Radio Classique : Franck Ferrand rempile, Allain Bougrain Dubourg débarque
Près d’un million d’auditeurs par jour, une matinale en pleine forme et un journaliste toujours solidement installé : la radio du groupe Les Échos-Le Parisien ne chamboule pas sa grille mais s’offre tout de même quelques nouvelles voix.
Pour présenter sa rentrée, Radio Classique a choisi de prendre de la hauteur. Littéralement. Jeudi 10 septembre, la station du groupe Les Échos-Le Parisien avait donné rendez-vous à la presse au premier étage de la tour Eiffel. Une façon assez chic de dévoiler une saison 2026-2027 qui, elle, ne cherche surtout pas à dynamiter la maison. Quand les audiences montent, inutile de jeter le piano par la fenêtre.
La stratégie tient en deux mots : stabilité et réglages. Radio Classique sort en effet d’une saison solide. Sur la vague Médiamétrie avril-juin 2026, 978.000 auditeurs l’écoutaient chaque jour, soit une progression de 16 % par rapport à janvier-mars, pour 1,6 % de part d’audience. La durée d’écoute atteint 1h42 par auditeur. Et la matinale, nerf de la guerre radiophonique, affiche une croissance encore plus spectaculaire sur les publics recherchés par les annonceurs : +22 % en un an auprès des CSP+ et +57 % chez les 25-49 ans.
Dans ces conditions, David Abiker garde évidemment les clés du 7h-9h, après la matinale économique de Stéphane Pedrazzi entre 6h et 7h. Autour d’eux restent notamment Guillaume Tabard pour l’édito politique, Olivier Beaumont dans les coulisses de la politique, Hervé Gattegno à la revue de presse et les débatteurs d’« Esprits libres ». Une matinale où Radio Classique continue de jouer sa différence : beaucoup d’économie, de politique et de culture, mais sans transformer le studio en ring à punchlines toutes les trente secondes.
Franck Ferrand, indéboulonnable Monsieur Histoire
À 9 heures, changement d’époque. Franck Ferrand reprend « Les Grands Dossiers de l’Histoire » pour trente minutes quotidiennes, avant une seconde diffusion à 14 heures. Le programme est également proposé à 5h30. Au menu : rois, guerres, explorateurs, grandes affaires et personnages oubliés, racontés avec cette mécanique bien rodée qui a fait de Ferrand l’une des voix les plus identifiables de la station. La grille de cette semaine l’a ainsi envoyé de Saint Louis aux Ottomans à Toulon, de Churchill à la bataille de Platées, avant Tchaïkovski et l’abdication d’Édouard VIII.
Pas vraiment un débutant. Franck Ferrand a commencé à présenter des émissions d’histoire sur Europe 1 en 2003, avec « Les Histoires de l’Histoire », avant de devenir pendant des années le visage d’« Au cœur de l’histoire ». Il rejoint Radio Classique en 2018 et n’en bouge plus. Entre-temps, la télévision l’a installé dans le paysage avec « L’Ombre d’un doute »sur France 3 puis, depuis 2017, ses commentaires patrimoine sur le Tour de France.
À Radio Classique, l’Histoire est surtout devenue une machine numérique. La station est désormais la 7e radio la plus podcastée de France, avec plus de 3 millions d’écoutes mensuelles, et cite « Les Grands Dossiers de l’Histoire » parmi ses locomotives. Sur l’ensemble de son offre numérique, elle revendiquait également plus de 4 millions d’écoutes actives par mois au printemps, en hausse de 22 % sur un an.
Allain Bougrain Dubourg anime « Le Chant de la Terre »
Autour de Ferrand, la journée conserve l’architecture installée l’an dernier. Pauline Lambert prend le relais à 9h30 avec « Changez d’air » jusqu’à midi. Jean-Michel Dhuez s’installe ensuite avec « Harmoniques » de 12h à 14h. Après la deuxième demi-heure historique de Franck Ferrand, Élodie Fondacci déroule « Les Heures légères » de 14h30 à 18h. Laure Mézan retrouve à 20 heures « Le Journal du Classique », avant une soirée entièrement musicale.
La petite nouveauté se niche juste avant le jazz. Allain Bougrain Dubourg rejoint l’antenne chaque vendredi à 19 heures avec « Le Chant de la Terre ». Le journaliste, producteur et président de la Ligue pour la protection des oiseaux revient évidemment sur son terrain de jeu préféré : animaux, biodiversité et environnement. Les premiers numéros se sont intéressés aux oiseaux migrateurs puis aux guêpes. Une pastille courte, mais un nom suffisamment connu pour donner un peu de relief à une grille qui cultive davantage l’évolution douce que le grand chambardement.
Radio Classique peut se permettre ce luxe. Là où les généralistes changent animateurs, horaires et concepts à chaque rentrée pour tenter de récupérer quelques dixièmes de point, la station joue la fidélité. Sa grille renouvelée en 2025 a trouvé son public et les derniers chiffres lui donnent plutôt raison. Presque un million d’auditeurs quotidiens, une matinale qui rajeunit fortement son audience et des podcasts qui tournent à plein régime : difficile, dans ces conditions, de justifier une révolution.
Et Franck Ferrand résume presque à lui seul cette philosophie. À 9 heures, les autres radios parlent encore gouvernement, inflation, présidentielle ou embouteillages. Lui peut tranquillement raconter Barberousse, Charlotte Corday ou la Grande Guerre de Churchill. Puis revenir à 14 heures pour remettre cinq siècles dans la machine.




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