« Franc-jeu » : Benjamin Duhamel réussit son arrivée sur France 2
Pour sa première, le journaliste a réuni 1,41 million de téléspectateurs face à Raphaël Glucksmann. Un démarrage solide pour le nouveau rendez-vous politique dominical du service public.
Le pari était loin d’être gagné. Installer près de quarante minutes de politique juste après le « 13 Heures », un dimanche, alors que TF1 règne traditionnellement sans partage sur cette tranche horaire, pouvait même ressembler à un exercice à haut risque. Benjamin Duhamel a pourtant réussi son premier examen de passage. Dimanche 30 août, le journaliste lançait « Franc-jeu », la nouvelle émission politique hebdomadaire commune à France 2 et France Inter, avec Raphaël Glucksmann comme premier invité. Et les téléspectateurs ont répondu présent.
Selon Médiamétrie, 1,41 million de personnes ont suivi ce premier numéro de « Franc-jeu » sur France 2, soit 14,3 % de l’ensemble du public. L’émission réalise également 9,9 % auprès des femmes responsables des achats de moins de 50 ans (FRDA-50) et 12,4 % sur les 25-49 ans. Pour un rendez-vous politique lancé en pleine rentrée et installé dans une case jusque-là peu identifiée à ce type de programme, le résultat offre à Benjamin Duhamel une base confortable pour la suite.
France 2 conserve une bonne partie du public de son « 13 Heures »
La comparaison avec le programme qui précédait « Franc-jeu » permet néanmoins de mesurer le décrochage. Juste avant, le journal de 13 heures présenté par Leïla Kaddour avait rassemblé 2,42 millions de téléspectateurs, soit 22,7 % de part d’audience et 12 % sur les FRDA-50. Benjamin Duhamel perd donc un peu plus d’un million de personnes au passage de relais, mais conserve une audience suffisamment importante pour maintenir France 2 à un niveau solide dans cette tranche particulièrement concurrentielle.
Car en face, TF1 reste intouchable. Le « 13 Heures » de la Une a réuni 4,32 millions de téléspectateurs, représentant 41 % du public et 45,2 % des FRDA-50. Un rapport de force qui rappelle la puissance du journal dominical de TF1 et relativise forcément toute comparaison directe avec le nouveau magazine politique de France 2.
Pour Benjamin Duhamel, l’enjeu était surtout ailleurs. À 32 ans, l’ancien journaliste de BFMTV retrouve avec « Franc-jeu » une exposition régulière à la télévision, un peu plus d’un an après avoir quitté la chaîne d’information pour rejoindre France Inter. Chaque dimanche à 13h20, l’émission est désormais diffusée simultanément sur France 2, France Inter et france.tv. France Télévisions entend en faire l’un de ses rendez-vous politiques majeurs à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Raphaël Glucksmann essuie les plâtres
Pour cette première, le choix de Raphaël Glucksmann n’avait évidemment rien d’anodin. Le député européen et cofondateur de Place publique, désormais lancé dans la course à la présidentielle via la primaire socialiste, s’est retrouvé pendant une quarantaine de minutes face aux questions de Benjamin Duhamel. Projet politique, stratégie pour 2027, rassemblement de la gauche : le journaliste a immédiatement placé son nouveau rendez-vous dans la campagne qui commence à occuper une place croissante dans l’actualité.
L’entretien a également débordé du strict terrain politique lorsque Benjamin Duhamel a interrogé son invité sur les conséquences de sa candidature pour Léa Salamé, sa compagne, qui s’est retirée de la présentation du « 20 Heures » de France 2. « Je sais l’impact qu’avait ma décision sur sa vie, sur sa carrière », a reconnu Raphaël Glucksmann, avant d’évoquer « son attachement viscéral à son métier, sa passion pour le journalisme, son indépendance et sa liberté ».
Le candidat a ensuite défendu son choix avec beaucoup plus de vigueur, alors que le générique de fin commençait déjà à retentir. Une séquence qui a donné à cette première le petit supplément de tension recherché par ce type de rendez-vous politique et qui a immédiatement circulé dans les médias.
Un nouveau dimanche politique pour France 2
L’arrivée de « Franc-jeu » modifie surtout en profondeur l’après-13 heures dominical de France 2. Jusqu’à présent installé à 13h15, « 13h15 le dimanche » de Laurent Delahousse est désormais repoussé après le nouveau rendez-vous politique. France Télévisions fait donc de la place dans une case stratégique pour accompagner une campagne présidentielle qui devrait progressivement envahir les antennes au cours des prochains mois.
À titre de comparaison, l’autre rendez-vous politique dominical du service public évoluait jusqu’ici à un niveau beaucoup plus modeste. La deuxième partie de « Dimanche en politique » sur France 3 avait réuni en moyenne 310 000 téléspectateurs et 3,5 % de part d’audience au cours de la saison passée. Pour sa dernière émission en juillet, Francis Letellier avait toutefois terminé sur un record : son entretien avec Jean-Luc Mélenchon avait attiré 501 000 personnes et 6,3 % du public.
Avec 1,41 million de téléspectateurs et 14,3 % de part d’audience, Benjamin Duhamel signe donc un lancement encourageant. Reste désormais le plus difficile : transformer la curiosité de cette première en habitude dominicale. La présidentielle de 2027 lui fournira largement la matière nécessaire. Aux prochains invités de faire le reste.




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