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jeudi 22 octobre 2026· Newsletter· À propos· Contact
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Canal+ : Maxime Saada brandit la menace d’une hausse des abonnements et d’un choc pour le cinéma

Le patron de Canal+ prévient : si la réforme fiscale aboutit, la facture pourrait rapidement se retrouver sur la table des abonnés. Mais derrière le prix des bouquets se joue aussi l’avenir des investissements du groupe dans le cinéma français.

Canal+ : Maxime Saada brandit la menace d’une hausse des abonnements et d’un choc pour le cinéma

Le ton était particulièrement offensif, lundi matin, sur RTL. Invité de Marc-Olivier Fogiel, Maxime Saada, président du directoire de Canal+, est venu dire tout le mal qu’il pense du projet du gouvernement visant à modifier le régime de TVA applicable aux chaînes payantes. Le taux actuellement appliqué à Canal+ est de 10 %. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de le porter à 20 %, soit un doublement.

Pour le dirigeant, l'addition serait trop lourde. « Canal+ en France ne pourra pas absorber un choc de 200 millions d’euros », a-t-il déclaré sur RTL. Selon ses estimations, le groupe devrait donc répercuter cette hausse sur ses clients. Maxime Saada évoque une augmentation des abonnements de l'ordre de 10 %, avec une conséquence qu'il assume d'emblée : Canal+ perdrait des abonnés.

La hausse ne serait toutefois pas immédiate pour la majorité des clients. Le patron de Canal+ rappelle que près de 90 % des abonnés sont engagés pour un ou deux ans. Les contrats en cours ne pouvant pas être modifiés de cette manière, une éventuelle augmentation s'étalerait donc dans le temps, au rythme du renouvellement des abonnements.

Le cinéma français en première ligne

Derrière la question du prix de l'abonnement, c'est tout un modèle économique que Maxime Saada affirme voir menacé. Canal+ est depuis longtemps un acteur majeur du financement du cinéma français et européen. Le groupe s'est encore engagé cet été à investir 980 millions d'euros entre 2028 et 2032 dans le cinéma français et européen.

Sur RTL, Maxime Saada estime que le choc fiscal remettrait en cause ces engagements. Il affirme que Canal+ pourrait finalement financer « peut-être la moitié » ou « les trois quarts » des films initialement prévus. Une perspective particulièrement préoccupante pour les producteurs et les professionnels du cinéma, même si ces conséquences relèvent à ce stade des projections avancées par le dirigeant de Canal+.

Le raisonnement de Saada est simple : si Canal+ doit absorber 200 millions d'euros supplémentaires en France, le groupe devra réduire ses dépenses quelque part. Les abonnements ne seraient donc pas les seuls concernés. Le dirigeant a également évoqué une possible réduction des effectifs, sans préciser à ce stade combien de postes pourraient être concernés.

Le sport pourrait lui aussi subir les conséquences de cette nouvelle donne. Canal+ est un diffuseur important de plusieurs compétitions, notamment dans le football et le rugby. Le patron du groupe prévient que la capacité d'investissement de Canal+ serait mécaniquement affectée si la rentabilité de l'activité française était à nouveau mise sous pression.

Une bataille qui ne fait que commencer

Maxime Saada conteste également la méthode. Il affirme que Canal+ n'a pas été reçu par Bercy pour discuter de cette évolution fiscale et qualifie la mesure d'« anti-économique » et d'« absurde ». Selon lui, cette décision serait davantage politique qu'économique. Ces appréciations sont celles du dirigeant de Canal+ et ne constituent pas une justification officielle du gouvernement.

Le gouvernement présente pour sa part le projet comme une volonté de simplifier le régime de TVA applicable au secteur, alors que les services de télévision payante diffusés en direct bénéficient actuellement d'un taux réduit de 10 %, tandis que les plateformes principalement fondées sur la vidéo à la demande sont soumises au taux normal de 20 %.

Pour Canal+, la bataille est donc loin d'être terminée. Le projet doit encore suivre le processus parlementaire avant une éventuelle entrée en vigueur. Mais Maxime Saada a déjà prévenu : si le doublement de la TVA est confirmé, le groupe entend adapter son modèle économique. Et derrière une éventuelle hausse de facture pour les abonnés, c'est aussi le financement des films, les emplois du groupe et une partie de l'économie du sport qui pourraient se retrouver au cœur du bras de fer.

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