BREAKING
Rentrée télé 2026 : Télématin, Koh-Lanta, Quotidien, Hanouna… toutes les dates à retenir Ce soir à la télé : PSG-Rennes, Kevin Costner ou Ahmed Sylla, nos choix de ce dimanche Formule 1 : sur quelle chaîne suivre le Grand Prix des Pays-Bas ? Raphaël Glucksmann au 20H de TF1 : ce dimanche peut tout changer pour Léa Salamé « The Voice Kids » revient en baisse, France 3 rafle la mise avec une rediffusion « Télématin » : Maya Lauqué seule aux commandes, France 2 joue gros dès lundi « The Voice Kids » : Lila, la fille de Jamel Debbouze, avance sans plan B Rentrée télé 2026 : Télématin, Koh-Lanta, Quotidien, Hanouna… toutes les dates à retenir Ce soir à la télé : PSG-Rennes, Kevin Costner ou Ahmed Sylla, nos choix de ce dimanche Formule 1 : sur quelle chaîne suivre le Grand Prix des Pays-Bas ? Raphaël Glucksmann au 20H de TF1 : ce dimanche peut tout changer pour Léa Salamé « The Voice Kids » revient en baisse, France 3 rafle la mise avec une rediffusion « Télématin » : Maya Lauqué seule aux commandes, France 2 joue gros dès lundi « The Voice Kids » : Lila, la fille de Jamel Debbouze, avance sans plan B
⭐ Premium
lundi 24 août 2026 · Newsletter · À propos · Contact
TV

« Une volonté manifeste de nuire » : acculé, Guillaume Pley contre-attaque

Échanges avec de jeunes fans, années NRJ, accusations de racisme et de management toxique chez Legend : après des semaines de silence, l’animateur exprime ses « plus vifs regrets » et reconnaît des comportements « clairement inappropriés ».

« Une volonté manifeste de nuire » : acculé, Guillaume Pley contre-attaque

Guillaume Pley aura attendu que l’orage prenne de l’ampleur avant de répondre. Vendredi 7 août, l’ancien animateur de NRJ, aujourd’hui patron et visage de Legend, a publié sur Instagram un long message dans lequel il revient sur les accusations qui le visent depuis plusieurs semaines. Certaines concernent ses années de libre antenne et des échanges jugés ambigus avec de très jeunes auditrices, parfois mineures. D’autres touchent directement son entreprise, où d’anciens collaborateurs décrivent un management sous pression et un environnement dans lequel auraient circulé des plaisanteries racistes et sexistes. Pour la première fois, Guillaume Pley reconnaît certains dérapages, exprime des regrets, conteste une partie du tableau dressé de lui et accuse certains médias de chercher davantage le scandale que les faits.

La tempête s’est construite en plusieurs épisodes. Une première enquête s’est penchée sur les coulisses de Legend, devenu en trois ans l’un des podcasts les plus écoutés de France. Près de 200 vidéos publiées entre avril 2025 et avril 2026 ont notamment été analysées pour décrypter la mécanique du média lancé par Guillaume Pley en 2023. Avec près de 3,7 millions d’abonnés sur YouTube et quelque 8 millions d’auditeurs mensuels revendiqués sur les plateformes de podcasts, Legend est devenu une formidable machine à audiences. Anonymes aux parcours extraordinaires, entrepreneurs, médecins, vedettes ou responsables politiques comme Nicolas Sarkozy, François Hollande et Jordan Bardella : Guillaume Pley a construit son succès sur des entretiens longs, décontractés et revendiqués comme « bienveillants ». Mais l’enquête pointait aussi des interviews politiques jugées trop complaisantes, des méthodes de management contestées et certaines pratiques de monétisation.

