"C à vous" : l'émission phare de France 5 ne rapporte rien !
Pierre-Antoine Capton, le patron de Mediawan, vient de lâcher une petite bombe sur les coulisses financières du talk-show. Malgré des audiences au top, le programme coûte une fortune à produire.
Produire le talk-show le plus chic de France 5 ne rapporte pas un centime à son producteur. C'est le grand patron de Mediawan, Pierre-Antoine Capton, qui vient de jeter ce pavé dans la mare des médias. Le programme phare de l'access de la chaîne publique tourne à perte ou presque, malgré des audiences qui font régulièrement trembler la concurrence. On pensait la formule ultra-rentable, on s'est bien trompé.
Chaque numéro de l'émission coûte précisément 50 000 euros à fabriquer au quotidien. Pour ce tarif, il faut payer les équipes, le décor chaleureux, les chroniqueurs et surtout le fameux dîner préparé en direct. À l'échelle d'une saison de plus de deux cents numéros, la facture globale donne le tournis et dépasse largement les dix millions d'euros. Le diffuseur public serre les vis budgétaires depuis des années et ne surpaye plus ses programmes de flux. Pour le géant européen de la production, l'équation financière est devenue un véritable casse-tête.
Alors pourquoi s'entêter à garder cette vitrine si elle laisse les caisses vides ? Tout est une question de prestige et d'influence dans le milieu très fermé du PAF. Avoir le talk-show où se pressent tous les ministres, les stars hollywoodiennes et les grands patrons est une carte de visite inestimable. C'est ce qui permet au groupe de négocier d'autres contrats bien plus lucratifs avec France Télévisions, notamment des fictions ou des documentaires haut de gamme. C'est un produit d'appel, un aimant à pouvoir qui légitime tout le reste.
En coulisses, l'ambiance reste pourtant à la performance absolue sous la direction d'Anne-Élisabeth Lemoine. L'animatrice et sa bande doivent maintenir un niveau d'exigence maximal sans pouvoir espérer de rallonge budgétaire pour la rentrée prochaine. Les équipes techniques tirent parfois sur la corde pour que le direct de 19 heures reste impeccable tous les soirs de la semaine. La pression monte d'un cran car la moindre erreur technique ou baisse d'audience coûterait encore plus cher à la boîte de production.
La gloire cathodique vaut bien quelques sacrifices financiers. Reste à savoir jusqu'à quand le premier producteur de France acceptera de régaler ses invités à perte. Le prestige a un prix, mais les actionnaires finissent toujours par compter les miettes.


