« Je n’ai détruit personne » : la guerre explose en coulisses de « Plus belle la vie »
Mariem Hamidat, la showrunneuse écartée brutalement du feuilleton de TF1 après de lourdes accusations de management toxique, contre-attaque. Et sa riposte enflamme encore un peu plus la place du Mistral.
Le calme n’aura pas duré longtemps sur la place du Mistral. Depuis plusieurs semaines, les coulisses de Plus belle la vie, encore plus belle ressemblent à un champ de bataille. Au cœur de la tempête : Mariem Hamidat, ex-directrice de collection du feuilleton relancé par TF1, débarquée en mai avec son mari, le scénariste Thomas Fecchio, après un article-choc de Libération.
Le quotidien dressait alors un portrait glaçant de l’ambiance en salle d’écriture. Témoignages anonymes, accusations de pressions permanentes, humiliations répétées, intimidation psychologique, burn-out… Une mécanique toxique qui aurait profondément fissuré l’équipe créative de l’un des soaps les plus stratégiques du groupe TF1.
Silencieuse jusqu’ici, Mariem Hamidat a décidé de sortir de l’ombre. Dans un droit de réponse publié dans Libération et relayé sur ses réseaux sociaux, elle démonte méthodiquement les accusations. Sa ligne est claire : tout nier.
"Je n’ai jamais poussé personne au burn-out", affirme-t-elle, rejetant frontalement l’image d’une dirigeante destructrice. Selon elle, les témoignages anonymes ne reflètent "en aucun cas" sa réalité professionnelle. Elle conteste également les qualificatifs les plus lourds - "gourou", "emprise", "violence psychologique" -, et revendique un management basé sur "l’exigence éditoriale" et "le respect".
Mais derrière cette défense, c’est tout le système de fabrication des quotidiennes françaises qui vacille. Car Mariem Hamidat ne se contente pas de se défendre : elle renvoie la balle à la production elle-même. Selon elle, le problème dépasse largement son cas personnel. Elle évoque un modèle industriel sous tension, où les validations s’enchaînent entre producteurs, diffuseurs et équipes d’écriture, dans un rythme infernal.
Et c’est là que le dossier devient sensible. Car Plus belle la vie, encore plus belle n’est pas un programme comme les autres. Relancé en janvier 2024 après son arrêt sur France 3, le feuilleton est devenu l’un des piliers de l’access de TF1, avec une mécanique de production ultra-lourde : plusieurs épisodes écrits, tournés et livrés chaque semaine.
Autre accusation au centre de la polémique : le favoritisme présumé envers Thomas Fecchio, son mari. Là encore, Mariem Hamidat balaie. Même défense sur la question ultra-technique mais sensible des points SACD où certains dénonçaient une répartition opaque. Elle assure n’avoir jamais eu le pouvoir de décider seule.
Thomas Fecchio, lui aussi, a activé son droit de réponse. Même ligne de front : démenti total, dénonciation d’un procès à charge et rappel du caractère collectif du travail.
Mais une question demeure : cette crise est-elle un simple conflit humain… ou le symptôme d’un malaise plus profond dans la fiction quotidienne française ? À TF1, où le feuilleton reste un enjeu industriel majeur, cette affaire pourrait laisser bien plus de traces qu’un simple changement d’organigramme. Parce qu’au Mistral, les tempêtes ne restent jamais longtemps hors écran.




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