11-Septembre : David Pujadas raconte dans « C à vous » le direct qui a fait basculer la télévision
Vingt-cinq ans après les attentats du World Trade Center, l’ancien présentateur du 20 Heures de France 2 a replongé dans cette journée où les journalistes ont découvert la catastrophe en même temps que les téléspectateurs.
Il est devant les caméras et ne sait pas encore vraiment ce qu’il va devoir raconter. Un avion vient de percuter l’une des tours du World Trade Center. Accident ? Attentat ? À Paris comme à New York, personne n’a encore la réponse. Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, David Pujadas a raconté vendredi dans « C à vous » sur France 5 comment il avait vécu ces premières minutes d’un événement qui allait sidérer la planète.
À l’époque, le journaliste vient de prendre les commandes du 20 Heures de France 2. Lorsque l’antenne bascule sur New York, les images sont spectaculaires mais leur signification reste encore floue. « Au début, on ne comprend pas ce qu’il se passe. À ce moment-là, je suis persuadé que je vais faire une édition spéciale sur un accident », se souvient David Pujadas.
Quelques minutes suffisent pour que tout change. Le deuxième avion frappe la tour sud sous les yeux des caméras. Plus aucun doute possible. « C’est quand je suis sur le plateau que je comprends que c’est un acte criminel », raconte-t-il.
David Pujadas face à l’impensable en direct
Le programme prévu par France 2 n’a évidemment plus aucune importance. Les informations arrivent les unes après les autres et les journalistes doivent les comprendre, les vérifier et les raconter quasiment au même moment. Un autre avion percute le Pentagone, le vol United 93 s’écrase en Pennsylvanie et les deux tours du World Trade Center finissent par s’effondrer.
C’est toute la brutalité de cette journée : les journalistes ne disposent d’aucun recul. Comme les téléspectateurs, ils voient l’événement se construire devant eux. Sauf qu’eux doivent continuer à parler, donner du sens à des images qui n’en ont encore aucun et éviter de transformer les premières informations, parfois contradictoires, en certitudes.
David Pujadas était l’un des visages de cette télévision-là. Un direct sans mode d’emploi, dans lequel chaque nouvelle image pouvait rendre obsolète ce qui venait d’être expliqué quelques minutes auparavant.
Bruno Dellinger, du 47e étage à « C à vous »
Face à David Pujadas sur le plateau de « C à vous », un autre homme possède une mémoire beaucoup plus physique de cette matinée. Bruno Dellinger était au 47e étage de la tour nord du World Trade Center lorsque le premier avion a percuté l’immeuble à 8h46.
Après l’impact, le Français reste encore quelques minutes dans son bureau, répond à des appels et effectue des sauvegardes informatiques avant de décider de partir. Il descend alors les 47 étages par les escaliers. Une évacuation qui lui prendra près d’une heure.
« Moi je suis sorti, et eux ne sont pas sortis malheureusement », raconte-t-il dans « C à vous », en évoquant ceux qui n’ont pas eu sa chance.
Une fois dehors, Bruno Dellinger assiste à l’effondrement de la tour sud avant d’être rattrapé par l’immense nuage de poussière et de débris. Son témoignage, livré vingt-cinq ans après les attentats, raconte ce que les images de télévision ne pouvaient pas montrer : l’attente, la descente interminable des escaliers et la peur de ne pas sortir vivant du World Trade Center.
Le 11-Septembre, vingt-cinq ans après
Pour cette émission consacrée aux 25 ans des attentats du 11 septembre 2001, Mohamed Bouhafsi avait également convié Denis Peschanski, directeur de recherche émérite au CNRS. Trois regards sur une même journée : celui du témoin pris au piège dans la tour, celui du chercheur qui travaille sur la mémoire collective et celui du journaliste qui s’est retrouvé à devoir raconter l’événement en direct.
Le contraste entre les récits de David Pujadas et Bruno Dellinger reste saisissant. À New York, l’un descendait 47 étages pour sauver sa peau. À Paris, l’autre prenait place devant les caméras de France 2 en pensant couvrir un spectaculaire accident aérien.




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