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dimanche 30 août 2026· Newsletter· À propos· Contact
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« Je défends le droit aux vannes, même ratées » : Yann Barthès tente d’éteindre l’incendie de la canicule

Deux mois après avoir déclenché un tollé avec une séquence de « Quotidien » sur la canicule, Yann Barthès reconnaît une blague ratée. Mais pas question de battre complètement sa coulpe à la veille d’une rentrée sous haute tension.

« Je défends le droit aux vannes, même ratées » : Yann Barthès tente d’éteindre l’incendie de la canicule

Il aura attendu que le thermomètre redescende pour revenir sur l’incendie. À la veille de retrouver « Quotidien » sur TMC, lundi 31 août, Yann Barthès s’explique longuement dans « La Tribune Dimanche » sur la polémique qui lui avait pourri le début de l’été. Une séquence de quelques minutes, diffusée le 24 juin alors que la France suffoquait sous la canicule, avait suffi à transformer l’animateur en cible géante sur les réseaux sociaux. Deux mois plus tard, il reconnaît que la vanne n’était pas bonne, tout en refusant de céder sur l’essentiel : le droit de se planter en essayant de faire rire.

Ce soir-là, « Quotidien » s’amusait du rituel bien connu des journaux télévisés lorsque les températures s’emballent : thermomètres filmés sur les places, vacanciers à la recherche d’un peu d’ombre et habitants des derniers étages racontant leurs nuits impossibles. Yann Barthès avait alors expliqué que la chaleur constituait un événement « universel », capable de faire transpirer aussi bien Bernard Arnault qu’un ministre ou son voisin. Lorsqu’un micro-trottoir avait donné la parole à des habitants vivant sous les toits, le présentateur avait lâché un cinglant « Tout le monde s’en fout ! ». Sur le plateau, on avait ri. À l’extérieur, beaucoup moins.

Une mauvaise vanne devenue affaire d’État

La séquence avait été découpée, partagée des dizaines de milliers de fois et commentée jusque dans les rangs politiques. Ses détracteurs reprochaient surtout au présentateur de mettre sur le même plan ceux qui disposent de logements confortables, parfois climatisés, et les habitants des passoires thermiques ou les travailleurs exposés toute la journée à des températures extrêmes. La députée LFI Clémence Guetté avait dénoncé « l’indécence des privilégiés ». Ironie supplémentaire, Jean-Marc Jancovici, invité le même soir, avait lui-même recadré l’équipe lorsque Julien Bellver avait évoqué les difficultés à fermer ses volets à Paris : « Tout le monde n’habite pas à Paris », avait rappelé l’ingénieur.

Yann Barthès n’avait pourtant pas choisi l’apaisement le lendemain. Alors que les critiques enflaient, il avait remis une pièce dans la machine en insistant, sourire en coin, sur le fait que « tous » avaient encore chaud. Une manière de répondre par l’ironie qui avait évidemment relancé la polémique. Une pétition demandant symboliquement qu’on lui « coupe la clim » avait circulé et l’animateur raconte aujourd’hui avoir reçu des milliers de messages, dont certains extrêmement violents.

Deux mois plus tard, le ton a changé. Un peu. Barthès explique que la séquence visait d’abord les éternels micro-trottoirs météo et non les victimes de la chaleur. Mais il accepte aussi une règle assez simple du métier : lorsqu’une blague nécessite deux mois d’explications, c’est probablement qu’elle n’a pas fonctionné. « Ce magnéto n’a pas été compris, c’est donc qu’il était raté. Mais je défends le droit aux vannes, même ratées », reconnaît-il dans « La Tribune Dimanche ».

