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vendredi 23 octobre 2026· Newsletter· À propos· Contact
Séries

Dolmen, La Bicyclette bleue, Le Château des Oliviers : trois sagas à voir sur Madelen

Ingrid Chauvin sur une île bretonne, Laetitia Casta dans la France occupée, Brigitte Fossey face aux secrets d’un domaine provençal : l’INA remet trois grands feuilletons français à portée de clic. Lequel faut-il revoir en premier ?

Dolmen, La Bicyclette bleue, Le Château des Oliviers : trois sagas à voir sur Madelen
Wikimedia Commons / Wikipedia

Avant que les plateformes ne parlent de « séries événements », la télévision française avait ses sagas de l’été. Pendant plusieurs semaines, elles installaient des familles déchirées, des amours contrariées et des secrets assez lourds pour tenir jusqu’à la rentrée. Madelen, la plateforme de streaming de l’INA, a remis en circulation trois spécimens très différents de cette époque : « Dolmen », « La Bicyclette bleue » et « Le Château des Oliviers ».

Disponibles sur Madelen depuis le 1er juillet 2026, ces trois fictions rejoignent un catalogue annoncé à plus de 11 000 programmes. Leur retour ne relève pas seulement de la nostalgie. Il permet de revoir la manière dont TF1 et France 2 fabriquaient autrefois de grands rendez-vous populaires, avec des décors naturels, des vedettes immédiatement identifiables et un récit conçu pour alimenter les conversations d’une semaine à l’autre.

« Dolmen », l’île bretonne où personne ne dit toute la vérité

Diffusé sur TF1 en 2005, « Dolmen » reste le choix le plus efficace pour qui cherche un polar généreux en mystères. Marie Kermeur, policière incarnée par Ingrid Chauvin, revient sur son île natale afin d’y épouser Christian Bréhat. La cérémonie attendra : son frère est retrouvé mort et les menhirs du pays semblent saigner. Derrière le folklore breton se dessine une enquête où presque chaque famille protège une faute ancienne.

La mini-série en six épisodes assume les ingrédients qui ont fait la réputation du genre : paysages battus par le vent, notables peu bavards, passions interdites et révélations distribuées avec une régularité de métronome. Bruno Madinier mène l’enquête aux côtés d’Ingrid Chauvin, tandis qu’Yves Rénier apporte à cette histoire de vengeance sa présence bourrue. La réalisation est signée Didier Albert, sur un scénario de Nicole Jamet et Marie-Anne Le Pezennec.

Le premier épisode avait réuni plus de 12 millions de téléspectateurs, selon les chiffres rappelés par l’INA. Cette audience explique pourquoi « Dolmen » demeure l’un des emblèmes de la saga estivale des années 2000. Son charme tient moins à la vraisemblance de chaque péripétie qu’à sa façon de ne jamais s’excuser d’être un grand feuilleton populaire.

« La Bicyclette bleue », Laetitia Casta dans la tourmente de 1940

Avec « La Bicyclette bleue », France 2 avait choisi en 2000 une fresque historique en trois parties adaptée du roman de Régine Deforges. Laetitia Casta y joue Léa Delmas, dix-sept ans à l’été 1939, fille d’un propriétaire viticole bordelais et jeune femme persuadée que l’existence suivra ses désirs. Un mariage qu’elle n’accepte pas, la déclaration de guerre puis l’Occupation font voler cette insouciance en éclats.

Thierry Binisti filme une héroïne qui traverse la grande Histoire sans perdre son tempérament. Georges Corraface lui donne la réplique dans le rôle de François Tavernier. Jean-Loup Dabadie et Claude Pinoteau ont travaillé à l’écriture de cette adaptation, qui conserve le goût du romanesque tout en condensant fortement le matériau du livre. On y vient pour Laetitia Casta, alors au début de sa carrière d’actrice ; on y reste pour ce mélange de mélodrame, de chronique familiale et de récit de guerre.

La série a parfois les coutures visibles des productions de prestige de son époque. C’est aussi ce qui la distingue des fictions contemporaines, plus rapides et plus froides : elle prend le temps de montrer un monde qui disparaît, une propriété familiale menacée et une jeune femme obligée de choisir son camp.

« Le Château des Oliviers », une guerre d’héritage sous le soleil

En 1993, « Le Château des Oliviers » avait transformé un domaine provençal en champ de bataille familial. Brigitte Fossey incarne Estelle Laborie, revenue sur les terres de son enfance avec l’intention de restaurer une demeure abandonnée. Le projet réveille des rancœurs, des intérêts concurrents et des souvenirs que le soleil du Midi ne suffit pas à rendre aimables.

Face à elle, Jacques Perrin compose un adversaire dont l’histoire reste intimement liée au domaine. Georges Corraface figure également au générique de cette série réalisée par Nicolas Gessner et écrite par Frédérique Hébrard et Louis Velle. L’INA rappelle qu’elle avait attiré en moyenne plus de huit millions de téléspectateurs. Sur huit épisodes, elle déploie une mécanique moins criminelle que « Dolmen », mais tout aussi efficace : ici, une parcelle de terre, un mur ou un acte de propriété peuvent rallumer une guerre ancienne.

La Provence n’y sert pas seulement de carte postale. La chaleur, la pierre et les oliviers donnent au conflit son poids physique. Le feuilleton parle d’héritage et de reconstruction, mais aussi de la violence avec laquelle une famille défend le récit qu’elle s’est fabriqué.

Quelle saga choisir en premier sur Madelen ?

« Dolmen » est la porte d’entrée la plus immédiate : six épisodes, un meurtre dès le départ et un mystère qui multiplie les suspects. « La Bicyclette bleue » convient davantage aux amateurs de fresques historiques et de destins féminins pris dans la guerre. « Le Château des Oliviers », plus ample, séduira ceux qui préfèrent les querelles de famille, les paysages provençaux et les blessures transmises d’une génération à l’autre.

Ces trois séries sont proposées sur Madelen, le service de streaming de l’INA. Leur arrivée au catalogue donne surtout l’occasion de comparer trois âges du grand feuilleton français — 1993, 2000 et 2005 — sans les réduire à de simples curiosités d’archives. Les robes, les coiffures et certains dialogues ont vieilli ; le plaisir de découvrir qui ment autour de la table familiale, beaucoup moins.

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