Bertrand Chameroy brise le silence : "M'interner en psychiatrie m'a sauvé la vie"
Un an après son hospitalisation volontaire, le chroniqueur de "C à vous" raconte sans détour sa dépression. Un témoignage rare, bouleversant et sans tabou sur une maladie qui touche toutes les générations.
Toujours prompt à faire rire sur le plateau de C à vous, Bertrand Chameroy cachait pourtant une profonde détresse. Derrière les traits d'humour et l'énergie affichée chaque soir sur France 5, le chroniqueur traversait depuis plusieurs années une dépression qu'il refusait d'affronter. Jusqu'au jour où tout a basculé. Il y a un an, il a pris une décision radicale : se faire hospitaliser en psychiatrie. Un choix qu'il considère aujourd'hui comme celui qui lui a permis de reprendre sa vie en main.
Dans un témoignage d'une grande sincérité, l'ancien chroniqueur de Touche pas à mon poste ! raconte que les premiers signes de la maladie sont apparus brutalement, même si le mal était installé depuis longtemps. « Je suis quelqu'un d'assez jovial et joyeux au quotidien, mais à force de mettre la poussière sous le tapis, arrive le jour où je me suis un peu effondré intérieurement », confie-t-il. Pendant des années, il a continué à avancer, persuadé qu'il finirait par reprendre le dessus. Jusqu'à reconnaître qu'il n'y arrivait plus.
C'est alors qu'il choisit de franchir les portes d'un hôpital psychiatrique. Une décision mûrement réfléchie, loin de l'image souvent caricaturale que l'on peut avoir de ces établissements. « Je dis souvent que c'est le plus beau cadeau que j'ai pu me faire », explique-t-il, allant jusqu'à qualifier cette hospitalisation de choix indispensable pour sa survie.
À travers son récit, Bertrand Chameroy veut aussi casser les préjugés. Non, un service psychiatrique n'est pas uniquement peuplé de personnes souffrant de troubles spectaculaires. Il raconte y avoir rencontré des femmes et des hommes de tous âges, de tous horizons et de toutes professions, venus chercher de l'aide au moment où ils en avaient le plus besoin. Une réalité encore largement méconnue qui nourrit, selon lui, les peurs et les idées reçues autour de la santé mentale.
Un an plus tard, l'humoriste assure aller beaucoup mieux. Le chemin n'est pas terminé, mais il poursuit son suivi médical et a trouvé un nouvel équilibre. Le sport fait désormais partie intégrante de son quotidien. Une discipline qui lui permet d'évacuer la pression d'un métier particulièrement exigeant et de préserver un équilibre qu'il sait fragile.
Il insiste également sur le rôle essentiel joué par son entourage professionnel. Ses employeurs comme ses collègues ont immédiatement compris la gravité de la situation et lui ont apporté le soutien dont il avait besoin. Une bienveillance qui lui a permis de traverser cette période sans avoir à se cacher ou à culpabiliser.
Aujourd'hui, Bertrand Chameroy se dit « mieux armé » face à la maladie, tout en restant extrêmement vigilant. Il sait que la dépression ne disparaît pas d'un claquement de doigts et qu'elle exige une attention de chaque instant. En racontant publiquement son parcours, il espère surtout envoyer un message à celles et ceux qui souffrent en silence : demander de l'aide n'est pas un aveu de faiblesse, mais souvent le premier pas vers la guérison. Un témoignage rare, courageux et nécessaire, à l'heure où la santé mentale reste encore un sujet trop souvent entouré de silence.




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