Nathalie Renoux (M6) : « Je suis enthousiaste tous les jours »
Arrivée sur la Six en 2006 après LCI, la journaliste a accompagné la transformation du « 12.50 » en « 12.45 », vu naître le « 19.45 » et s’est imposée sans bruit comme l’un des visages les plus solides de la chaîne.
Vingt ans déjà. Le 28 août 2006, Nathalie Renoux présentait pour la première fois le « 12.50 » de M6. Elle arrivait de LCI avec l’expérience de l’information en continu, mais découvrait une rédaction encore jeune dans l’exercice du journal incarné. À l’époque, la Six s’était surtout fait un nom dans l’info grâce à son très efficace « Six Minutes ». Dans un entretien accordé à Puremédias/Ozap, la journaliste se souvient d’« une forme d’attente » autour d’elle et d’une pression qu’elle jugeait légitime : il fallait être à la hauteur.
Deux décennies plus tard, elle est toujours là. Pas au même endroit exactement, puisque le « 12.50 » est devenu le « 12.45 », que M6 a lancé entre-temps le « 19.45 » et que Nathalie Renoux a longtemps incarné les journaux du week-end avant de reprendre la tranche du midi en semaine en janvier 2023. Mais son visage est désormais indissociable de l’information de la chaîne.
Quand M6 a inventé ses propres JT
S’il fallait retenir un moment de ces vingt années, Nathalie Renoux n’hésite pas : 2009 et la création du « 12.45 » et du « 19.45 ». M6 part alors presque d’une page blanche et décide de ne surtout pas copier TF1 ou France 2. Présentation debout, sujets courts, rythme soutenu, pédagogie, consommation, tendances, nouvelles technologies : la chaîne construit des journaux à son image.
« C’est vraiment l’expérience la plus marquante que j’ai pu vivre », raconte-t-elle. C’est également à cette époque qu’apparaissent des rendez-vous comme « Expliquez-nous », destiné à répondre simplement aux questions que peuvent se poser les téléspectateurs. Les sujets de société, la mode, les jeux vidéo ou les nouveaux usages trouvent aussi davantage de place dans le journal.
La formule évoluera encore, les éditions s’allongeront et la rédaction prendra de l’ampleur, mais l’ADN restera sensiblement le même. Nathalie Renoux a accompagné toutes ces transformations sans jamais chercher à prendre plus de place que l’information elle-même. Une discrétion qui explique peut-être en partie sa longévité.
Et si vingt années d’antenne peuvent finir par user, elle assure n’avoir rien perdu de son plaisir. « Si je ne trouvais pas le même plaisir, il faudrait que je m’en aille », confie-t-elle. Le présentateur, rappelle-t-elle, n’est que la partie visible du travail des reporters et des journalistes de la rédaction. « Je suis enthousiaste tous les jours. »
Une notoriété arrivée presque sans s’en rendre compte
À force de déjeuner avec les Français, Nathalie Renoux a fini par devenir l’un de ces visages que les téléspectateurs ont l’impression de connaître. Elle reconnaît pourtant ne pas avoir immédiatement mesuré cette proximité. Au début, on l’arrêtait peu dans la rue. Aujourd’hui, après vingt ans sur la même chaîne, les choses ont changé.
« Quand je vais dans certains endroits, je vois qu’on me reconnaît », raconte-t-elle. Une petite notoriété, dit-elle, vécue sans gêne puisque les rencontres sont généralement « bienveillantes et sympathiques ».
Vingt ans de direct laissent forcément quelques souvenirs moins maîtrisés. L’un des plus mémorables remonte à ses années au week-end, lorsque le journaliste Franck Edard termine sa chronique puis rate une marche en quittant le plateau. Nathalie Renoux éclate de rire et tente tant bien que mal de lancer le sujet suivant. Le gag était toutefois moins drôle qu’il n’en avait l’air : son collègue souffrait d’une entorse du genou qui allait l’éloigner de l’antenne pendant trois semaines.
De « Enquêtes criminelles » à RTL
M6 n’est pas son seul terrain de jeu. Depuis 2015, Nathalie Renoux présente également « Enquêtes criminelles » sur W9. L’émission a régulièrement changé de formule, avec notamment des tournages sur les lieux des affaires. Elle est désormais accompagnée de Michel Mary, longtemps intervenant régulier des documentaires avant de la rejoindre en plateau. Un choix naturel selon elle, tant les deux se connaissent depuis longtemps et partagent une vraie complicité.
Entre 2023 et 2025, Nathalie Renoux s’est également offert une parenthèse radiophonique avec « Le Journal inattendu » sur RTL. Une expérience qu’elle dit avoir adorée, mais qu’elle a finalement abandonnée faute de temps. Entre le « 12.45 » en semaine, les interviews du vendredi et la préparation d’une heure de direct chaque samedi, l’emploi du temps était devenu intenable. « Je ne pouvais pas continuer plus longtemps. C’était trop. »
RTL lui avait aussi permis de croiser une vieille amie : Anne-Sophie Lapix. Toutes deux se connaissent depuis Sciences Po Bordeaux, ont poursuivi ensemble au CFJ, puis travaillé chez Bloomberg TV et LCI. Lapix avait d’ailleurs lancé le « 12.50 » de M6 quelques mois avant l’arrivée de Nathalie Renoux. Vingt ans plus tard, leurs trajectoires continuent de se croiser.
À 55 ans, Nathalie Renoux n’a jamais cherché à transformer sa présence à l’antenne en numéro de star. Elle a simplement traversé les époques, les décors, les formules et les changements de grille sans perdre ce qui l’avait amenée là en 2006 : l’envie de faire de l’information. Vingt ans plus tard, elle est toujours au rendez-vous. Et manifestement, toujours avec le même plaisir.




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