« C’est loin mais c’est beau » : Charline Vanhoenacker prend la route pour France Inter
L'humoriste belge décroche un nouveau rendez-vous sur la radio publique : chaque semaine, elle ira prendre le pouls d'une ville entre chroniques dans la matinale et émission le samedi à 17 heures. Première étape : Besançon.
Charline Vanhoenacker ajoute une nouvelle case à un emploi du temps déjà bien rempli sur France Inter. À la rentrée, la journaliste et humoriste belge prendra les commandes de « C’est loin mais c’est beau », une émission itinérante qui l’emmènera chaque semaine dans une ville française. Pas question pour autant de délaisser Paris ou les studios de la Maison de la Radio : le nouveau rendez-vous vient compléter sa présence à l’antenne avec une formule qui lui permettra de renouer davantage avec le terrain et son premier métier, celui de journaliste.
Le titre donne immédiatement le ton. « C’est loin mais c’est beau » reprend une formule restée associée à Jacques Chirac, prononcée lors d’un déplacement en Corrèze en 2002. Une manière assez vanhoenackerienne de se moquer du regard parfois très parisien porté sur ce qui se passe au-delà de la capitale. Mais derrière la plaisanterie, France Inter installe un véritable dispositif éditorial : une ville visitée chaque semaine, des rencontres avec ses habitants, un invité et deux déclinaisons à l’antenne.
Du lundi au jeudi, à 9h30 dans « La Grande Matinale », Charline Vanhoenacker proposera ainsi une chronique enregistrée dans la ville de la semaine. Le samedi, à 17 heures, place à C’est loin mais c’est beau, dans une version longue laissant davantage de temps aux rencontres et à la conversation. L’humoriste résume elle-même cette drôle de mécanique comme une émission « à la fois hebdo et un peu quotidienne ». Une façon surtout de ne pas débarquer quelque part avec un micro pendant une heure avant de repartir : les différentes séquences doivent permettre de raconter progressivement une ville et ceux qui y vivent.
Charline Vanhoenacker retrouve le terrain
Le changement n’est pas anodin pour celle que les auditeurs de France Inter associent depuis plus de dix ans à l’humour politique. Avant de devenir humoriste à plein temps ou presque, Charline Vanhoenacker est journaliste. Diplômée de l’École supérieure de journalisme de Paris, elle a notamment travaillé pour la RTBF et suivi pendant plusieurs années la politique française comme correspondante à Paris. Avec cette nouvelle émission, elle revendique précisément l’envie de retrouver cette casquette.
Le principe ne consiste donc pas simplement à promener un micro dans les rues pour collectionner les bons mots. Vanhoenacker veut partir de la vie locale pour parler de sujets beaucoup plus larges. « Je voudrais aussi que ça soit le local qui parle du national », explique-t-elle. Une intention qui prend une dimension particulière alors que la France s’approche de l’élection présidentielle de 2027. Plutôt que de limiter cette année politique aux responsables de partis, aux sondages et aux studios parisiens, elle veut entendre ce qu’elle provoque dans les villes et chez leurs habitants.
L’ambition est aussi de remettre un peu de conversation là où le débat public tourne de plus en plus souvent à l’affrontement. Charline Vanhoenacker veut faire parler des gens qui ne pensent pas nécessairement la même chose et leur laisser le temps de s’écouter. Sans transformer pour autant France Inter en thérapie collective : l’humour restera au centre du dispositif. « Qu’on se marre aussi », prévient-elle. Ceux qui connaissent son goût pour l’ironie politique ne devraient pas être dépaysés.
La journaliste s’est même plongée dans les cahiers de doléances ouverts lors de la crise des Gilets jaunes, conservés aux Archives nationales, pour certaines des villes qu’elle visitera. L’idée est intéressante : revenir plusieurs années plus tard sur ce que les habitants avaient alors écrit, confronter ces demandes à la situation actuelle et mesurer ce qui a changé — ou pas. Une matière qui devrait permettre au programme d’aller un peu plus loin que la simple carte postale radiophonique.
Besançon pour ouvrir la route
La première destination sera Besançon. Charline Vanhoenacker y enregistrera l’émission en public jeudi 20 août à midi au Café Poste, accompagnée d’Aldebert, enfant du pays. Le chanteur servira de compagnon de route pour cette première étape, mais l’essentiel du programme reposera sur les rencontres réalisées dans la ville et les conversations avec ses habitants.
Les auditeurs en découvriront les premiers morceaux dans la matinale, avant la diffusion du rendez-vous du samedi. Le dispositif donne ainsi à Vanhoenacker plusieurs jours pour installer une ville à l’antenne plutôt que de tout concentrer dans une seule émission. Besançon ne sera d’ailleurs que le début du voyage, puisque Sète figure également parmi les destinations sur lesquelles elle a déjà commencé à travailler.
Ce nouveau rendez-vous arrive deux ans après une période beaucoup plus mouvementée pour l’humoriste sur France Inter. En juin 2024, « Le Grand Dimanche soir » avait disparu de l’antenne après la crise provoquée par le licenciement de Guillaume Meurice et le départ de plusieurs membres de l’équipe. Charline Vanhoenacker avait choisi, elle, de rester sur la station. Depuis, France Inter lui a conservé une place importante dans sa grille, notamment dans la matinale et avec « Bistroscopie », son émission d’entretien.
C’est loin mais c’est beau marque donc moins un retour qu’une nouvelle étape dans sa relation avec France Inter. La station lui confie un format qui mélange précisément les deux métiers qu’elle pratique depuis le début de sa carrière : le journalisme et l’humour. Avec, cette fois, une contrainte supplémentaire plutôt bienvenue pour une radio nationale : aller voir ce qui se raconte ailleurs.
Et à quelques mois d’une présidentielle qui risque de saturer rapidement les antennes, le pari n’est pas absurde. Plutôt que de demander une fois de plus à la France ce qu’elle pense depuis un studio parisien, Charline Vanhoenacker ira lui poser directement la question. À charge pour elle de prouver, chaque samedi à 17 heures, que c’est parfois loin, souvent compliqué, mais effectivement beau.




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