France 3 au bord de la crise de nerfs après son grand pari régional
Un an après la suppression de ses JT nationaux historiques, la chaîne des régions peine à retrouver son identité. Entre couacs techniques et audiences en berne, la formule « Ici » fait grincer des dents.
France 3 galère à retrouver son identité et les téléspectateurs commencent sérieusement à s'y perdre. Depuis que la direction a liquidé ses JT nationaux historiques pour les remplacer par des éditions régionales baptisées « Ici », c'est le grand bazar sur la grille. On nous promettait une révolution de proximité, proche des gens et des territoires. La réalité est beaucoup plus terne. Le public historique de la Trois fait grise mine devant ce format hybride qui peine à convaincre.
Il faut remonter au 4 septembre 2023 pour comprendre le séisme. Ce jour-là, les mythiques 12/13 et 19/20 ont été rayés de la carte après des décennies de bons et loyaux services. À la place, les vingt-quatre antennes régionales ont dû prendre les commandes d'un journal global, mêlant actualité locale et internationale. Un défi technique et humain colossal pour des équipes locales pas toujours calibrées pour un tel exercice. Mais les couacs techniques se sont multipliés et la greffe a eu du mal à prendre auprès des habitués.
En coulisses, la grogne des salariés ne retombe pas et les audiences globales tirent la tronche. Certes, la chaîne sauve les meubles grâce à ses indéboulonnables fictions du samedi soir, ces polars régionaux qui cartonnent à plus de 4 millions de fidèles. Mais le reste de la semaine, le canal 3 ressemble à un immense désert de rediffusions à bas coût. Pour une chaîne publique qui dispose d'un budget colossal, ça fait mal. On a parfois l'impression que la direction utilise les régions comme un cache-misère pour masquer le manque d'idées neuves.
Les syndicats tirent la sonnette d'alarme face à la fatigue des équipes régionales épuisées par ce rythme d'enfer. Les téléspectateurs, eux, zappent de plus en plus vers la concurrence ou se réfugient sur les plateformes de streaming pour éviter les rediffusions en boucle de l'après-midi. La direction tente de rassurer en promettant des ajustements pour la rentrée prochaine, mais le mal semble profond. Les ajustements cosmétiques ne suffiront pas à redonner du souffle à une chaîne qui semble avoir perdu sa boussole nationale.
France 3 saura-t-elle redevenir la grande chaîne populaire qu'elle était ? Le pari de la proximité à outrance ressemble aujourd'hui à une impasse industrielle. L'antenne s'essouffle. Les fidèles s'en vont.




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