L’affaire Guillaume Pley : le fondateur de « Legend » contre-attaque en justice
Mis en cause par plusieurs enquêtes sur son management et d’anciens échanges présumés avec des mineures, Guillaume Pley passe à l’offensive. « Le Monde », « Les Inrockuptibles » et le youtubeur TPZ sont désormais dans son viseur.
Cette fois, Guillaume Pley ne répond plus avec une story Instagram. Après plusieurs semaines de révélations et de témoignages mettant en cause son comportement passé, l’animateur et fondateur de « Legend » a décidé de porter l’affaire devant la justice. Son avocate a annoncé le dépôt de plaintes en diffamation contre « Le Monde », « Les Inrockuptibles » et le youtubeur TPZ, trois des médias ou créateurs qui ont récemment publié des enquêtes à son sujet.
La contre-offensive intervient alors que la polémique a pris une tout autre dimension depuis le début du mois d’août. Guillaume Pley, 41 ans, n’est plus seulement interrogé sur ses méthodes de management, déjà mises en cause par StreetPress en 2023. Plusieurs publications se sont penchées sur des échanges en ligne qui lui sont attribués avec de très jeunes femmes et des mineures, remontant notamment à ses années NRJ. Des accusations que l’intéressé conteste en partie et auxquelles il avait déjà répondu publiquement le 7 août.
L’enjeu est considérable pour celui qui a réussi en quelques années une spectaculaire reconversion sur Internet. Après la radio et la télévision, Guillaume Pley a fait de « Legend » l’un des poids lourds français de l’interview sur YouTube, avec environ 3,7 millions d’abonnés. Politiques, artistes, sportifs, entrepreneurs ou anonymes viennent raconter leur parcours dans de longs entretiens qui cumulent régulièrement des centaines de milliers, voire des millions de vues. Une réussite qui a replacé son créateur au premier plan après son départ des médias traditionnels.
Des messages de 2011 au cœur de l’affaire
La situation s’est sérieusement tendue avec les dernières enquêtes publiées cet été. Début août, le youtubeur TPZ a consacré une longue vidéo à Guillaume Pley, revenant sur son parcours, le fonctionnement de « Legend », ses méthodes professionnelles et plusieurs témoignages le concernant. Les Inrockuptibles ont ensuite publié leur propre enquête, faisant notamment état d’accusations portant sur un environnement professionnel décrit par plusieurs témoins comme délétère, ainsi que sur des comportements passés de l’animateur.
Puis Le Monde a publié des éléments concernant des conversations en ligne à caractère sexuel attribuées à Guillaume Pley avec plusieurs mineures. L’une des conversations rapportées par le quotidien remonterait à 2011, lorsque l’animateur avait 26 ans, et concernerait une adolescente alors âgée de 14 ans.
Dans son communiqué publié le 7 août, Guillaume Pley avait reconnu que certains messages anciens pouvaient être considérés comme « inappropriés » et évoqué un « manque de discernement ». Il avait toutefois contesté être personnellement l’auteur de l’ensemble des échanges qui lui étaient attribués, expliquant que ses comptes sur les réseaux sociaux étaient à l’époque cogérés avec des membres de son équipe.
Cette ligne de défense est désormais prolongée sur le terrain judiciaire. Son avocate conteste des accusations qu’elle qualifie de « graves et mensongères » et affirme disposer d’éléments matériels pour soutenir la version de son client. Les plaintes en diffamation devront désormais suivre leur cours et il appartiendra à la justice, et non aux réseaux sociaux, de trancher les questions qui lui seront soumises.
« Legend », l’autre enjeu de la bataille
Derrière Guillaume Pley, c’est aussi « Legend » qui se retrouve exposé. Le média est devenu en trois ans une marque puissante sur YouTube et les réseaux sociaux. Sa force repose largement sur la personnalité de son fondateur, omniprésent à l’écran et indissociable de ses grandes interviews. Les accusations qui le visent dépassent donc nécessairement sa seule image personnelle.
Pour l’instant, rien ne permet cependant d’affirmer que cette affaire aura des conséquences durables sur l’activité ou les audiences de « Legend ». Les commentaires et prises de position qui se multiplient sur les réseaux sociaux ne constituent pas davantage une mesure fiable de l’opinion de son public. Je ne peux donc pas confirmer l’affirmation selon laquelle les fans de l’émission seraient divisés en deux camps, comme l’avançait le texte initial.
Une chose est en revanche acquise : la stratégie de défense a changé. Après avoir exprimé des regrets pour certains comportements tout en contestant une partie des faits rapportés, Guillaume Pley choisit désormais l’affrontement judiciaire. Le Monde, Les Inrockuptibles et TPZ vont devoir répondre devant la justice des publications qu’ils assument de leur côté comme le résultat d’un travail d’enquête.
L’affaire entre ainsi dans une nouvelle phase, forcément plus longue et beaucoup moins spectaculaire qu’une bataille de communiqués sur Instagram. Jusqu’ici, Guillaume Pley répondait aux accusations. Désormais, c’est lui qui accuse.




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