Le 3 août, le youtubeur TPZ, suivi par plus de 170 000 abonnés, met en ligne une vidéo de 1 h 21 au titre sans ambiguïté : « Guillaume Pley : clap de fin d’une LEGEND ». Il y retrace le parcours de l’animateur et revient notamment sur ses méthodes de travail. La vidéo est temporairement retirée de YouTube après une réclamation concernant les droits d’auteur formulée par un membre de l’agence représentant Guillaume Pley, avant de réapparaître deux jours plus tard. Le 5 août, une troisième enquête, fruit de sept mois d’investigations, déplace cette fois le dossier sur un terrain beaucoup plus personnel en recueillant les témoignages de plusieurs femmes et d’anciens collaborateurs.

Des messages aux mineures qu’il juge « clairement inappropriés »

Deux jeunes femmes, désignées sous les prénoms de Louise* et Mina*, racontent avoir rencontré Guillaume Pley lorsqu’elles avaient 14 ans, à l’époque où il travaillait sur NRJ. Elles rapportent des échanges qu’elles considèrent aujourd’hui comme ambigus : l’animateur les aurait notamment appelées « baby », complimentées sur leur physique et aurait interrogé l’une d’elles sur sa vie intime. Mina affirme également qu’après sa majorité, Guillaume Pley lui aurait proposé un restaurant en lui disant : « Je pense qu’on aura très envie de s’embrasser. » Une troisième femme, Jennifer*, âgée de 19 ans à l’époque, raconte qu’au cours d’un stage effectué en 2013, l’animateur lui aurait demandé si elle avait « un mec » avant, affirme-t-elle, de poser quelques jours plus tard une main sur sa cuisse dans l’open space. Elle dit avoir quitté son stage au bout de cinq jours. Il s’agit de témoignages rapportés par les intéressées et Guillaume Pley n’en reconnaît pas l’intégralité.

Sur les messages adressés à de jeunes auditrices, sa réponse est beaucoup moins catégorique. « Même si ces messages n’émanaient pas tous de moi directement, car tous mes comptes sociaux étaient cogérés avec mon équipe, je tiens à exprimer les plus vifs regrets sur la manière dont nous nous adressions et échangeons avec nos publics, parfois mineurs », écrit-il. Un document interne de NRJ apporte d’ailleurs un élément de contexte à cette défense : plusieurs personnes disposaient bien d’un accès aux réseaux sociaux de la station. Une mise en demeure adressée par la direction juridique en mai 2018 reprochait notamment à un salarié d’avoir utilisé le compte Snapchat de NRJ afin d’envoyer des images à caractère sexuel à une auditrice.

Guillaume Pley ne se réfugie pourtant pas entièrement derrière la gestion collective de ses comptes. « Même si ces échanges avaient avant tout pour objet de les encourager à participer à notre émission et à relever les multiples défis que nous mettions en scène, ils étaient clairement inappropriés et manquaient de discernement », reconnaît-il. Il ajoute : « Je regrette profondément s’ils ont pu blesser ou mettre mal à l’aise. » Une formulation qui marque un changement de stratégie : après plusieurs semaines de silence, le patron de Legend reconnaît que certaines pratiques de l’époque n’étaient pas acceptables.

« Parfois sûrement trop loin » : Pley face à ses années NRJ

Ses années NRJ, entre 2011 et 2018, sont au centre d’une partie des accusations. Guillaume Pley s’était alors fait connaître avec une libre antenne nourrie de canulars téléphoniques, de défis et de séquences souvent trash ou sexualisées. Il ne renie pas cette période mais admet aujourd’hui que la recherche permanente de la provocation a pu conduire son équipe trop loin. « Pendant mes années de libre antenne, notre objectif était de faire rire en allant loin dans la provocation. Parfois sûrement trop loin », écrit-il. « Avec le recul, je comprends que ces comportements et concepts d’émission puissent choquer aujourd’hui. »

Pour expliquer cette évolution, Guillaume Pley met en avant le temps écoulé et son propre changement de regard. « Les membres de mon équipe et moi-même avions tous entre 20 et 30 ans à l’époque. J’ai 41 ans aujourd’hui, et deux enfants. Il est évident que je ne porte plus du tout le même regard sur ces comportements », explique-t-il. Avant cette phrase qui résume une bonne partie de sa défense : « Ce qui était peut-être acceptable à l’époque ne l’est plus. La société a changé depuis, et en bien. » Un argument qui permet à l’animateur de prendre ses distances avec ses années de libre antenne, sans répondre pour autant à chacune des accusations formulées par les anciennes auditrices.