Le mea culpa s’arrête toutefois à cet endroit. L’animateur admet les critiques et accepte qu’on se moque à son tour de sa sortie. En revanche, il refuse de mettre sur le même plan la contestation de ses propos et le déferlement d’insultes qui a suivi. Il assure également ne pas avoir besoin qu’on lui explique que le dérèglement climatique frappe d’abord les plus fragiles et rappelle que « Quotidien » a reçu de nombreux scientifiques, militants et spécialistes de ces questions au fil des saisons. Sa réponse tient finalement en une formule : « Je ne suis pas pur. Qui l’est ? »

Une rentrée avec une bande largement remaniée

Cette opération déminage intervient surtout à quelques heures d’une rentrée qui ne ressemble pas tout à fait aux précédentes. « Quotidien » retrouvera TMC lundi 31 août, quasiment au même moment que Cyril Hanouna et « Tout beau, tout n9uf » sur W9. Comme Zaptv l’a déjà raconté, cette soirée donnera le véritable coup d’envoi de la nouvelle bataille de l’access. Après une saison où les deux hommes se sont régulièrement disputé le leadership des talk-shows, chaque chiffre du lendemain matin sera évidemment passé au microscope.

Barthès revient également avec une équipe sérieusement remodelée. Ambre Chalumeau, Maïa Mazaurette et Pablo Mira ont quitté l’émission, tandis que Salhia Brakhlia fait son retour dans la maison après plusieurs années à franceinfo et France 5. Ancienne reporter de « Quotidien », elle partagera désormais les grandes interviews avec Yann Barthès et jouera un rôle important dans la couverture politique de la saison. L’animateur ne cache pas son estime pour elle, qu’il considère comme l’une des meilleures intervieweuses du paysage audiovisuel.

Autour des piliers Jean-Michel Aphatie, Étienne Carbonnier, Julien Bellver, Paul Gasnier ou Willy Papa, plusieurs nouvelles têtes apparaîtront également. L’humoriste belge Sarah Lélé, déjà passée sur le plateau au printemps, rejoint régulièrement la bande. Manon Mariani, venue de France Inter où elle décryptait notamment l’actualité des réseaux sociaux, participera à l’édition du vendredi. Le renouvellement intervient alors que « Quotidien » doit également composer avec une cure d’économies : Bangumi a dû réduire la voilure et le nombre de primes prévus cette saison dans un contexte publicitaire beaucoup moins favorable.

La présidentielle, oui, mais pas à n’importe quel prix

Reste le gros morceau des prochains mois : l’élection présidentielle de 2027. Depuis plusieurs années, « Quotidien » traîne une drôle d’étiquette. Ses adversaires lui reprochent d’être trop politique quand Yann Barthès, lui, répète que son émission parle autant de culture, de médias, de société ou de divertissement. La campagne qui s’ouvre va pourtant rendre la frontière de plus en plus difficile à tenir.

Pour décider quels responsables politiques seront invités, l’équipe devrait reprendre une méthode déjà utilisée lors des européennes : en discuter collectivement au sein de la rédaction. Barthès pose surtout une condition particulièrement difficile à remplir pour organiser une véritable séquence présidentielle : que tous les principaux candidats acceptent de venir. Il imagine mal Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se plier facilement au même exercice et prévient qu’il n’est pas question de remplir le plateau avec des représentants de deuxième rang lorsque les candidats eux-mêmes refusent l’invitation.

Le présentateur assume également l’étiquette de « bien-pensant » régulièrement utilisée contre lui. Si elle signifie défendre l’antiracisme, l’humanisme, les minorités ou des valeurs progressistes, dit-il en substance, il ne voit aucune raison de s’en excuser. À 51 ans, Yann Barthès paraît beaucoup moins préoccupé par l’idée de convaincre ceux qui le détestent que par celle de continuer à fabriquer l’émission qu’il veut. Il assure d’ailleurs qu’il ne s’imagine pas encore assis derrière cette table dans dix ans.

Pour l’instant, « Quotidien » repart pour une nouvelle saison. Avec une bande renouvelée, une présidentielle à couvrir, Hanouna installé en face et cette polémique estivale qu’il aimerait désormais ranger au rayon des vannes qui ont mal tourné. Yann Barthès reconnaît avoir raté son coup. Pas question, en revanche, de promettre qu’il cessera de tirer.

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