“Je les emmde” : Taylor Sheridan déclare la guerre aux critiques… et assume tout
Le cerveau derrière l’empire « Yellowstone » ne veut ni plaire aux critiques, ni courir après les trophées. Son obsession ? Faire des séries pour “l’Amérique ordinaire”. Et tant pis pour Hollywood.
À Hollywood, peu de producteurs peuvent se permettre de parler aussi librement que Taylor Sheridan. Fort du succès colossal de Yellowstone et de ses multiples déclinaisons, le scénariste américain s’est offert une sortie aussi brutale que révélatrice sur sa vision de l’industrie. Invité dans le Bill Simmons Podcast, il a expliqué sans détour qu’il ne construit jamais ses séries pour plaire aux critiques ni pour séduire les jurys des grandes cérémonies.
Pour lui, la télévision doit d’abord parler au grand public. Taylor Sheridan revendique une approche populaire, presque anti-élitiste, loin des logiques de prestige qui dominent souvent le paysage des séries américaines. Il affirme raconter des histoires simples, accessibles, capables de toucher une Amérique qu’il juge trop souvent ignorée par les critiques spécialisées. Une position qu’il assume d’autant plus facilement qu’il sait son modèle rentable.
Le producteur va même plus loin : il reconnaît intégrer certains choix narratifs en sachant pertinemment qu’ils vont agacer les commentateurs. C’est notamment le cas avec Landman, où la place réduite accordée à Demi Moore dans la première saison a suscité de nombreuses interrogations. Taylor Sheridan explique qu’il avait anticipé ces réactions dès le départ, convaincu que son plan de long terme finirait par donner tout son sens à cette décision.
Selon lui, le personnage de Demi Moore prendra une dimension centrale dans la saison 2, une fois certains événements majeurs déclenchés. Une stratégie qui illustre sa manière de travailler : penser sur plusieurs saisons quand les critiques, eux, jugent souvent sur quelques épisodes.
Depuis le lancement de Yellowstone en 2018, Taylor Sheridan a bâti l’un des univers les plus puissants de la télévision américaine. Aux côtés de la série mère, les spin-offs 1883, 1923, The Madison ou encore Dutton Ranch prolongent un univers devenu une véritable marque. En 2026, plusieurs de ces séries sont déjà renouvelées, preuve de leur poids stratégique pour Paramount.
Taylor Sheridan assure d’ailleurs avoir posé les bases de cette collaboration dès son premier contrat avec le studio : pas de comité créatif, pas de validation collective, mais une liberté totale en échange de résultats. Une méthode qui tranche avec les usages d’Hollywood, mais qui a fait ses preuves.
Si son univers n’a jamais véritablement triomphé aux Emmy Awards, il a tout de même offert à Kevin Costner un Golden Globe du meilleur acteur en 2023 pour son rôle de John Dutton. Mais pour Taylor Sheridan, ces récompenses restent secondaires. Son objectif est ailleurs : créer des séries capables de faire vibrer, rire ou bouleverser des millions de téléspectateurs, sans chercher l’approbation des professionnels du secteur.
Une philosophie brute, presque provocatrice, qui résume parfaitement le personnage : dans un Hollywood obsédé par les trophées, Taylor Sheridan préfère les audiences. Et jusqu’ici, cela lui réussit plutôt bien.




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