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jeudi 22 octobre 2026· Newsletter· À propos· Contact
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« Sur le front » : Hugo Clément révèle les dessous de la mode sur France 5

Avions-cargos, livraisons par drone, trajets absurdes et transport maritime : le journaliste décrypte les coulisses d’une industrie où les vêtements parcourent parfois des milliers de kilomètres avant d’arriver en boutique.

« Sur le front » : Hugo Clément révèle les dessous de la mode sur France 5

Un vêtement peut avoir parcouru plusieurs milliers de kilomètres avant même d’arriver dans une boutique. Et parfois, son périple ne s’arrête pas là. Dans le nouveau numéro de « Sur le front », diffusé ce lundi 28 septembre à 21h30 sur France 5, Hugo Clément s’intéresse à cette course permanente à la vitesse qui transforme la mode en gigantesque ballet logistique.

Le journaliste part sur les traces de ces vêtements qui font le tour du monde en quelques jours. Derrière une commande passée en quelques clics se cache une succession d’opérations, de camions, d’avions, d’entrepôts et de plateformes logistiques. Une mécanique devenue tellement complexe qu’elle peut conduire à des situations pour le moins surprenantes.

Le reportage s’intéresse notamment au fret aérien, devenu un maillon essentiel pour les entreprises qui veulent livrer toujours plus vite. En Allemagne, les équipes de « Sur le front » découvrent ainsi d’anciens avions de ligne reconvertis en avions-cargos. Des appareils autrefois destinés au transport de passagers poursuivent donc leur carrière dans les airs, mais avec des palettes et des colis à la place des voyageurs.

La logique est implacable : l’avion permet de réduire considérablement les délais, au prix d’un impact environnemental beaucoup plus important que celui du transport maritime. Une contradiction au cœur du fonctionnement actuel de la mode, alors que les marques multiplient parallèlement les engagements en matière de réduction de leur empreinte carbone.

Deux euros pour 600 kilomètres

L’un des exemples les plus frappants du reportage concerne le parcours de certains colis entre la France et la Belgique. Pour éviter une taxe de seulement deux euros, des marchandises peuvent être acheminées jusqu’en Belgique avant de revenir en France.

À la clé : plus de 600 kilomètres de trajet aller-retour pour une économie dérisoire à l’échelle d’un produit. Ce détour paraît insensé vu du côté du consommateur. Il répond pourtant à une logique économique bien réelle : tant que le coût supplémentaire du transport reste inférieur à celui de la taxe ou des contraintes administratives, le détour peut être considéré comme rentable.

C’est toute l’une des contradictions de cette nouvelle économie du commerce qui apparaît à l’écran. Une entreprise peut afficher des prix très compétitifs et promettre une livraison rapide, tout en faisant parcourir à ses marchandises des distances considérables avant leur arrivée chez le client.

Pour le consommateur, tout cela reste généralement invisible. Il voit un délai de livraison de quelques jours sur son écran. Beaucoup moins le trajet réellement effectué par son colis.

La Chine accélère encore

Hugo Clément pousse ensuite les portes d’une entreprise chinoise de logistique installée à Shenzhen. Dans cette ville devenue l’un des grands laboratoires technologiques du pays, la livraison du futur est déjà en train de se mettre en place.

L’entreprise entend concurrencer les acteurs occidentaux du luxe, jusqu’à citer Hermès comme référence. Pour y parvenir, elle mise sur une combinaison de technologies qui donne au reportage des allures de science-fiction : livraison de café par drone, taxis autonomes et automatisation poussée des opérations.

La course à la rapidité ne concerne donc plus uniquement les moyens de transport traditionnels. Les nouvelles technologies permettent désormais d’automatiser une partie toujours plus importante du parcours d’un produit, depuis son stockage jusqu’à sa livraison.

Autre aspect étonnant : dans un entrepôt allemand, les images de surveillance peuvent être suivies depuis la Chine. La marchandise se trouve à des milliers de kilomètres du siège ou des équipes qui la contrôlent, mais les technologies permettent de superviser à distance ce qui se passe sur place.

Une organisation qui illustre parfaitement la mondialisation de cette industrie. Un vêtement peut être conçu dans un pays, fabriqué dans un autre, stocké dans un troisième, surveillé depuis la Chine et livré au consommateur depuis une plateforme située ailleurs en Europe.

Picture refuse de prendre l’avion

Mais « Sur le front » ne s’arrête pas au constat. Le reportage montre aussi que certaines entreprises cherchent à sortir de cette logique de l’urgence permanente.

La marque française Picture a ainsi choisi de bannir l’avion pour transporter ses vêtements. Elle privilégie le bateau, beaucoup plus lent, mais nettement moins émetteur de carbone pour le transport des marchandises.

Cette décision oblige à revoir toute la chaîne logistique. Avec le transport maritime, il faut davantage anticiper les commandes, accepter des délais plus longs et renoncer à cette promesse devenue presque banale d’une marchandise disponible immédiatement.

Une autre manière de consommer et de travailler, qui se heurte évidemment aux habitudes prises par l’industrie de la mode. Car la rapidité est devenue un argument commercial à part entière. Les consommateurs veulent de nouveaux modèles, mais aussi pouvoir les recevoir très rapidement.

C’est justement ce phénomène que dénonce Géraldine Viret avec sa campagne contre le « mode en avion ». Elle cible notamment plusieurs grandes enseignes de la fast-fashion, parmi lesquelles Zara, Pull&Bear et Bershka, en mettant en cause le recours au transport aérien pour acheminer certaines marchandises.

Le sujet dépasse donc largement la question du simple moyen de transport. Il interroge un modèle économique tout entier fondé sur la nouveauté, la disponibilité immédiate et la livraison express.

La face cachée de la livraison express

Avec ce nouveau numéro de « Sur le front », Hugo Clément met finalement en lumière ce que le consommateur ne voit jamais lorsqu’il commande un vêtement. Derrière quelques clics et une promesse de livraison se cache une véritable course contre la montre.

Des avions de ligne transformés en cargos aux drones de Shenzhen, des entrepôts surveillés à distance aux colis qui franchissent une frontière pour économiser deux euros, le parcours d’un vêtement peut prendre des proportions étonnantes.

Et c’est peut-être là que le reportage devient le plus parlant : plus nous exigeons d’être livrés vite, plus toute une industrie doit s’organiser pour accélérer les transports. À l’inverse, les entreprises qui choisissent le bateau acceptent de ralentir la machine pour tenter de réduire son impact environnemental.

Deux philosophies qui s’affrontent désormais au cœur de la mode : celle de l’instantanéité, qui veut tout, tout de suite, et celle qui accepte de prendre son temps pour limiter le recours à l’avion.

« Vêtements : le tour du monde en 4 jours » est diffusé ce lundi 28 septembre 2026 à 21h30 sur France 5.

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