On a revu le premier épisode de « Heroes » vingt ans après : le choc !
Effets spéciaux fatigués, téléphones à clapet et personnages disparus du pilote : le temps a fait son œuvre. Pourtant, dès que Hiro hurle « Yatta ! », une évidence s’impose : cette série avait quelque chose en plus.
Vingt ans. Il suffit de relancer le premier épisode de Heroes pour prendre un sérieux coup de vieux. Pas besoin d’attendre les premières manifestations de pouvoirs surnaturels : les téléphones, les ordinateurs et quelques effets spéciaux se chargent immédiatement de nous rappeler que le pilote de la série a été diffusé le 25 septembre 2006 aux États-Unis.
À l’époque, personne ne parlait encore du MCU et les super-héros n’avaient pas envahi les plateformes. Tim Kring, lui, avait eu une idée aussi simple que redoutable : et si des gens parfaitement ordinaires découvraient, du jour au lendemain, qu’ils étaient capables de choses extraordinaires ?
Dès les premières minutes, on retrouve Peter Petrelli, incarné par Milo Ventimiglia, persuadé qu’il peut voler. Son frère Nathan, joué par Adrian Pasdar, a d’autres préoccupations et une carrière politique à protéger. À Odessa, au Texas, la jeune Claire Bennet teste méthodiquement les limites de son corps devant la caméra d’un camarade. Hayden Panettiere saute, se blesse et se brise les os avant de se régénérer sous nos yeux. « Save the cheerleader, save the world » n’a pas encore été prononcé, mais la série vient déjà de poser l’un de ses personnages les plus emblématiques.
Et puis il y a Hiro. Vingt ans plus tard, impossible de revoir ce pilote sans attendre LE moment. Dans un bureau japonais sinistre, Masi Oka fixe l’horloge accrochée au mur et tente désespérément de faire reculer le temps. Une seconde. Rien qu’une seconde. Lorsqu’il y parvient enfin, son « Yatta ! » explose dans l’open space. La scène a pris quelques rides, mais le plaisir reste intact. Hiro Nakamura était immédiatement attachant, drôle et émerveillé par ses propres pouvoirs. Il était surtout le seul à comprendre, avant tout le monde, qu’il venait peut-être de devenir un super-héros.
Revoir ce premier épisode réserve aussi quelques surprises. Où est Sylar ? Zachary Quinto, dont le visage deviendra indissociable du tueur de la série, est absent du pilote. Le personnage plane déjà sur l’histoire, mais reste une menace sans visage. Même étonnement avec Matt Parkman. Le policier télépathe incarné par Greg Grunberg n’apparaît pas dans l’épisode diffusé par NBC. Il faudra attendre la suite pour le découvrir. Un détail d’autant plus amusant qu’une première version du pilote comportait bien le personnage avant que l’épisode ne soit remanié.
Visuellement, soyons francs, Heroes accuse parfois son âge. Certains trucages qui impressionnaient en 2006 paraissent aujourd’hui franchement légers. Les incrustations, les envols et quelques effets numériques supportent mal le passage sur nos écrans actuels. Mais c’est presque secondaire. Heroes n’avait pas besoin de détruire une ville toutes les vingt minutes pour maintenir la tension. La série prenait son temps, passait d’un personnage à l’autre et installait progressivement l’idée que tous ces inconnus étaient liés.
C’était sa grande force. Peter était infirmier. Claire, lycéenne et pom-pom girl. Hiro, employé de bureau. Niki Sanders, incarnée par Ali Larter, tentait de survivre avec son fils et des problèmes d’argent. Mohinder Suresh, joué par Sendhil Ramamurthy, reprenait les recherches de son père assassiné. Aucun costume moulant, aucun milliardaire dans une armure et aucun dieu venu d’une autre planète. Juste des gens qui se réveillaient un matin avec un pouvoir qu’ils n’avaient jamais demandé.
En 2006, le public américain a immédiatement mordu. Le pilote rassemble 14,3 millions de téléspectateurs sur NBC et la première saison grimpera jusqu’à 16,03 millions pour son neuvième épisode. La série devient un phénomène et son vocabulaire entre dans la pop culture. Le « Yatta ! » de Hiro, la pom-pom girl indestructible et la menace de Sylar deviennent des références pour toute une génération.
Le plus troublant, vingt ans après, est peut-être de constater à quel point Heroes arrivait au bon moment. Les studios Marvel n’avaient pas encore lancé leur grand univers cinématographique interconnecté et les séries de super-héros restaient loin de l’abondance actuelle. Heroes proposait autre chose : un feuilleton sombre et addictif qui empruntait autant à la science-fiction qu’au thriller et au comic book. Des gens ordinaires, des destins qui se croisent et une catastrophe que personne ne comprend encore vraiment.
Depuis le 7 juillet, les quatre saisons de Heroes sont de nouveau disponibles sur Netflix en France. L’occasion était trop belle pour retourner au commencement. Oui, les effets spéciaux ont vieilli. Oui, certains détails hurlent « années 2000 ». Mais lorsque Hiro lève les bras dans son bureau et hurle « Yatta ! », on se souvient immédiatement pourquoi on avait enchaîné les épisodes. Vingt ans plus tard, le pouvoir fonctionne encore.




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