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lundi 24 août 2026 · Newsletter · À propos · Contact
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Que sont-ils devenus ? Philippe Risoli, la star du « Juste Prix » n’a pas dit son dernier mot

Vingt-cinq ans après son départ de TF1, l’animateur de 72 ans a largement dépassé la case nostalgie. Théâtre, chanson, livres et envies de télé : celui que la Une avait écarté a appris à rebondir.

Que sont-ils devenus ? Philippe Risoli, la star du « Juste Prix » n’a pas dit son dernier mot

Il suffisait d’entendre quelques notes du générique et de voir partir son micro dans les airs pour savoir que l’heure du Juste Prix avait sonné. Dans les années 90, Philippe Risoli faisait partie de ces animateurs que l’on ne présentait plus tant ils étaient entrés dans les habitudes des Français. Avec Le Millionnaire puis Le Juste Prix, son sourire, son débit et son fameux lancer de micro étaient devenus aussi familiers que les vitrines que les candidats tentaient de décrocher. Vingt-cinq ans après son départ de TF1, le costume est rangé et les caméras se sont éloignées, mais Risoli n’a pas pour autant choisi de vivre dans l’album souvenir de la télévision.

À 72 ans, l’ancien animateur vient même de remettre son parcours sous les projecteurs avec Jamais trop tard ! Mes années télé… et les autres, publié en mars 2026 aux éditions de l’Archipel. Trois ans après Dites bien à mon fils que je l’aime, livre beaucoup plus intime consacré notamment à son histoire familiale, il revient cette fois sur quatre décennies de métier, avec les succès, les rencontres et les coups beaucoup moins agréables encaissés en chemin. Une manière de raconter la télévision d’une époque où une émission pouvait transformer son présentateur en vedette nationale, avant que la même machine ne décide parfois de poursuivre sa route sans lui.

Philippe Risoli n’avait pourtant pas attendu TF1 pour faire ses premières armes. Après la radio, il arrive sur Canal+ en 1986 avec Star Quizz, puis rejoint la Une deux ans plus tard. Viva la vie, Jeopardy !, Intervilles ou encore Le Millionnairel’installent progressivement dans le paysage, jusqu’au tournant de 1992 lorsqu’il récupère Le Juste Prix après Patrick Roy. Pendant neuf ans, il devient indissociable du jeu et connaît ce que la télévision peut offrir de plus grisant : des audiences massives, une immense popularité et des téléspectateurs qui l’interpellent partout comme s’ils le connaissaient personnellement.

TF1 coupe le micro, Risoli change de scène

Le 11 juillet 2001, cette histoire s’arrête. L’arrivée prochaine de l’euro complique alors sérieusement un programme entièrement construit autour de prix exprimés en francs et TF1 décide de suspendre Le Juste Prix. Philippe Risoli pouvait imaginer perdre son émission, beaucoup moins disparaître avec elle de la chaîne où il travaillait depuis treize ans. Un appel d’Étienne Mougeotte met fin à l’aventure et, vingt-cinq ans plus tard, l’animateur assure toujours ne pas avoir obtenu d’explication véritablement satisfaisante sur les raisons de son éviction.

La période qui suit est forcément plus compliquée, mais elle va également révéler un Risoli beaucoup moins prévisible que le présentateur bien peigné des années TF1. En 2001, il sort l’album Autrement, dont un titre va connaître une postérité assez incroyable : Cuitas les bananas. La chanson devient rapidement un monument du kitsch télévisuel, régulièrement ressorti dans les bêtisiers et sur Internet, alors que son histoire est nettement moins rigolote que son refrain. Risoli l’avait écrite dans une période de spleen consécutive à son départ de TF1 et il faudra attendre plus de vingt ans pour que Julien Doré, en la reprenant dans une version dépouillée sur son album Imposteur, fasse réapparaître la mélancolie cachée derrière les fameuses bananas.

La télévision, de son côté, ne l’abandonne jamais complètement. Philippe Risoli participe à La Ferme Célébrités en 2005 avant de retrouver, entre 2009 et 2012 sur Gulli, un rendez-vous qui appartient lui aussi au patrimoine du petit écran : L’École des fans. Mais plutôt que d’attendre éternellement qu’une grande chaîne lui rende le fauteuil qu’il occupait autrefois, il choisit progressivement un autre terrain de jeu et monte sur les planches. On le retrouve notamment dans Piège à Matignon, la comédie cosignée par Jean-Pierre Pernaut, puis dans d’autres pièces où l’ancien animateur découvre le plaisir et le risque du spectacle vivant, sans prompteur et avec le public à quelques mètres de lui.

Expliquer ce que la célébrité avait laissé hors champ

Son retour médiatique de 2026 montre surtout un homme qui semble avoir digéré une bonne partie des frustrations de l’après-TF1. Philippe Risoli parle volontiers de ses années de gloire, mais sans donner l’impression de vouloir ressusciter à tout prix la télévision des années 90. Il regarde également avec curiosité ce qu’est devenu Le Juste Prix, relancé sur M6 avec Éric Antoine, dont il juge le travail positivement même s’il regrette certaines modifications apportées à la mécanique du jeu. Difficile, de toute façon, d’être totalement détaché d’une émission qui continue, un quart de siècle après son départ, à lui coller affectueusement à la peau.

Sa vie privée est longtemps restée beaucoup plus discrète que sa carrière. Philippe Risoli partage depuis de nombreuses années la vie de son épouse Anne et est père de jumeaux, Julia et Pierre. Avec le temps et ses deux livres, il a accepté d’entrouvrir davantage cette porte, notamment pour raconter une histoire familiale parfois douloureuse et expliquer ce que la célébrité avait laissé hors champ. Derrière le présentateur jovial capable de faire monter la température autour d’une machine à laver ou d’une voiture à gagner apparaît ainsi un homme qui a connu les mêmes ruptures, les mêmes deuils et les mêmes interrogations que ceux qui le regardaient chaque soir.

Reste évidemment la question que tous les anciens grands animateurs finissent par entendre : reviendrait-il à la télévision si on lui proposait un projet ? Philippe Risoli ne joue pas au faux blasé et n’a aucune raison de claquer une porte qui pourrait encore s’ouvrir. Lorsqu’on l’interroge sur cette possibilité, il renvoie d’ailleurs malicieusement au titre de son autobiographie : il n’est « jamais trop tard ». Pas question pour autant de reprendre n’importe quoi pour simplement retrouver la lumière, mais l’envie de télévision n’a manifestement pas complètement disparu.

C’est peut-être finalement ce qui résume le mieux son parcours depuis 2001. TF1 lui retire son jeu, il se met à chanter ; la télévision se fait plus distante, il monte sur scène ; une chanson longtemps moquée retrouve soudain une seconde jeunesse grâce à Julien Doré ; et au moment où l’on pourrait le croire définitivement rangé parmi les souvenirs des années 90, il publie un nouveau livre et reparle de son métier avec une gourmandise intacte. Philippe Risoli n’est plus l’homme que quatre millions de téléspectateurs retrouvaient devant Le Juste Prix, mais il n’a jamais vraiment quitté la scène. Et si un producteur venait demain lui proposer le bon projet, on parierait volontiers qu’il saurait encore quoi faire d’un micro.

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