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jeudi 17 septembre 2026· Newsletter· À propos· Contact
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« La Grande Librairie » : Trapenard défend la carte blanche d’Adèle Haenel

Une semaine après la disparition du replay de France 5, l’animateur a profité de l’ouverture de son émission pour rappeler le principe de « Droit dans les yeux » : une parole d’artiste, libre et assumée dans les limites de la loi.

« La Grande Librairie » : Trapenard défend la carte blanche d’Adèle Haenel

Augustin Trapenard n’a cité ni Adèle Haenel ni France Télévisions. Il n’en avait pas vraiment besoin. Mercredi 16 septembre, à peine le générique de « La Grande Librairie » terminé sur France 5, le journaliste est revenu sur le principe de « Droit dans les yeux », cette carte blanche qui clôt chaque semaine son émission. Sept jours plus tôt, l’exercice avait viré au casse-tête pour le service public après la prise de parole d’Adèle Haenel sur Israël et la Palestine.

Venue présenter « Viser juste », l’ancienne comédienne avait commencé son texte en évoquant les violences sexuelles et la difficulté de briser le silence, avant de basculer sur le conflit au Proche-Orient. Elle avait affirmé qu’Israël commettait un « génocide en Palestine », accusé la France de complicité et appelé à « sanctionner Israël » et à « libérer la Palestine ». Augustin Trapenard avait simplement refermé la séquence en rappelant qu’il s’agissait d’une carte blanche « personnelle, libre ».

Le replay retiré quelques heures plus tard

La séquence avait bien été diffusée intégralement en direct. Mais le lendemain, France Télévisions avait retiré de france.tv l’intégralité de ce numéro de « La Grande Librairie ». Le groupe public avait expliqué avoir agi « à titre conservatoire »après plusieurs saisines de l’Arcom. En cause : l’article 35 de son cahier des charges, qui impose que les sujets prêtant à controverse soient présentés avec une diversité de points de vue. Dans le format « Droit dans les yeux », Adèle Haenel lisait seule son texte, sans contradicteur. France Télévisions avait donc contesté toute idée de censure tout en maintenant le replay hors ligne dans l’attente de l’examen du dossier par le régulateur.

Adèle Haenel avait très mal pris cette décision. Sur Instagram, elle avait estimé que la dépublication confirmait justement ce qu’elle dénonçait : la difficulté, selon elle, de prononcer publiquement certains mots ou de nommer certaines réalités. La polémique dépassait alors largement le contenu de sa prise de parole pour toucher au principe même de la carte blanche : peut-on laisser un artiste s’exprimer sans contradiction sur un sujet politique ou géopolitique tout en respectant les obligations particulières du service public ?

« On peut ne pas être d’accord »

Une semaine plus tard, Augustin Trapenard a choisi de répondre sur son propre terrain. Pas de règlement de comptes avec sa direction, pas de commentaire sur la décision de retirer le replay, mais une défense très nette du dispositif qu’il a installé lorsqu’il a repris « La Grande Librairie » en 2022.

Pour lui, la parole confiée à ses invités n’est ni celle d’un responsable politique ni celle d’un expert. C’est une parole d’écrivain ou d’artiste, avec ce qu’elle peut avoir de personnel, de fragile et parfois de dérangeant. « On peut ne pas être d’accord avec ce qui est dit, on peut contester, on peut interroger », a-t-il rappelé avant de poser le principe qui compte à ses yeux : « Chaque écrivain s’est exprimé en toute liberté, dans les limites de la loi. »

Le journaliste n’a donc pas validé le contenu de la carte blanche d’Adèle Haenel. Il a défendu son droit à l’existence dans une séquence clairement identifiée comme telle. Une nuance importante alors que France Télévisions, de son côté, raisonne avec les contraintes juridiques imposées à ses antennes sur les sujets controversés.

Augustin Trapenard a terminé sa mise au point par une formule qui résume assez bien le malaise provoqué par l’affaire : « Prendre la parole, c’est toujours prendre un risque. Souvenez-vous que donner la parole aussi. » Ce mercredi, « Droit dans les yeux » était toujours à l’antenne. C’est Catherine Meurisse, invitée pour sa bande dessinée « Le Clan de Walden », qui a pris place face à la caméra pour conclure l’émission.

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