Apolline de Malherbe rappelée à l’ordre après sa grosse erreur face à Bally Bagayoko
Près de cinq mois après une interview qui avait déclenché une vive polémique, l’Arcom s’est penchée sur le cas Apolline de Malherbe. En cause : une fausse citation attribuée en direct au nouveau maire de Saint-Denis, qui avait immédiatement rectifié.
La séquence n’avait duré que quelques secondes, mais elle avait immédiatement enflammé les réseaux sociaux. Le 17 mars dernier, au lendemain de son élection à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko était l’invité d’Apolline de Malherbe dans Apolline Matin, diffusée sur RMC et RMC Story. Au cours de l’entretien, la journaliste l’interroge sur une déclaration qu’il aurait faite la veille sur LCI. Évoquant Saint-Denis, il aurait présenté la commune non seulement comme « la ville des rois », mais également comme « la ville des Noirs ». Problème : Bally Bagayoko n’avait jamais prononcé cette dernière formule.
Le nouveau maire rectifie immédiatement. Lors de son intervention sur LCI, il avait parlé de Saint-Denis comme de la ville « des rois et du peuple vivant ». Dans le bruit de la soirée électorale, ses propos avaient été mal compris avant qu’une version erronée de la séquence ne circule largement. Une vérification ultérieure avait confirmé que l’élu n’avait jamais qualifié Saint-Denis de « ville des Noirs ».
Des excuses, puis l’Arcom saisie
Face à la polémique, Apolline de Malherbe avait rapidement reconnu son erreur et présenté publiquement ses excuses, expliquant avoir « mal entendu » la séquence. Mais l’affaire ne s’était pas arrêtée là. Des signalements avaient été adressés à l’Arcom, tandis que SOS Racisme annonçait également avoir saisi le régulateur après la reprise de cette fausse information par plusieurs médias.
Bally Bagayoko avait, lui, beaucoup moins goûté l’épisode. Dans les jours suivants, le maire de Saint-Denis avait reproché à la journaliste de ne pas avoir suffisamment vérifié l’information avant de la reprendre à l’antenne. Une erreur d’autant plus sensible que la fausse citation s’était propagée très rapidement dans le débat politique et sur les réseaux sociaux.
L’Arcom a finalement examiné la séquence. Selon les éléments communiqués sur sa décision, le régulateur a notamment tenu compte du fait que Bally Bagayoko avait pu démentir immédiatement les propos qui lui étaient attribués et donner sa version directement à l’antenne. Les excuses formulées par Apolline de Malherbe ont également permis de rectifier publiquement l’information.
L’affaire ne débouche donc pas sur une sanction contre le diffuseur. Elle donne néanmoins lieu à une intervention du régulateur, qui rappelle plus largement aux chaînes d’information la vigilance nécessaire lorsqu'elles rapportent les déclarations de personnalités publiques, particulièrement lorsque leur traitement risque d’alimenter des représentations racistes ou discriminatoires.
Pour Apolline de Malherbe, l’épisode restera comme l’un de ces moments où quelques secondes de direct peuvent peser beaucoup plus lourd que prévu. Habituée aux interviews politiques musclées et aux échanges sans filet, la journaliste s’était cette fois retrouvée elle-même au centre de l’affaire. Et avec une leçon vieille comme le métier mais particulièrement brutale à l’heure des réseaux sociaux : une citation spectaculaire fait le tour d’Internet en quelques minutes, sa rectification beaucoup moins vite.




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