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jeudi 10 septembre 2026· Newsletter· À propos· Contact
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TF1 sur Netflix : TF1 sur Netflix : le pari risqué de Rodolphe Belmer semble payer

En ouvrant ses chaînes et ses programmes au géant américain, TF1 jouait gros. Trois mois plus tard, TF1+ tient bon et le groupe se félicite d’une cannibalisation très limitée.

TF1 avait pris tout le monde de court. En juin dernier, le groupe ouvrait grand ses portes à Netflix avec un accord inédit : proposer ses chaînes et ses programmes directement aux abonnés français du géant mondial du streaming. Une alliance entre deux acteurs qui auraient encore été considérés comme des concurrents frontaux quelques années plus tôt. Avec une question évidente : pourquoi continuer à ouvrir TF1+ lorsque « Koh-Lanta », « The Voice », « Demain nous appartient » ou les autres locomotives du groupe peuvent être retrouvées dans l’univers Netflix ?

Trois mois plus tard, Rodolphe Belmer commence à sortir les chiffres. Et le PDG de TF1 se montre plutôt satisfait de son coup. Lors du Sommet Lumière organisé à Saint-Paul-de-Vence, le dirigeant a expliqué que le phénomène de « cannibalisation » entre Netflix et TF1+ restait inférieur à 10 %. Autrement dit, l’immense majorité de la consommation générée par Netflix viendrait s’ajouter à celle de la plateforme de TF1 plutôt que la remplacer.

Un résultat d’autant plus scruté que l’accord signé avec Netflix constitue une petite révolution dans le paysage audiovisuel. Depuis le 19 juin 2026, les abonnés Netflix en France peuvent accéder directement aux chaînes linéaires du groupe – TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI – ainsi qu’à une large sélection de programmes à la demande. Pour Netflix, qui s’est longtemps construit comme l’alternative à la télévision traditionnelle, accueillir des chaînes de télévision en direct marque un sacré changement de logiciel.

TF1+ ne se fait pas dévorer par Netflix

C’était précisément la crainte au moment de l’annonce. En installant ses contenus dans une plateforme qui compte déjà des millions d’abonnés français, TF1 risquait de fabriquer elle-même un raccourci permettant au public de ne plus passer par TF1+. Le groupe avait donc modélisé le phénomène avant le lancement. Selon les déclarations de Rodolphe Belmer, la fuite serait finalement beaucoup plus faible qu’anticipé.

La stratégie est claire : aller chercher les téléspectateurs là où ils se trouvent plutôt que tenter de les ramener à tout prix dans un environnement fermé. Netflix devient ainsi une porte d’entrée supplémentaire vers les programmes TF1. Le groupe conserve parallèlement TF1+ comme plateforme centrale, avec son catalogue, ses services et surtout son propre modèle publicitaire.

Les premiers résultats communiqués cet été avaient déjà conforté TF1 dans cette stratégie. Quelques semaines seulement après le lancement de l’accord, le groupe expliquait avoir atteint avec dix-sept mois d’avance ses objectifs d’audience à dix-huit mois sur Netflix. Dans le même temps, TF1+ continuait d’afficher de solides niveaux de fréquentation. Le 25 juin, la plateforme avait notamment enregistré 8,3 millions de streamers uniques en une seule journée, portée par plusieurs programmes forts du groupe.

Au premier semestre 2026, TF1 indiquait par ailleurs que TF1+ avait réuni en moyenne 42 millions de streamers mensuels, avec un pic à 44 millions en juin. Des chiffres qui permettent au groupe de défendre une idée simple : Netflix ne remplace pas nécessairement TF1+, il permet surtout d’élargir encore la distribution de ses contenus.

Le pari dépasse d’ailleurs largement la simple bataille entre deux applications. TF1 cherche depuis plusieurs années à transformer son modèle face à l’érosion progressive de la télévision linéaire et à l’explosion des usages à la demande. Plutôt que d’affronter frontalement Netflix, le groupe français a choisi de s’installer chez lui. Une stratégie qui ressemble de moins en moins à une reddition et de plus en plus à une nouvelle façon de distribuer la télévision.

Netflix observe évidemment l’expérience française de très près. Si les programmes de TF1 attirent de nouveaux usages sans provoquer de dégâts majeurs sur la plateforme du groupe français, le modèle pourrait donner des idées ailleurs. La France sert ainsi de laboratoire grandeur nature à une alliance qui aurait semblé franchement improbable au début de la guerre du streaming.

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