Tomer Sisley : « À six ans, les flics me ramenaient chez moi »
En pleine lumière avec « La Cible » sur TF1 après « GIGN », l’acteur raconte à Isabelle Ithurburu d’où lui vient ce besoin d’action et d’adrénaline qui ne le quitte jamais.
On connaît Tomer Sisley suspendu à un câble, lancé sur une moto ou courant après des types qui lui veulent rarement du bien. On le connaît moins en petit garçon de six ans, seul dans le métro berlinois. Invité du portrait de « 50’ Inside » sur TF1, le comédien a laissé tomber l’armure devant Isabelle Ithurburu.
L’entretien se déroule dans sa maison de campagne, son sas de décompression lorsqu’il quitte les plateaux. Encore que le repos soit chez lui une notion assez relative : travaux, quads, paramoteurs, paddles, vélos, baby-foot, flippers… Sandra Sisley, son épouse, s’amuse d’ailleurs de cette incapacité à rester en place. « Le vide, ça vous angoisse ? », lui demande Isabelle Ithurburu. La réponse fuse : « Ce n’est pas que ça m’angoisse, ça me fait chier. On n’a qu’une vie et elle passe tellement vite… Moi je veux la remplir, je veux remplir toutes mes journées comme si c’était la dernière. »
Difficile de trouver meilleure définition du personnage. Cet été, Zaptv racontait déjà comment Tomer Sisley avait décroché avec « GIGN » l’un des rôles dont il rêvait. Dans la série Netflix, l’acteur incarne David, chef de groupe de l’unité d’élite, un univers qu’il connaît d’autant mieux qu’il entretient depuis une quinzaine d’années des liens étroits avec plusieurs membres du véritable GIGN.
Quelques semaines plus tard, changement de chaîne mais pas vraiment de régime. TF1 l’a installé à la tête de « La Cible », son nouveau thriller en six épisodes avec Fauve Hautot. Sisley y incarne Hugo Meyer, un ex-garde du corps dont l’ex-femme et les deux enfants sont kidnappés. Rapidement soupçonné par la police, il prend la fuite et se lance à leur recherche. Une nouvelle course contre la montre taillée pour un acteur qui aime visiblement autant les cascades que ses personnages.
Une enfance seul dans Berlin
C’est précisément en évoquant cette attirance pour le danger qu’Isabelle Ithurburu touche un point beaucoup plus intime. « Vous voulez me faire pleurer ? », lâche Tomer Sisley, visiblement ému. Puis il raconte.
Ses parents se séparent lorsqu’il a cinq ans. Il reste alors vivre avec sa mère à Berlin mais grandit largement livré à lui-même. « Je prenais le métro tout seul à l’âge de six ans. Je me perdais dans Berlin à six ans et les flics m’ont ramené à la maison à plusieurs reprises. Donc je vous laisse imaginer le reste… »
À neuf ans, son père le récupère. Un homme peu démonstratif, « un ours » selon Sisley, mais dont il dit n’avoir jamais douté de l’amour. « Il m’a donné tout l’amour qu’il pouvait et il m’a enseigné plein de choses. » Pas de grandes déclarations chez les Sisley père et fils. L’affection passe autrement.
C’est aussi pour attirer son regard que le jeune Tomer commence à multiplier les sports à risques. Ski, bosses, compétitions : il veut faire ce que les autres n’osent pas faire pour obtenir cette reconnaissance paternelle. « Je vais faire des choses que les autres ne font pas pour qu’il soit obligé de reconnaître que c’était pas mal ce que j’ai fait. » Son père le lui dira finalement, mais beaucoup plus tard.
De « GIGN » à « La Cible », toujours à fond
Trente ans plus tard, la mécanique n’a pas complètement disparu. Sur un plateau, Tomer Sisley préfère encore donner de sa personne plutôt que regarder sa doublure faire le boulot. Une manière de travailler qui lui a déjà valu quelques souvenirs douloureux, notamment sur « GIGN », où l’acteur s’est retrouvé au cœur d’un tournage particulièrement physique.
Même scénario avec « La Cible ». Pour les besoins de la fiction de TF1, tournée notamment à Toulouse, il a enchaîné courses-poursuites, combats et cascades. Le comédien s’est notamment blessé au mollet pendant la préparation d’une scène spectaculaire sur le Pont-Neuf, entraînant une interruption du tournage.
Le pari a en tout cas démarré fort pour TF1. Comme le relevait le radar des audiences de Zaptv au lendemain du lancement, les deux premiers épisodes de « La Cible » ont réuni en moyenne 3,66 millions de téléspectateurs, soit 23,3 % du public. Le premier épisode a même attiré 3,91 millions de curieux. Sur la cible stratégique des FRDA-50, la Une a affiché 21,7 %. Trois ans après la fin de « Balthazar », Sisley a donc retrouvé son public sur TF1.
Derrière l’action et les gros bras, « 50’ Inside » a surtout montré ce qui nourrit depuis longtemps ce besoin de mouvement permanent. À 52 ans, Tomer Sisley est désormais père au sein d’une famille recomposée de trois enfants. Et lorsqu’Isabelle Ithurburu lui demande ce qui représente aujourd’hui son plus gros défi, il ne parle ni du GIGN, ni d’un saut dans le vide, ni d’une cascade en moto : « C’est très compliqué les familles recomposées. Il faut réussir à trouver sa place. Et il faut comprendre quelle place on nous laisse. »




Commentaires
0Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.