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mardi 15 septembre 2026· Newsletter· À propos· Contact
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Emmy Awards 2026 : « Widow’s Bay » écrase la concurrence, « The Pitt » confirme et Jean Smart entre dans l’histoire

Quatorze trophées pour la nouvelle sensation d’Apple TV, Noah Wyle toujours roi des urgences et Jean Smart qui affole les compteurs : les séries que l’on regarde aussi en France ont fait la loi à Los Angeles.

Emmy Awards 2026 : « Widow’s Bay » écrase la concurrence, « The Pitt » confirme et Jean Smart entre dans l’histoire

Il y avait « Hacks », ses 24 nominations et son statut de poids lourd. « The Pitt », champion en titre côté drama, arrivait avec 25 citations. Mais la tornade de ces 78es Emmy Awards s’appelle « Widow’s Bay ». La comédie horrifique d’Apple TV a raflé 14 récompenses, nouveau record pour une comédie sur une seule édition des Emmy Awards. Elle fait mieux que « The Studio », qui avait établi la précédente marque avec 13 trophées. Une razzia d’autant plus spectaculaire que « Widow’s Bay » n’en est qu’à sa première saison.

Créée par Katie Dippold, la série raconte les mésaventures du maire d’une petite île de Nouvelle-Angleterre bien décidé à faire revenir les touristes. Petit problème pour l’office de tourisme : l’endroit est réputé hanté. Matthew Rhys se retrouve donc à la tête d’une commune où relancer l’économie locale peut rapidement tourner au cauchemar. Ce mélange de comédie noire et d’épouvante a convaincu les votants : meilleur programme comique, meilleur scénario pour Katie Dippold et meilleure réalisation pour Hiro Murai figurent parmi les trophées décrochés à Los Angeles.

La razzia s’étend aux comédiens. Matthew Rhys est sacré meilleur acteur dans une comédie pour son maire dépassé par les événements. Le Gallois réussit même un doublé exceptionnel en remportant également le prix du meilleur acteur dans une mini-série ou un téléfilm pour « The Beast in Me ». Stephen Root et Kate O’Flynn empochent de leur côté les deux trophées de seconds rôles dans une comédie. Aux États-Unis comme en France, le triomphe risque évidemment de donner une deuxième vie à la série : « Widow’s Bay » est disponible chez nous sur Apple TV depuis le 29 avril, avec ses dix épisodes déjà accessibles.

Jean Smart, huit Emmy Awards au compteur

« Hacks » n’a pas transformé ses 24 nominations en raz-de-marée, mais sa patronne reste indéboulonnable. Jean Smart remporte pour la cinquième fois consécutive l’Emmy de la meilleure actrice dans une comédie pour son interprétation de Deborah Vance, immense star du stand-up contrainte de se réinventer dans une industrie qui adore fabriquer des icônes avant de leur montrer la sortie.

À 75 ans, Jean Smart porte son total à huit Emmy Awards. Surtout, elle a gagné le prix de la meilleure actrice pour chacune des cinq saisons de « Hacks ». Une domination rarissime qui raconte aussi le poids pris par les séries américaines dans notre propre paysage audiovisuel. Les Emmy ne récompensent plus des programmes que le public français découvrira éventuellement des mois ou des années plus tard : une grande partie de leurs vainqueurs est désormais disponible presque simultanément chez nous sur les plateformes.

C’est particulièrement vrai pour « The Pitt ». La série médicale conserve son titre de meilleure série dramatique pour la deuxième année consécutive. Son dispositif est redoutablement efficace : une journée aux urgences d’un hôpital de Pittsburgh, racontée heure après heure, avec la pression qui monte à mesure que patients, médecins et infirmiers encaissent les coups. Un principe qui rappelle évidemment « 24 Heures chrono », appliqué à l’univers hospitalier.

Pour le téléspectateur français, le visage de son héros a surtout quelque chose de très familier. Noah Wyle, de nouveau sacré meilleur acteur dramatique, reste pour toute une génération le Dr John Carter d’« Urgences ». La série de NBC avait été l’un des grands rendez-vous de France 2 à partir de 1996 et avait contribué à installer durablement les séries médicales américaines dans les soirées de la télévision française. Trente ans plus tard, Wyle a simplement changé d’hôpital : dans « The Pitt », il incarne le Dr Michael « Robby » Robinavitch et participe également à la production exécutive. La série, initialement lancée en France sur Max, appartient désormais au catalogue HBO Max.

De « Pluribus » à « DTF St. Louis », les plateformes font leur marché

Face au rouleau compresseur « The Pitt », « Pluribus » réussit à se faire une place. La série dystopique de Vince Gilligan, créateur de « Breaking Bad » et co-créateur de « Better Call Saul » offre à Rhea Seehorn l’Emmy de la meilleure actrice dramatique. Elle y interprète une romancière misanthrope immunisée contre un phénomène qui a transformé le reste de l’humanité en population béatement heureuse. Gilligan repart également avec le prix du meilleur scénario dramatique.

Dans la catégorie des mini-séries, « DTF St. Louis » décroche le gros lot. Cette production HBO construite autour d’un triangle amoureux qui tourne très mal est élue meilleure mini-série. Là encore, le palmarès américain illustre une réalité qui concerne directement la France : Apple TV et HBO Max ne se contentent plus de récupérer les séries distinguées aux Emmy Awards, ils les produisent et les distribuent directement sur les principaux marchés internationaux.

Stephen Colbert, un trophée qui ne pouvait pas tomber à un meilleur moment

La télévision traditionnelle n’a pourtant pas totalement disparu derrière les plateformes. L’un des moments les plus chargés politiquement de la cérémonie est venu de Stephen Colbert. « The Late Show with Stephen Colbert » a remporté l’Emmy du meilleur programme de variétés après onze années de présence sur CBS. L’émission s’est arrêtée au printemps et sa dernière édition a été diffusée le 21 mai.

Colbert et son équipe ont reçu une ovation debout. Difficile, évidemment, de séparer ce trophée du contexte politique américain tant l’animateur a fait de Donald Trump l’une de ses cibles favorites. Mais il faut distinguer le climat politique de la raison officiellement avancée par CBS : la chaîne a justifié la suppression du « Late Show » par des considérations financières. Aucun élément établi ne permet d’affirmer que Donald Trump a obtenu ou provoqué la disparition de l’émission.

En France, cette 78e cérémonie avait elle-même retrouvé un chemin très classique vers le téléspectateur : Canal+ l’a diffusée en direct dans la nuit de lundi à mardi, avec le tapis rouge à partir de 1 heure puis la cérémonie à 2 heures. Une drôle de boucle pour une édition dominée par Apple TV et HBO Max : les plateformes raflent les trophées, mais une chaîne française reste encore la vitrine de la grande messe de la télévision américaine.

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