France Télévisions prépare un électrochoc : jusqu'à 1.000 départs volontaires à l'étude
Sous la pression de l'État, le groupe public planche sur un vaste plan d'économies. Objectif : réduire drastiquement la masse salariale tout en évitant de sacrifier davantage la création audiovisuelle.
Le chantier s'annonce colossal. Confrontée à une nouvelle cure d'austérité imposée par l'État, France Télévisions étudie une mesure qui pourrait profondément transformer le groupe : un plan de départs volontaires portant sur 1.000 équivalents temps plein, soit plus d'un salarié sur dix. Une piste qui, si elle était retenue, constituerait l'un des plus importants plans de réduction d'effectifs de l'histoire récente de l'audiovisuel public.
Selon les informations de Satellifacts, cette hypothèse est aujourd'hui sérieusement étudiée par la direction de Delphine Ernotte. L'idée est simple : réaliser des économies massives sans amputer davantage les budgets consacrés aux programmes, déjà fortement sollicités ces dernières années. Au total, le groupe compte 8.720 équivalents temps plein à la fin de l'année 2025. Supprimer 1.000 postes représenterait donc une baisse des effectifs de 11,4 %.
Pour les dirigeants, un élément joue en faveur de cette stratégie : la pyramide des âges. Le rapport annuel 2025 montre que 196 salariés ont déjà plus de 65 ans, 1.149 sont âgés de 60 à 64 ans et 1.762 ont entre 55 et 59 ans. Autant de collaborateurs susceptibles d'être intéressés par un départ volontaire. Si l'opération aboutit, les économies pourraient atteindre 70 à 80 millions d'euros par an à partir de 2028.
Cette option apparaît comme une réponse directe aux exigences budgétaires de l'État. Le ministère de la Culture a fixé un objectif de 47 millions d'euros d'économies dès 2027 et proposé plusieurs pistes pour y parvenir : 20 millions d'eurosde moins pour la création audiovisuelle, 20 millions supplémentaires sur les programmes de flux et le sport, ainsi qu'une dizaine de millions en mettant fin aux matinales filmées de France 3 et en réduisant la couverture TNT dans certaines zones montagneuses.
Des scénarios que la direction de France Télévisions juge difficilement applicables. Réduire une nouvelle fois le budget de la création, qui passerait de 400 à 380 millions d'euros, risquerait de provoquer une vive réaction des producteurs, déjà confrontés à plusieurs coupes budgétaires successives. Les émissions de flux et les retransmissions sportives constituent également des piliers de l'offre du groupe, ce qui limite les marges de manœuvre.
Le dossier est désormais entre les mains de Matignon, qui devra arbitrer entre une réduction massive des effectifs ou une nouvelle baisse des investissements éditoriaux. En attendant cette décision, les discussions s'accélèrent. Les dirigeants de France Télévisions doivent rencontrer les organisations représentant les producteurs audiovisuels afin de leur présenter les différents scénarios envisagés. À ce stade, aucune décision définitive n'a encore été arrêtée, mais une chose est déjà certaine : le service public audiovisuel s'apprête à vivre l'une des restructurations les plus sensibles de son histoire récente.




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