l’audiovisuel public. L’arrivée de Charles Sapin avait provoqué une forte contestation interne, jusqu’à deux journées de grève les 13 et 14 septembre. La direction de France Inter avait, de son côté, défendu ce choix au nom du pluralisme.

Alloncle attaque aussi la ligne de Radio France

Dans son entretien, Charles Alloncle élargit le tir à l’ensemble de l’audiovisuel public. Il reprend notamment son accusation d’une forme de « privatisation idéologique » des antennes publiques au profit de la gauche et de l’extrême gauche, particulièrement à Radio France.

Cette lecture relève de son analyse politique et ne constitue pas un constat établi de manière indépendante. Le débat sur le pluralisme des médias publics est toutefois bien au cœur de la commission d’enquête parlementaire dont Alloncle était le rapporteur et des tensions apparues à France Inter depuis la rentrée.

Le sujet avait déjà provoqué de nombreuses réactions à Radio France. La médiatrice de Radio France avait consacré plusieurs publications à l’arrivée de Charles Sapin, relayant les réactions d’auditeurs et la réponse de la direction. Dans l’une de ces publications, elle soulignait que les messages reçus faisaient apparaître des conceptions très différentes du pluralisme : certains auditeurs considéraient l’arrivée de Sapin comme un élargissement de la diversité des opinions, tandis que d’autres y voyaient une remise en cause de l’identité éditoriale de France Inter.

Charles Alloncle annonce par ailleurs vouloir formuler de nouvelles propositions sur plusieurs sujets liés à l’audiovisuel public : son financement, le pluralisme des antennes et les conflits d’intérêts au sein des entreprises publiques. Il prépare également la sortie de son livre « Je jure de dire toute la vérité », consacré notamment aux coulisses de la commission d’enquête dont il a été le rapporteur. L’ouvrage est annoncé en librairie le 30 septembre aux éditions Fayard.

Hadrien Brachet prend déjà le relais

Pendant que Charles Alloncle poursuit son offensive, France Inter a donc déjà tourné la page Charles Sapin. Hadrien Brachet, rédacteur en chef adjoint politique du Point, a assuré ce dimanche son premier éditorial à 7h40. La station confirme ainsi le maintien de ce rendez-vous politique dominical, mais avec un nouveau visage.

Le remplacement intervient après trois semaines de crise, marquées par la contestation interne, deux journées de grève et une tentative de sortie de crise autour d’un débat. Le 17 septembre, la direction avait proposé de transformer l’éditorial de Charles Sapin en participation à un débat programmé à un autre horaire. Sapin avait finalement annoncé le 19 septembre qu’il arrêtait son éditorial après deux numéros.

La polémique, elle, ne s’arrête donc pas avec son départ. Pour Charles Alloncle, cette séquence constitue au contraire un nouvel épisode du débat qu’il entend poursuivre sur le fonctionnement et le pluralisme de l’audiovisuel public.

 

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