« Je ne l’ai jamais vu mal se conduire » : Patrick Sébastien défend Patrick Bruel
Invité mardi soir de « Tout beau, tout n9uf » sur W9, l’ancien animateur de France 2 a parlé longuement de celui qu’il connaît depuis 1985. Un soutien personnel, mais assorti d’une ligne rouge : seule la justice doit trancher.
Patrick Sébastien connaît Patrick Bruel depuis plus de quarante ans. Forcément, lorsque Cyril Hanouna lui demande mardi 8 septembre, dans « Tout beau, tout n9uf », ce qu’il pense des graves accusations visant son ami, l’exercice est délicat. L’ancien animateur du « Plus Grand Cabaret du monde » ne cherche d’ailleurs pas à éluder la question. Il raconte l’homme qu’il a connu, rappelle ce qu’il n’a jamais vu et refuse surtout de transformer son témoignage personnel en verdict judiciaire.
Les deux hommes se rencontrent en 1985. Patrick Sébastien prépare alors sa tournée d’été et donne sa chance à Patrick Bruel, encore au début de sa carrière. Quatre décennies plus tard, ils sont toujours en contact. « On s’envoie des messages », précise-t-il, tout en assurant ne pas avoir discuté avec le chanteur du fond des accusations qui le visent. De cette époque, il garde l’image d’un séducteur, mais affirme n’avoir jamais été témoin d’un comportement qu’il aurait jugé inquiétant. « Je ne l’ai jamais vu mal se conduire, coincer une fille ou exagérer », explique-t-il.
« Je ne vais pas l’absoudre ni le condamner »
Interrogé plus directement sur son intime conviction, notamment par Gilles Verdez, Patrick Sébastien va plus loin. Il explique ne pas imaginer le Patrick Bruel qu’il a connu « violer, droguer, forcer quelqu’un », tout en prenant immédiatement une précaution essentielle : « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé depuis. » Ses souvenirs remontent aux premières années de la carrière du chanteur et il reconnaît lui-même qu’ils ne lui permettent évidemment pas de savoir ce qui a pu se produire plusieurs décennies plus tard.
Patrick Sébastien évoque également les rapports de séduction d’une autre époque, dont il estime qu’ils pouvaient être « plus pressants qu’aujourd’hui ». Mais il refuse d’en tirer une conclusion sur les affaires aujourd’hui instruites par la justice. « Je ne vais pas l’absoudre ni le condamner tant que je ne sais pas », insiste-t-il. Sa position consiste, dit-il, à respecter à la fois « sa présomption d’innocence » et « la présomption de sincérité des filles ».
Le propos tranche légèrement avec certaines prises de parole récentes de proches de Patrick Bruel. Quelques jours plus tôt, Mimie Mathy puis Dominique Besnehard avaient eux aussi refusé de condamner publiquement le chanteur. L’ancien agent avait cependant suscité un malaise en estimant que Patrick Bruel avait peut-être, avec l’âge, « moins compris qu’on lui dise non ».
Patrick Sébastien s’en prend au « tribunal médiatique »
Là où Patrick Sébastien se montre le plus ferme, c’est sur le traitement public de l’affaire. Pour lui, la multiplication des accusations est suffisamment sérieuse pour que la justice fasse son travail jusqu’au bout, mais elle ne doit pas conduire les médias ou les réseaux sociaux à prononcer une condamnation avant les magistrats. Il dit ainsi ne vouloir avoir « aucun a priori tant qu’on n’a pas déterminé si c’était vrai ou non ».
Patrick Bruel est actuellement mis en examen dans quatre dossiers pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel. Dans quatre autres procédures, il a été placé sous le statut de témoin assisté. Le chanteur, placé sous contrôle judiciaire, conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés et demeure présumé innocent.
Le 1er septembre, il a par ailleurs annoncé l’annulation des 35 concerts de sa tournée anniversaire « Alors regarde 35 », qui devait commencer en octobre. Une décision prise après plusieurs semaines de polémique et les prises de position de plusieurs élus opposés à sa venue dans leurs villes. Patrick Bruel avait alors précisé que cette annulation ne signifiait « en aucun cas » qu’il renonçait à se défendre.
Une tournée annulée, une amitié maintenue
Patrick Sébastien comprend cette décision, même s’il reconnaît avoir été étonné qu’elle intervienne aussi tard. Il explique que si les faits devaient être établis, maintenir des concerts pourrait alors être vécu comme une forme d’insulte par les personnes concernées. Mais là encore, il se garde de présenter cette hypothèse comme une reconnaissance de culpabilité.
Son intervention sur W9 tient finalement sur une ligne assez claire : il ne renie pas l’ami qu’il connaît depuis 1985, mais refuse de garantir ce qu’il ne peut pas savoir. « Je ne vais pas le condamner », dit-il en substance, sans davantage l’innocenter. Une position inconfortable mais assumée, alors que l’affaire Patrick Bruel continue de provoquer des prises de parole de plus en plus nombreuses dans le monde du spectacle.




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