"In the Hand of Dante" : massacré par la critique, ressuscité par Netflix !
Avec un casting hallucinant et une ambition artistique démesurée, le film maudit revient de loin et affole déjà les curieux. Ce projet hors normes s’annonce comme l’un des objets ciné les plus déroutants de l’année.
Sur le papier, c’était un monstre. Oscar Isaac, Gal Gadot, Gerard Butler, Al Pacino, Jason Momoa, John Malkovich, Franco Nero… et même Martin Scorsese devant la caméra. Rarement un film aussi chargé en stars aura autant intrigué avant même sa sortie. Et pourtant, In the Hand of Dante a bien failli disparaître avant même d’exister.
Présenté en avant-première à la Mostra de Venise en 2025, le long-métrage de Julian Schnabel a pris une violente claque critique. Trop dense, trop complexe, trop opaque pour une partie de la presse. Résultat : une sortie cinéma quasi fantôme aux États-Unis, limitée à quelques salles. Une mise à mort express pour un film pourtant porté par un casting XXL et un réalisateur nommé aux Oscars.
Mais un an plus tard, retournement de situation : Netflix récupère le bébé et lui offre une nouvelle vie à partir du 24 juin. Une seconde chance pour ce projet aussi fascinant que chaotique.
Entre mafia, Vatican et Dante Alighieri
Difficile de résumer In the Hand of Dante sans perdre quelqu’un en route. Adapté du roman culte de Nick Tosches paru en 2002, le film joue sur plusieurs temporalités et plusieurs niveaux de lecture.
L’histoire démarre autour d’un manuscrit supposé authentique de La Divine Comédie de Dante Alighieri. Un trésor littéraire qui refait surface dans les bas-fonds criminels de New York après un passage par le Vatican. Nick Tosches, écrivain sulfureux et spécialiste des marges, est chargé d’en authentifier l’origine.
À partir de là, tout dérape. Le récit bascule entre trafic mafieux, collectionneurs obscurs, violence urbaine et quête spirituelle. En parallèle, le spectateur suit Dante lui-même au XIVe siècle, en pleine création de son œuvre monumentale. Deux récits qui se répondent, se superposent, se contaminent.
Un pari narratif énorme. Julian Schnabel pousse le concept jusqu’à la mise en scène : noir et blanc pour le présent, couleurs chaudes et organiques pour le passé. Une esthétique très marquée, fidèle au style du réalisateur du The Diving Bell and the Butterfly et de At Eternity's Gate.
Un casting royal… pour un film qui divise
Le cœur du film repose sur Oscar Isaac, qui porte un double rôle particulièrement ambitieux : Nick Tosches et Dante Alighieri. Une performance centrale autour de laquelle gravite une constellation de stars.
Gal Gadot, Gerard Butler, Al Pacino, Jason Momoa ou encore John Malkovich complètent un ensemble impressionnant. Le plus surprenant reste la présence de Martin Scorsese, qui passe exceptionnellement devant la caméra dans un rôle symbolique.
À Venise, beaucoup ont salué la photographie, la puissance visuelle et la mise en scène. Mais le scénario a été jugé labyrinthique, parfois presque hermétique. Avec ses miroirs narratifs, ses symboles religieux et ses personnages multiples, le film demande une vraie implication.
C’est peut-être ce qui fait sa faiblesse… ou sa singularité. Car dans un paysage saturé de suites, de franchises et de formats calibrés, In the Hand of Dante ressemble à un ovni. Un film imparfait, excessif, mais profondément libre. Et sur Netflix, ce genre de curiosité a parfois une seconde vie bien plus forte que dans les salles.




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