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lundi 24 août 2026 · Newsletter · À propos · Contact
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Hélène de Fougerolles : « J'ai longtemps cru que j'étais une mauvaise mère »

Dans "La Mère et l'assassin", disponible sur France.tv, l'actrice incarne une mère confrontée à l'impensable. Un rôle qui fait écho à sa propre histoire, marquée par la naissance de sa fille Shana, atteinte d'autisme.

Hélène de Fougerolles dans La Mère et l'assassin
Hélène de Fougerolles dans La Mère et l'assassin Photo : Pexels / Caleb Oquendo

Il y a des rôles qui bouleversent une carrière. D'autres qui remuent une vie entière. Pour Hélène de Fougerolles, La Mère et l'assassin, la mini-série disponible sur France.tv, appartient sans hésiter à la seconde catégorie. Dans ce thriller psychologique en quatre épisodes, la comédienne prête ses traits à Morgane, principale de collège dont l'existence bascule lorsque sa fille aînée disparaît sans laisser de trace. Une mère confrontée à l'impensable, rongée par les doutes et la culpabilité. Un personnage auquel l'actrice s'est identifiée avec une intensité rare.

« Je pense que c'est l'un des plus beaux rôles de ma carrière », confie-t-elle. « Tout était réuni : l'écriture, les dialogues, la complexité du personnage. J'avais l'impression qu'on me donnait enfin la possibilité d'explorer toutes les facettes d'une mère. » Une expérience d'autant plus forte que la fiction est venue réveiller une histoire très personnelle.

Depuis plusieurs années, Hélène de Fougerolles parle sans détour de sa fille Shana, aujourd'hui jeune adulte, atteinte de troubles du spectre autistique. En 2021, l'actrice avait déjà bouleversé le public avec son livre T'inquiète pas, maman, ça va aller, dans lequel elle racontait le long chemin parcouru pour comprendre le handicap de son enfant et accepter une réalité qu'elle avait d'abord refusée.

« J'ai vécu quinze ans avec une immense culpabilité »

Cette expérience intime irrigue aujourd'hui son interprétation de Morgane. « Pendant quinze ans, j'ai vécu avec une immense culpabilité », raconte-t-elle. « Je me demandais si j'étais une mauvaise mère, ce que j'avais raté, pourquoi je n'arrivais pas à aider ma fille comme je l'aurais voulu. »

Des interrogations qui résonnent directement avec celles de son personnage. Dans la série, Morgane se remet sans cesse en question après la disparition de sa fille. Aurait-elle pu éviter le drame ? A-t-elle commis une erreur ? Une mécanique psychologique qu'Hélène de Fougerolles connaît malheureusement très bien.

« La culpabilité est le pire sentiment qui existe chez une mère », explique-t-elle. « On se sent responsable de tout, même de ce qui ne dépend pas de nous. »

Pour préparer ce rôle, la comédienne s'est livrée à un exercice particulièrement éprouvant. « Je me suis demandé comment je réagirais si Shana disparaissait du jour au lendemain. Rien que d'y penser, c'était insupportable. » Cette projection permanente a nourri son jeu, sans jamais tomber dans le mélodrame.

Le tournage, organisé dans le sud de la France, près de son lieu de résidence, lui a permis de conserver un certain équilibre. « Le fait d'être près de chez moi m'a beaucoup aidée. Je pouvais rentrer le soir, retrouver mes repères et ma famille. Sans cela, je ne suis pas certaine que j'aurais réussi à porter une telle charge émotionnelle pendant plusieurs semaines. »

Une mère... même sur les plateaux

Sur le plateau, Hélène de Fougerolles n'a pas seulement incarné une mère devant la caméra. Elle a aussi adopté une attitude protectrice envers les jeunes comédiennes qui interprètent ses filles, notamment Vittoria de Savoie, la fille de Clotilde Courau et d'Emmanuel-Philibert de Savoie.

« J'ai toujours un côté très maternel avec les jeunes acteurs », reconnaît-elle avec le sourire. « J'aime les rassurer, les écouter, leur transmettre ce que j'ai appris. Et eux me font découvrir leur génération, leur façon de penser, leur liberté. »

Cette bienveillance, elle l'assume pleinement. « J'adore être entourée de jeunes. Ils m'obligent à me remettre en question et à regarder le monde autrement. »

Une fiction qui dépasse le thriller

Si La Mère et l'assassin repose sur une intrigue policière haletante, Hélène de Fougerolles estime que la série parle avant tout de la famille, de la transmission et des blessures invisibles que chacun porte en soi.

« Ce qui m'a bouleversée, ce n'est pas seulement l'enquête. C'est la façon dont cette femme tente de continuer à vivre alors que tout s'effondre autour d'elle. »

À travers Morgane, l'actrice livre sans doute l'une de ses interprétations les plus personnelles. Une performance nourrie par sa propre histoire, ses blessures, ses doutes et son expérience de mère. Une intensité qui donne à cette mini-série une résonance particulière et confirme, une fois encore, qu'Hélène de Fougerolles excelle lorsqu'elle brouille la frontière entre la fiction et l'intime.

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