Cette évolution est au cœur de sa stratégie. Guillaume Pley ne prétend pas que tout ce qui était diffusé ou pratiqué durant ces années serait encore défendable aujourd’hui. Il demande plutôt que cette période soit replacée dans le contexte des libres antennes des années 2010, où la surenchère et la provocation faisaient partie du spectacle. Mais en reconnaissant lui-même que certains échanges étaient « clairement inappropriés », il admet aussi que le changement d’époque ne suffit pas à tout justifier.

Racisme, sexisme, management : il défend Legend

Les accusations concernant Legend sont plus contemporaines et touchent directement l’entreprise qu’il dirige. Plusieurs anciens collaborateurs décrivent une pression professionnelle considérable, avec des messages envoyés de jour comme de nuit, des semaines pouvant atteindre selon eux 60 ou 70 heures, des nuits blanches pour terminer les montages et des salariés ayant fini par craquer ou connaître des situations d’épuisement professionnel. Plusieurs témoignages font également état de plaisanteries racistes ou sexistes dans les bureaux. Un tableau portant l’inscription « Qui sera le plus raciste ? » aurait même servi à comptabiliser les points lors d’un concours de blagues racistes. Une ancienne salariée affirme également avoir été affublée par certains collègues de surnoms à caractère raciste.

Sur ce terrain, Guillaume Pley refuse catégoriquement l’idée que de telles pratiques constituent la culture de Legend. « Aucun propos raciste, sexiste ou inapproprié n’est accepté au sein de Legend, même sous couvert d’humour potache », affirme-t-il. Sa formulation laisse néanmoins ouverte la possibilité que des incidents aient existé puisqu’il ajoute : « Et si certains propos ou comportements inappropriés ont pu avoir lieu, ils ont fait l’objet de sanctions comme il se doit. » Il conteste donc moins l’existence possible de comportements individuels que leur présentation comme un système installé ou toléré par la direction.

C’est sur les intentions qu’il prête à certains médias que son message devient le plus offensif. « Je ne cherche pas à effacer le passé », assure Guillaume Pley, avant de dénoncer « une volonté manifeste de nuire de certains médias qui préfèrent la caricature et la recherche du scandale au travail factuel ». Il affirme avoir choisi de ne pas « céder à cette surenchère » et vouloir désormais se « concentrer sur l’avenir, porté par la confiance de nos équipes et la fidélité de notre public ». Sa ligne de défense est désormais clairement posée : reconnaître les erreurs qu’il estime devoir assumer, contester le reste et refuser que l’homme de 2026 soit entièrement résumé à ses années de libre antenne.

L’affaire commence pourtant à dépasser sa seule personne. Ragnar Le Breton, annoncé parmi les participants au Legend Tour prévu cet automne, a annoncé sur Instagram son retrait après avoir pris connaissance des accusations, avant de supprimer sa publication. L’épisode est sensible pour un média qui s’est transformé en trois ans en véritable marque : vidéos, podcasts, livres, opérations commerciales et désormais spectacles. Legend s’est surtout construit autour d’un homme et d’une promesse, celle d’une parole libre obtenue grâce à la « bienveillance » de son intervieweur. Après cette succession d’enquêtes et la première réponse publique de Guillaume Pley, c’est désormais autant son passé que cette image qui se retrouvent sérieusement écornés.

* les prénoms ont été modifiés

Publicité

Commentaires

0

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.