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mercredi 15 juillet 2026 · Newsletter · À propos · Contact
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Ces films vont vous faire regretter d’avoir réservé vos vacances au bord de l’eau

Requins géants, piranhas préhistoriques et baigneurs transformés en casse-croûte : pour supporter la chaleur, le cinéma a parfois de drôles de méthodes. Après ces films, la piscine risque de vous sembler hostile.

Ces films vont vous faire regretter d’avoir réservé vos vacances au bord de l’eau
Photo : Pexels / Jitte Davidson

Avec la chaleur, une seule envie : plonger. Dans la mer, un lac ou la première piscine venue, peu importe pourvu que l’eau soit fraîche. Mauvaise idée. Du moins si vous avez prévu de passer votre soirée devant certains films. Hollywood a depuis longtemps compris que le meilleur moyen de gâcher une baignade était encore de laisser le spectateur imaginer ce qui pouvait nager sous ses pieds.

Dans le genre, Piranha 3D ne fait pas franchement dans la dentelle. Disponible sur Canal+, le film d’Alexandre Aja transforme une joyeuse réunion d’étudiants bodybuildés et de jeunes femmes en bikini en gigantesque buffet pour poissons préhistoriques. Réveillés au fond du lac Victoria, les piranhas ont très faim et des milliers de fêtards ont justement décidé de venir barboter au-dessus de leur garde-manger.

Le réalisateur français, parti faire carrière à Hollywood après Haute Tension, reprend l’idée du Piranhas de Joe Dante, sorti en 1978, et pousse tous les curseurs au maximum. Du sang, des corps découpés, des membres qui flottent et un humour volontairement énorme : Piranha 3D n’a jamais prétendu faire dans la finesse. Alexandre Aja préfère le grand huit horrifique, celui qui fait grimacer avant de provoquer un éclat de rire nerveux. Même Richard Dreyfuss s’invite dans l’ouverture du film pour un clin d’œil particulièrement appuyé aux Dents de la mer.

Car avant les piranhas, il y avait évidemment le requin. Cinquante ans après sa sortie, Les Dents de la mer reste probablement le film le plus efficace jamais tourné pour vider une plage. Steven Spielberg avait 27 ans lorsqu’il s’est attaqué à cette histoire de grand requin blanc terrorisant Amity, une petite station balnéaire qui vit du tourisme et dont le maire refuse obstinément de fermer les plages.

Sur le papier, l’histoire pourrait tenir en quelques lignes. Dans les mains de Steven Spielberg, elle devient une mécanique de précision. Roy Scheider, Richard Dreyfuss et Robert Shaw forment un trio impeccable, le suspense ne retombe jamais et deux notes de la musique de John Williams suffisent encore aujourd’hui à faire regarder l’eau avec méfiance. Le plus fort reste que le requin apparaît finalement assez peu. Le tournage ayant été plombé par les problèmes de la maquette mécanique, Spielberg a dû suggérer la menace plutôt que la montrer. Un cauchemar de production devenu l’une des grandes forces du film.

À sa sortie américaine en juin 1975, Les Dents de la mer provoque un raz-de-marée. Il devient le premier film à franchir la barre des 100 millions de dollars de recettes aux États-Unis et bouleverse les habitudes d’Hollywood, qui regardait jusque-là l’été comme une période beaucoup moins stratégique pour les salles. Le jeune Spielberg, lui, change brutalement de dimension. Le requin d’Amity vient de participer à la naissance du blockbuster estival moderne.

Si vous trouvez le requin de Spielberg trop hollywoodien, The Reef risque de vous faire beaucoup moins rire. Sorti en 2010, ce thriller australien réalisé par Andrew Traucki suit cinq amis partis en croisière. Le bateau chavire et le groupe doit choisir : rester accroché à une épave entraînée par le courant ou tenter de rejoindre une île à la nage. Ils choisissent l’eau. Évidemment.

Le film n’a pas besoin d’un monstre aux dimensions extravagantes. Un grand requin blanc et l’immensité de l’océan suffisent largement. The Reef joue avec une peur beaucoup plus primitive : ne rien voir sous ses pieds tout en sachant que quelque chose est là. Les personnages nagent, s’épuisent et scrutent la surface. Le spectateur fait exactement la même chose depuis son canapé. Après ça, s’éloigner de cinquante mètres du rivage ressemble déjà à une décision particulièrement téméraire.

Avec La Plage, sorti en 2000, le danger change de visage. Pas de requin géant ni de banc de poissons carnivores. Leonardo DiCaprio incarne Richard, un jeune Américain arrivé à Bangkok avec l’envie de vivre autre chose que les vacances organisées pour touristes occidentaux. Il rencontre Françoise et Étienne, un couple de Français interprété par Virginie Ledoyen et Guillaume Canet, puis entend parler d’une île secrète et d’une plage paradisiaque inconnue des circuits touristiques.

Sur place, le décor est à tomber. Eau transparente, sable blanc, végétation luxuriante : la carte postale absolue. Sauf que Danny Boyle n’a jamais été particulièrement intéressé par les cartes postales. La petite communauté installée sur l’île se fissure, les tensions montent et la paranoïa gagne progressivement Richard. Le paradis devient étouffant. La Plage rappelle une règle assez utile avant de suivre un inconnu jusqu’à une île introuvable sur les cartes : si un endroit semble trop beau pour être vrai, il y a probablement une raison.

Reste Point Break, qui réussit l’exploit de rendre les surfeurs presque aussi inquiétants que les requins. En 1991, Kathryn Bigelow envoie Keanu Reeves sur les plages de Los Angeles. Il incarne Johnny Utah, jeune agent du FBI chargé d’identifier les « Ex-Présidents », une bande de braqueurs qui dévalise les banques avec des masques de Ronald Reagan, Richard Nixon, Jimmy Carter et Lyndon B. Johnson.

Les soupçons se portent sur un groupe de surfeurs et Johnny apprend à dompter les vagues pour infiltrer leur milieu. Il y rencontre Bodhi, gourou bronzé et amateur de sensations fortes incarné par Patrick Swayze. Très vite, l’enquête se brouille. Utah se rapproche de ceux qu’il doit arrêter et découvre que derrière les planches, les cheveux décolorés et les discours mystiques se cache une bande beaucoup moins paisible qu’elle en a l’air. Kathryn Bigelow mélange polar, film de braquage et cinéma de surf avec une énergie folle. Après Point Break, on ne regarde plus tout à fait de la même manière le type qui cire tranquillement sa planche sur le parking.

Cinq films et cinq excellentes raisons de rester au sec. Les piranhas d’Alexandre Aja, le requin de Steven Spielberg, l’océan sans fin de The Reef, le paradis empoisonné de Danny Boyle et les surfeurs braqueurs de Kathryn Bigelow ont au moins un mérite : devant eux, un ventilateur, un canapé et un verre d’eau paraissent soudain beaucoup plus excitants.

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